vendredi 3 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2202655 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 août 2022, Mme B C A demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 juin 2022 par laquelle la présidente du conseil départemental de l'Oise lui a infligé une amende sur le fondement de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles ;
2°) d'annuler l'avis des sommes à payer valant titre exécutoire émis le 14 juin 2022 par la présidente du conseil départemental de l'Oise pour le recouvrement de la somme de 1292,63 euros correspondant à l'amende administrative qui lui a été infligée sur le fondement de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles ;
3°) d'annuler la décision implicite par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Oise a rejeté son recours formé le 17 septembre 2021 contre la décision du 28 mai 2021 lui notifiant un indu de revenu de solidarité active et d'aide personnalisée au logement d'un montant de 6133,14 euros ;
4°) de lui accorder la remise gracieuse totale de sa dette ou, à défaut, de transférer son indu à M. A.
Elle soutient que :
- elle est de bonne foi ;
- elle est dans une situation de précarité financière ne lui permettant pas de rembourser sa dette.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2023, la présidente du conseil départemental de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la demande présentée par Mme C A tendant à la remise de sa dette ou au transfert de son indu à M. A est irrecevable ;
- les moyens soulevés par cette dernière ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative ;
- le code de la construction et de l'habitation.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 10 juin 2022 et de l'avis des sommes à payer émis le 14 juin 2022 :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : / () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / () ".
2. Aux termes de l'article R. 772-6 du code de justice administrative : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / () ".
3. Mme C A, qui demande l'annulation de la décision du 10 juin 2022 et de l'avis des sommes à payer émis le 14 juin 2022 en vue du recouvrement de l'amende administrative prononcée à son encontre, soutient qu'elle est de bonne foi. Elle indique que son mari a été incarcéré le 26 mai 2021 pour faits de violences conjugales sur elle et ses enfants, qu'elle a déposé ses premières plaintes contre lui en 2018 et qu'il était le seul à gérer les démarches administratives, notamment les déclarations faites aux services de la caisse d'allocations familiales. Mme C A fait par ailleurs valoir qu'elle se trouve dans une situation financière précaire car ses seules ressources sont constituées du revenu de solidarité active et de l'allocation de soutien familial, sur lesquelles une retenue est effectuée. Il résulte toutefois de l'instruction que Mme C A ne verse aucune pièce aux débats qui serait de nature à remettre en cause le bien-fondé de l'amende administrative qu'elle conteste et qui établirait qu'elle n'était pas domiciliée à la même adresse que M. A, son ex-conjoint, entre mars 2020 et mars 2021. Par suite, ces conclusions, qui ne sont assorties que de moyens inopérants, doivent être rejetées par application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions tendant à la remise de dette ou le transfert de l'indu à M. A :
4. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : / () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ; / () ".
5. D'une part, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. () ".
6. D'autre part, aux termes de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire. "
7. Par la présente requête, Mme C A demande également la remise gracieuse totale de sa dette de revenu de solidarité active et d'aide personnalisée au logement, ou le transfert de l'indu à son ex-conjoint M. A. Cet indu a été notifié à Mme C A par une décision du 28 mai 2021, qui comportait la mention du délai de recours préalable de deux mois auprès de la caisse d'allocations familiales de l'Oise. Or il résulte de l'instruction, notamment des écritures non contredites du département de l'Oise, que Mme C A n'a pas formé le recours administratif préalable obligatoire prévu par les dispositions citées aux points 5 et 6 ci-dessus. Il ressort en outre des pièces du dossier que Mme C A n'apporte aucun élément démontrant qu'elle aurait formé un recours administratif préalable le 17 septembre 2021, comme elle le soutient dans son mémoire introductif d'instance. Par suite, les conclusions de Mme C A sont manifestement irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées par application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C A et au département de l'Oise.
Fait à Amiens, le 3 mai 2024.
La présidente,
Signé
F. Demurger
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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