jeudi 11 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2202307 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP COTTIGNIES - CAHITTE - DESMET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 11 juillet et 20 décembre 2022, Mme A B, représentée par Me Cahitte, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le centre hospitalier de Soissons à lui payer la somme de 15 587,50 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison de sa prise en charge par cet établissement de santé ;
2°) subsidiairement, d'ordonner une expertise médicale ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Soissons la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité du centre hospitalier de Soissons est engagée à raison de sa prise en charge fautive dans cet établissement public de santé ;
- le centre hospitalier de Soissons devra être condamné à réparer ses préjudices à hauteur de 487,50 euros en réparation du déficit fonctionnel temporaire, 5 000 euros en réparation des souffrances endurées, 3 600 euros en réparation du déficit fonctionnel permanent, 5 000 euros en réparation du préjudice d'agrément et 1 500 euros en réparation du préjudice esthétique permanent.
Par des mémoires en défense enregistrés les 12 octobre 2022 et 20 février 2024, le centre hospitalier de Soissons, représenté par la SCP Lebègue-Derbise, demande au tribunal :
1°) de rejeter la requête ;
2°) subsidiairement, d'ordonner une expertise médicale.
Il fait valoir que la requête est irrecevable comme dépourvue de conclusions et de moyens.
La requête a été transmise à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Menet, premier conseiller,
- les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public,
- et les observations de Me Denys pour le centre hospitalier de Soissons.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, alors âgée de 77 ans, a été mordue par un chat à l'index droit le 28 juillet 2021. L'intéressée s'est rendue chez son médecin traitant le 30 juillet 2021 et en raison de l'aggravation des douleurs, a été prise en charge au centre hospitalier de Soissons entre les 1er et 4 août 2021. Le 2 août 2021, la patiente a été opérée pour mettre en œuvre un parage lavage dorsal. Un prélèvement a mis en évidence la présence du germe Pasteurella multocida. Mme B a quitté cet établissement de santé le 4 août 2021 pour rejoindre le centre hospitalier de Saint-Quentin où elle y a été opérée le lendemain pour mise en œuvre d'une synovectomie IPP et lavage drainage de la gaine des fléchisseurs. Mme B a quitté ce dernier établissement de santé le 10 août 2021.
2. Mme B qui reste affligée d'une raideur douloureuse de l'index droit, par la présente requête, demande au tribunal la réparation de ses préjudices.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le centre hospitalier de Soissons :
3. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge ".
4. Il résulte de l'instruction qu'à l'occasion de sa requête, Mme B a demandé la condamnation du centre hospitalier de Soissons à réparer les préjudices subis au titre de sa prise en charge dans cet établissement en raison de ses manquements. Dès lors, la requête satisfait aux conditions posées par l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu d'écarter la fin de non-recevoir opposée par le centre hospitalier de Soissons.
Sur les conclusions indemnitaires :
5. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de la santé publique : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision ".
6. L'unique expertise au dossier n'a pas été réalisée au contradictoire des parties dont les conclusions qui ne sont pas corroborées par l'instruction sont contestées par le centre hospitalier de Soissons. Ainsi, l'état du dossier ne permet pas au tribunal administratif d'apprécier si les conditions d'engagement de la responsabilité de l'établissement public de santé sont réunies ni d'évaluer l'étendue des préjudices allégués. Dès lors, il y a lieu, avant de statuer sur la requête de Mme B d'ordonner une expertise sur ces points.
