jeudi 23 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2202683 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BEJIN - CAMUS - BELOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 août 2022, la SARL IDF Paysage, représentée par la SCP Bejin-Camus-Belot, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2016 et 2017 et des pénalités correspondantes';
2°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires de taxe d'apprentissage et de contribution au développement de l'apprentissage, de taxe sur les véhicules de société et de taxe de participation des employeurs au développement de la formation professionnelle continue auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016 et 2017 et des pénalités correspondantes ;
3°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des pénalités correspondantes qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2016 au
30 novembre 2018 ;
4°) d'ordonner la restitution de ces impositions dans les conditions prévues par l'article L. 208 du livre des procédures fiscales.
Elle soutient que :
- le service n'a pas répondu à ses observations complémentaires consécutives à la proposition de rectification du 28 mai 2019';
- il n'y a pas eu un débat oral et suffisant lors de la procédure de vérification de sa comptabilité ;
- le service ne pouvait rejeter sa comptabilité qui était tenue par un professionnel et non par ses soins';
- en sa qualité de sous-traitante d'une autre société réalisant des travaux immobiliers, elle pouvait bénéficier du régime de l'auto-liquidation de sorte que les rappels de taxe sur la valeur ajoutée collectée sont injustifiés ;
- elle a réalisé des prestations mixtes justifiant l'application du régime de
l'auto-liquidation conformément aux énonciations de la doctrine administrative ;
- elle a valablement procédé à la déduction de la taxe sur la valeur ajoutée afférente à l'acquisition de six véhicules qui n'étaient pas des utilitaires mais qui étaient tout de même destinés au transport de marchandises et de matériel ;
- elle a justifié de la réalité du prêt de 35 000 euros consenti à son gérant ;
- la preuve de l'appréhension de revenus distribués par le bénéficiaire n'est pas rapportée par le service ;
- la valorisation de l'insuffisance de stocks de bois doit être révisée à de plus justes proportions dès lors qu'une même facture a été prise en compte deux fois ;
- l'amende infligée sur le fondement de l'article L. 112-7 du code monétaire et financier est insuffisamment motivée et doit être réduite dans son quantum ;
- les majorations pour manquement délibéré sont infondées dès lors que les rectifications en litige procèdent d'enregistrements comptables réalisés par un professionnel de la comptabilité.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 décembre 2022, la directrice départementale des finances publiques de la Somme conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales';
- le code monétaire et financier ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Menet, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL IDF Paysage qui exerce une activité de services d'aménagements paysagers, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité, à l'issue de laquelle l'administration fiscale l'a assujettie, selon la procédure de rectification contradictoire, à des cotisations supplémentaires d'impôts sur les sociétés au titre des exercices clos en 2016 et 2017, à des cotisations supplémentaires de taxe d'apprentissage et de contribution au développement de l'apprentissage, de taxe sur les véhicules de société et de taxe de participation des employeurs au développement de la formation professionnelle continue au titre des années 2016 et 2017 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier 2016 au
30 novembre 2018. Par la présente requête, la SARL IDF Paysage demande au tribunal de la décharger de ces impositions supplémentaires et des pénalités correspondantes.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. En premier lieu, la société requérante soutient qu'elle a fait des observations à la suite de la proposition de rectifications puis des observations complémentaires le
18 septembre 2019 et que celles-ci n'ont pas été prises en compte dans la réponse aux observations du contribuable du 30 septembre 2019. Ce moyen manque en fait dès lors que le vérificateur a explicitement visé et répondu à ces observations dans la réponse précitée.
3. En second lieu, dans le cas où la vérification de la comptabilité d'une entreprise a été effectuée, soit, comme il est de règle, dans ses propres locaux, soit, si son dirigeant ou représentant l'a expressément demandé, dans les locaux du comptable auprès duquel sont déposés les documents comptables, c'est au contribuable qui allègue que les opérations de vérification ont été conduites sans qu'il ait eu la possibilité d'avoir un débat oral et contradictoire avec le vérificateur de justifier que ce dernier se serait refusé à un tel débat. Il résulte de l'instruction que les opérations de contrôle de la SARL IDF Paysage se sont déroulées au domicile du gérant et du comptable de la société à la demande du gérant. La société requérante qui se borne à soutenir, sans apporter aucun élément probant qu'il n'y a eu aucun débat contradictoire en raison du faible nombre d'entrevues, sept en l'espèce, n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, de ce que le vérificateur se serait refusé à tout débat oral et contradictoire. Par suite, la SARL IDF Paysage n'est pas fondée à soutenir qu'elle aurait été privée de la garantie correspondante.
