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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2202539

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2202539

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2202539
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Amiens (2ème chambre) a été saisi par la SCI XY-Immobilier La Madeleine d'une demande de décharge de la cotisation foncière des entreprises (CFE) à laquelle elle était assujettie au titre de 2021. La société soutenait que son activité de location d'un immeuble nu à usage de bureaux, ayant généré des recettes inférieures à 100 000 euros, remplissait les conditions d'exonération prévues à l'article 1447 du code général des impôts. Le tribunal a fait droit à sa demande, jugeant que les recettes de l'exercice clos en 2019 (46 687 euros) étaient bien inférieures au seuil légal, et a prononcé la décharge de l'imposition d'un montant de 377 euros.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 1er août 2022 et le 13 septembre 2024, la SCI XY-Immobilier La Madeleine demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2021 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'intérêts moratoires sur le fondement de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'elle remplit les conditions d'exonération à la cotisation foncière des entreprises prévues par les dispositions de l'article 1447 du code général des impôts et par le paragraphe n° 90 des commentaires publiés au bulletin officiel des finances publiques sous la référence BOI-IF-CFE-10-20-30 dès lors que les recettes tirées de son activité de location sont inférieures à 100 000 euros au titre de la période visée par l'article 1467 A du code précité et qu'elle se borne à louer un immeuble nu à usage de bureaux, qui est une activité de gestion de son propre patrimoine immobilier ne pouvant être regardée comme une activité de promotion immobilière.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 novembre 2022, la directrice départementale des finances publiques de la Somme conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Le Gars,

- et les conclusions de M. Menet, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La SCI XY-Immobilier La Madeleine, qui exerce une activité de location d'immeubles, a demandé à l'administration le dégrèvement des impositions en matière de cotisation foncière des entreprises mises à sa charge au titre de l'année 2021. Sa réclamation préalable du 26 mai 2022 a été rejetée par l'administration le 2 juin 2022. Par la présente requête, la SCI XY-Immobilier La Madeleine demande au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2021 à raison des locaux dont elle est propriétaire, à hauteur de la somme de 377 euros.

Sur les conclusions à fin de décharge :

2. Aux termes de l'article 1447 du code général des impôts : " I. - La cotisation foncière des entreprises est due chaque année par les personnes physiques ou morales, les sociétés non dotées de la personnalité morale ou les fiduciaires pour leur activité exercée en vertu d'un contrat de fiducie qui exercent à titre habituel une activité professionnelle non salariée./ Pour l'établissement de la cotisation foncière des entreprises, les activités de location ou de sous-location d'immeubles, autres que les activités de location ou sous-location d'immeubles nus à usage d'habitation, sont réputées exercées à titre professionnel ; toutefois, la cotisation foncière des entreprises n'est pas due lorsque l'activité de location ou de sous-location d'immeubles nus est exercée par des personnes qui, au cours de la période de référence définie à l'article 1467 A, en retirent des recettes brutes hors taxes, au sens de l'article 29, inférieures à 100 000 € ou un chiffre d'affaires, au sens du 1 du I de l'article 1586 sexies, inférieur à 100 000 €. () ". Aux termes de l'article 1467 A du code général des impôts : " Sous réserve des II, III IV, IV bis et VI (1) de l'article 1478, la période de référence retenue pour déterminer les bases de taxe professionnelle est l'avant-dernière année précédant celle de l'imposition ou, pour les immobilisations et les recettes imposables, le dernier exercice de douze mois clos au cours de cette même année lorsque cet exercice ne coïncide pas avec l'année civile. ". Il résulte de ces dispositions que les immobilisations dont la valeur locative est intégrée dans l'assiette de la cotisation foncière des entreprises sont les biens placés sous le contrôle du redevable et que celui-ci utilise matériellement pour la réalisation des opérations qu'il effectue.

3. En vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, applicables sauf loi contraire, il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits qu'elle invoque au soutien de ses prétentions, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci.

4. Il résulte de l'instruction, dont notamment du bail produit et de la déclaration de ses résultats souscrite au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2019, que la SCI XY-Immobilier La Madeleine exerce une activité de location d'un immeuble nu à usage de bureaux ayant généré des recettes d'un montant de 46 687 euros au titre de l'exercice clos en 2019. Dans ces conditions, la société requérante est fondée à soutenir qu'elle satisfait aux conditions d'exonération de la cotisation foncière des entreprises au titre de l'année 2021 applicables, aux termes de l'article 1447 du code général des impôts, aux sociétés dont les recettes tirées de leur activité de location ou de sous-location d'immeubles nus sont inférieures à 100 000 euros au titre de la période visée par l'article 1467 A du code précité.

5. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'accorder à la SCI XY-Immobilier La Madeleine la décharge de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2021 pour un montant de 377 euros.

Sur les conclusions tendant au versement d'intérêts moratoires :

6. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales, dans sa version applicable au litige : " Quand l'Etat est condamné à un dégrèvement d'impôt par un tribunal ou quand un dégrèvement est prononcé par l'administration à la suite d'une réclamation tendant à la réparation d'une erreur commise dans l'assiette ou le calcul des impositions, les sommes déjà perçues sont remboursées au contribuable et donnent lieu au paiement d'intérêts moratoires dont le taux est celui de l'intérêt de retard prévu à l'article 1727 du code général des impôts. Les intérêts courent du jour du paiement. Ils ne sont pas capitalisés. ".

7. La SCI XY-Immobilier La Madeline ne fait état d'aucun litige né et actuel avec le comptable compétent pour procéder au paiement des intérêts dus sur le fondement de ces dispositions. Dans ces conditions, les conclusions tendant au paiement de ces intérêts doivent être rejetées.

Sur les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

8. La société requérante ne justifie pas avoir engagé des frais pour l'instance. Sa demande fondée sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La SCI XY-Immobilier La Madeleine est déchargée de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie pour un montant de 377 euros au titre de l'année 2021.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI XY-Immobilier La Madeleine et à la directrice départementale des finances publiques de la Somme.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Boutou, président,

Mme Pierre, première conseillère,

M. Le Gars, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.

Le rapporteur,

Signé

V. Le Gars

Le président,

Signé

B. Boutou

La greffière,

Signé

A. Ribière

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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