D É C I D E :
Article 1 er : Il sera, avant de statuer sur la requête de Mme B procédé à une expertise médicale en présence de Mme B, du centre hospitalier de Soissons et de la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise. L'expert sera désigné par la présidente du tribunal administratif et aura pour mission de :
1°) se faire communiquer tous documents utiles relatifs à l'état de santé de Mme B et prendre connaissance de son entier dossier médical se rapportant à sa prise en charge par le centre hospitalier de Soissons ; convoquer et entendre contradictoirement les parties, après qu'elles auront eu communication de ces documents ; entendre toute personne qu'il estimera utile ;
2°) procéder, en tant que besoin, à l'examen clinique de Mme B et rappeler son état de santé antérieur ;
3°) décrire les conditions de la prise en charge litigieuse ;
4°) dire si les soins et actes médicaux ont été attentifs, diligents et conformes aux règles de l'art et aux données acquises de la science médicale après avoir réuni tous éléments devant permettre de déterminer si des erreurs, manquements ou négligences ont été commis dans l'établissement du diagnostic, l'accomplissement des soins, ainsi, éventuellement, que dans le fonctionnement ou l'organisation du service ;
5°) se prononcer sur l'origine des conséquences dommageables subies en distinguant, le cas échéant, celles dont la cause ne serait pas imputable à la prise en charge litigieuse ; dire, le cas échéant, si elles sont la conséquence d'un accident médical non fautif, d'une affection iatrogène ou d'une infection nosocomiale ; déterminer si elles présentent un lien de causalité direct et certain avec la prise en charge litigieuse et dire si ce lien de causalité est exclusif ou si d'autres actes ou causes ont pu contribuer aux dommages et indiquer la part imputable à chacune des causes ;
6°) déterminer le contenu et l'étendue de l'information délivrée sur les risques des actes médicaux subis de telle sorte que, pour le cas où un défaut d'information serait relevé, ce manquement puisse être apprécié au regard de l'obligation qui pesait sur les praticiens hospitaliers au moment des faits litigieux ;
7°) indiquer si le ou les manquement(s) éventuellement constaté (s) a/ont fait perdre à l'intéressée une chance de voir son état de santé s'améliorer ou d'éviter de le voir se dégrader ; préciser la ou les perte(s) de chance (pourcentage ou coefficient), le cas échéant ;
8°) dire si l'état de santé de Mme B est consolidé et, le cas échéant, fixer la date de consolidation ; dans l'hypothèse où son état de santé ne serait pas consolidé, fixer l'échéance à l'issue de laquelle l'intéressée devra à nouveau être examinée ;
9°) déterminer les préjudices éventuels résultant de la prise en charge litigieuse, à l'exception de tout état antérieur ou de l'évolution normale ou prévisible de la pathologie initiale ou de toute cause étrangère ou pathologies intercurrentes, en particulier ;
I- préjudices patrimoniaux :
a) préjudices patrimoniaux temporaires (avant consolidation) : dépenses de santé actuelles, frais divers et pertes de gains professionnels actuels et assistance par tierce personne ;
b) préjudices patrimoniaux permanents (après consolidation) : dépenses de santé futures, éventuels frais de logement ou de véhicule adaptés, assistance par tierce personne, pertes de gains professionnels futurs, incidence professionnelle et préjudice scolaire, universitaire ou de formation ;
II- préjudices extra-patrimoniaux :
a) préjudices extra-patrimoniaux temporaires (avant consolidation) : déficit fonctionnel temporaire et, souffrances endurées et préjudice esthétique temporaire en les évaluant sur une échelle de 1 à 7 ;
b) préjudices extra-patrimoniaux permanents (après consolidation) : déficit fonctionnel permanent, préjudice d'agrément, et préjudice esthétique permanent en les évaluant sur une échelle de 1 à 7 ;
10°) de manière générale, fournir au tribunal tous éléments susceptibles de lui permettre de statuer sur le recours en responsabilité.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il prêtera serment par écrit devant la greffière en chef du tribunal. L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal en deux exemplaires et en notifiera copie aux parties dans le délai fixé par la présidente du tribunal dans sa décision le désignant.
Article 3 : Les frais d'expertise sont réservés pour y être statué en fin d'instance.
Article 4 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au centre hospitalier de Soissons et à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
M. Menet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition le 11 avril 2024.
Le rapporteur,
Signé
M. Menet
Le président,
Signé
B. Boutou La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2202307
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026