Sur le bien-fondé des impositions :
En ce qui concerne la charge de la preuve :
4. Aux termes de l'article L. 192 du livre des procédures fiscales : " Lorsque l'une des commissions ou le comité mentionnés à l'article L. 59 ou le comité prévu à l'article L. 64 est saisi d'un litige ou d'une rectification, l'administration supporte la charge de la preuve en cas de réclamation, quel que soit l'avis rendu par la commission ou le comité. / Toutefois, la charge de la preuve incombe au contribuable lorsque la comptabilité comporte de graves irrégularités et que l'imposition a été établie conformément à l'avis de la commission ou du comité. La charge de la preuve des graves irrégularités invoquées par l'administration incombe, en tout état de cause, à cette dernière lorsque le litige ou la rectification est soumis au juge ".
5. Il résulte de l'instruction que la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires a notamment confirmé, dans l'avis rendu au cours de sa séance du
7 octobre 2021, le rejet de comptabilité de la SARL IDF Paysage. L'administration fiscale ayant ensuite établi les impositions en litige conformément à l'avis de la commission, la charge de la preuve des graves irrégularités invoquées par l'administration fiscale incombe à cette dernière tandis que la charge de la preuve de l'exagération des impositions appartient ensuite à la société requérante dès lors que le rejet de la comptabilité est fondé.
6. Pour rejeter, comme non probante et insincère, la comptabilité de la SARL IDF Paysage, le service a relevé l'absence des livres d'inventaires et de justification des stocks, l'existence d'écritures comptables dépourvues de pièces justificatives, la comptabilisation en charge d'une somme prélevée par un associé à titre d'avance de prêt ou d'acompte, des anomalies comptables relatives à l'inscription au crédit de comptes courants d'associés d'apports injustifiés, des écritures comptables avec des dates différentes et des pièces justificatives différentes et l'absence de permanence du chemin de révision.
7. La société requérante se borne à contester ces graves irrégularités comptables comme étant imputables exclusivement à son comptable. Toutefois, la circonstance, à la supposer établie, que le professionnel chargé de tenir la comptabilité de la contribuable, serait seul responsable des erreurs qui ont justifié le rejet de la comptabilité est sans incidence sur le bien-fondé des impositions supplémentaires impliquées par ce rejet.
8. Il résulte de tout ce qui précède que le service doit être regardé comme apportant la preuve qui lui incombe de ce que la comptabilité de la SARL IDF Paysage n'était pas sincère et dépourvue de toute force probante de sorte que la preuve du caractère exagéré des impositions en litige pèse sur la société requérante.
En ce qui concerne les rappels de taxe sur la valeur ajoutée :
S'agissant du régime de l'auto-liquidation :
Quant à l'application de la loi fiscale :
9. Aux termes du 2 nonies de l'article 283 du code général des impôts : " Pour les travaux de construction, y compris ceux de réparation, de nettoyage, d'entretien, de transformation et de démolition effectués en relation avec un bien immobilier par une entreprise sous-traitante, au sens de l'article 1er de la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance, pour le compte d'un preneur assujetti, la taxe est acquittée par le preneur ".
10. Il résulte de ces dispositions que sont seuls soumis au régime de
l'auto-liquidation les travaux de construction, y compris ceux de réparation, de nettoyage, d'entretien, de transformation et de démolition effectués en relation avec un bien immobilier. Si la société requérante produit à l'instance des contrats de sous-traitance des 19 juin 2016,
5 septembre 2017 et 6 septembre 2018 relatif à des " travaux d'aménagement paysager ", ces travaux ne peuvent être regardés comme des travaux de construction, y compris ceux de réparation, de nettoyage, d'entretien, de transformation et de démolition effectués en relation avec un bien immobilier. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a remis en cause le régime d'auto-liquidation de la taxe sur la valeur ajoutée appliqué par la SARL IDF Paysage et rappelé la taxe sur la valeur ajoutée collectée sur des factures hors taxes à hauteur de 17 500 euros pour l'exercice clos en 2016, 63 766,50 euros pour l'exercice clos en 2017 et de 38 355,30 euros pour la période du 1er janvier 2018 au 30 novembre 2018.
Quant à l'interprétation administrative de la loi fiscale :
11. Si la société requérante fait état d'une foire aux questions publiée sur le site internet de la direction générale des finances publiques intitulée " Autoliquidation de la TVA sur les travaux de construction relatifs à un bien immobilier qu'effectue une entreprise
sous-traitante pour le compte d'un preneur assujetti ", elle n'invoque pas le bénéfice de la garantie prévue par l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales et n'établit pas, en tout état de cause, qu'elle exerçait en effet une activité mixte relevant pour partie du secteur économique défini au 2 nonies de l'article 283 du code général des impôts.
