jeudi 30 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2202426 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP DERREUMAUX-GRAVIER |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée sous le numéro 2202426, le 20 juillet 2022, M. B C, représenté par Me Gravier, demande au tribunal la décharge des pénalités infligées en application de l'article 1728 du code général des impôts au titre des rappels de taxe sur la valeur ajoutée portant sur la période du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2019 et en application de l'article 1729 de ce code s'agissant des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2017, 2018 et 2019.
Il soutient qu'il était de bonne foi, n'a pu procéder aux déclarations demandées dans le contexte particulier de la pandémie de covid-19 et s'est montré coopérant pendant les opérations de contrôle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2022, la directrice départementale des finances publiques de la Somme conclut au rejet de la requête ou, à titre subsidiaire, dans le cas où le tribunal ferait droit à la demande de décharge des pénalités fondées sur l'article 1729 du code général des impôts, d'y substituer l'application des pénalités de 10 % prévues par le a. du 1 de l'article 1758 de ce code.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
II. Par une requête, enregistrée sous le numéro 2202427, le 20 juillet 2022, M. B C et Mme A C, représentés par Me Gravier, demandent au tribunal la décharge des pénalités infligées en application de l'article 1728 du code général des impôts au titre des rappels de taxe sur la valeur ajoutée portant sur la période du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2019 et en application de l'article 1729 de ce code s'agissant des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre au titre des années 2017, 2018 et 2019.
Ils soutiennent que :
- la procédure d'imposition est irrégulière alors que Mme C n'a pas été mise en mesure de participer aux opérations de vérification portant sur l'activité professionnelle de son époux ;
- M. C était de bonne foi, n'a pu procéder aux déclarations demandées dans le contexte particulier de la pandémie de covid-19 et s'est montré coopérant pendant les opérations de contrôle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2022, la directrice départementale des finances publiques de la Somme conclut au rejet de la requête ou, à titre subsidiaire, dans le cas où le tribunal ferait droit à la demande de décharge des pénalités fondées sur l'article 1729 du code général des impôts, d'y substituer l'application des pénalités de 10 % prévues par le a. du 1 de l'article 1758 de ce code.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. et Mme C ne sont pas fondés.
Par ordonnances du 13 juillet 2023, la clôture des instructions a été fixée au 14 août 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pierre,
- et les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, qui exerce une activité de formateur professionnel, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle il a été assujetti à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de ses bénéfices non commerciaux des années 2017, 2018 et 2019 et à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée sur la période du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2019. Il a également été rendu destinataire avec son épouse,
Mme C, d'une proposition de rectification du 30 novembre 2020 portant à la fois sur les rehaussements envisagés en matière de bénéfices non commerciaux au titre de son activité professionnelle et sur d'autres revenus non déclarés du foyer fiscal. Des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu en ce sens ont été mises en recouvrement.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2202426 et n° 2202427 de M. et Mme C présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
3. Aux termes de l'article 6 du code général des impôts : "'1. Chaque contribuable est imposable à l'impôt sur le revenu, tant en raison de ses bénéfices et revenus personnels que de ceux de ses enfants et des personnes considérés comme étant à sa charge au sens des articles 196 et 196 A bis. Les revenus perçus par les enfants réputés à charge égale de l'un et l'autre de leurs parents sont, sauf preuve contraire, réputés également partagés entre les parents. / Sauf application des dispositions du 4 et du second alinéa du 5, les personnes mariées sont soumises à une imposition commune pour les revenus perçus par chacune d'elles et ceux de leurs enfants et des personnes à charge mentionnés au premier alinéa ; cette imposition est établie aux noms des époux.()'".
4. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 13 du livre des procédures fiscales dans sa rédaction applicable : " I. - Les agents de l'administration des impôts vérifient sur place, en suivant les règles prévues par le présent livre, la comptabilité des contribuables astreints à tenir et à présenter des documents comptables. () ". En outre, aux termes de l'article L. 54 du même livre : " Les procédures de fixation des bases d'imposition ou de rectification des déclarations relatives aux revenus provenant d'une activité dont les produits relèvent de la catégorie des bénéfices agricoles, des bénéfices industriels et commerciaux et des bénéfices non commerciaux, ou des revenus visés à l'article 62 du code général des impôts, sont suivies entre l'administration des impôts et celui des époux titulaire des revenus. Ces procédures produisent directement effet pour la détermination du revenu global. ".
5. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 54 du livre des procédures fiscales que la procédure de rectification est conduite avec l'époux titulaire des revenus. Ainsi, l'administration n'avait pas à associer Mme C à la vérification de comptabilité conduite auprès de M. C au titre de ses bénéfices non commerciaux.
Sur les pénalités :
6. En premier lieu, aux termes de l'article 1728 du code général des impôts : " 1. Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : ()/ b. 40 % lorsque la déclaration ou l'acte n'a pas été déposé dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai ; () ".
7. La pénalité contestée est une pénalité prévue pour défaut ou retard dans la production d'une déclaration. Par son objet, cette pénalité est exclusive de toute appréciation de la bonne foi ou de la mauvaise foi du contribuable. Ainsi, le moyen invoqué par M. C tiré de sa bonne foi est inopérant.
8. En second lieu, aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ; () ".
9. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a appliqué la majoration de
40 % pour manquement délibéré aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ont été assujettis M. et Mme C au titre des années 2017, 2018 et 2019 en se fondant sur la circonstance que les déclarations de bénéfices déposées par M. C avaient systématiquement minoré ses recettes au titre des trois années contrôlées dans une proportion allant de 58 à 68 % des recettes réelles, sans pouvoir apporter d'explication pendant les opérations de vérification sur les modalités selon lesquelles les montants déclarés avaient été déterminés. Dans ces conditions, compte-tenu des montants omis et de la répétition de cette omission, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve qui lui incombe, du caractère délibéré des manquements commis par M. C justifiant l'application de la majoration de l'article 1729 du code général des impôts.
10. Il résulte de ce qui précède que les requêtes n° 2202426 et n° 2202427
de M. et Mme C doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 2202426 et n° 2202427 de M. et Mme C sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et Mme A C et à la directrice départementale des finances publiques de la Somme.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
M. Menet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2024.
La rapporteure,
Signé
A-L Pierre
Le président,
Signé
B. Boutou
La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2202426 et 2202427
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026