S'agissant de la taxe sur la valeur ajoutée déductible sur l'acquisition de véhicules :
12. Aux termes de l'article 271 du code général des impôts : " I. 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de la taxe sur la valeur ajoutée applicable à cette opération ". Aux termes de l'article 205 de l'annexe II à ce code : " La taxe sur la valeur ajoutée grevant un bien ou un service qu'un assujetti à cette taxe acquiert, importe ou se livre à lui-même est déductible à proportion de son coefficient de déduction ". Aux termes de l'article 206 de l'annexe II au même code : " I. - Le coefficient de déduction mentionné à l'article 205 est égal au produit des coefficients d'assujettissement, de taxation et d'admission. () IV.-1. Le coefficient d'admission d'un bien ou d'un service est égal à l'unité, sauf dans les cas décrits aux 2 à 4. / 2. Le coefficient d'admission est nul dans les cas suivants : () 6° Pour les véhicules ou engins, quelle que soit leur nature, conçus pour transporter des personnes ou à usages mixtes, à l'exception de ceux : a. Destinés à être revendus à l'état neuf ; / b. Donnés en location ; / c. Comportant, outre le siège du conducteur, plus de huit places assises et utilisés par des entreprises pour amener leur personnel sur les lieux du travail ; / d. Affectés de façon exclusive à l'enseignement de la conduite ; / e. De type tout terrain affectés exclusivement à l'exploitation des remontées mécaniques et des domaines skiables, dans des conditions fixées par décret ; / f. Acquis par les entreprises de transports publics de voyageurs et affectés de façon exclusive à la réalisation desdits transports ". Pour apprécier si un véhicule ou un engin a été conçu pour le transport des personnes ou pour un usage mixte au sens de ces dispositions, il y a lieu non pas de se référer aux conditions d'utilisation du véhicule mais de rechercher, compte tenu de ses caractéristiques lors de l'acquisition, l'usage auquel il est normalement destiné.
13. Pour écarter la déductibilité de la taxe sur la valeur ajoutée afférente à l'acquisition de six véhicules par la société requérante au cours de la période vérifiée, le service a relevé qu'il s'agissait de véhicules de transport de personnes. La SARL IDF Paysage se borne à soutenir que ces véhicules ont été acquis et utilisés exclusivement pour le transport de marchandises et de matériel. Ce disant, en application de ce qui a été énoncé au point précédent, la société requérante ne saurait être regardée comme apportant la preuve qui lui incombe du caractère exagéré des rappels de taxe sur la valeur ajoutée déductible en litige.
En ce qui concerne les cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés :
14. En premier lieu, aux termes du 2 de l'article 38 du code général des impôts : " Le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à l'impôt diminuée des suppléments d'apport et augmentée des prélèvements effectués au cours de cette période par l'exploitant ou par les associés. L'actif net s'entend de l'excédent des valeurs d'actif sur le total formé au passif par les créances des tiers, les amortissements et les provisions justifiés ". Aux termes de l'article 38 ter de l'annexe III audit code : " Le stock est constitué par l'ensemble des marchandises, des matières premières, des matières et fournitures consommables, des productions en cours, des produits intermédiaires, des produits finis, des produits résiduels et des emballages non destinés à être récupérés, qui sont la propriété de l'entreprise à la date de l'inventaire et dont la vente en l'état ou au terme d'un processus de production à venir ou en cours permet la réalisation d'un bénéfice d'exploitation ".
15. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale, à défaut d'inventaire et d'une comptabilisation de stocks par la société requérante, a réintégré dans ses résultats à la clôture de chacun des exercices en litige, d'une part, les stocks de bois acquis par la société suivant trois factures des 12 octobre 2016, 15 octobre 2016 et 16 décembre 2016 en les valorisant aux sommes de 29 995 euros et 17 139 euros au titre des exercices clos respectivement en 2016 et 2017 et d'autre part, un stock de bois de chauffage valorisé à hauteur de sa facture d'achat de 22 727,27 euros hors taxes en date du 15 novembre 2016.
16. La SARL IDF Paysage se borne à soutenir qu'il n'y avait pas lieu de distinguer les achats de bois et de bois de chauffage et que la facture du 15 novembre 2016 serait déjà prise en compte dans les stocks de bois valorisés par le service. La SARL IDF Paysage n'apporte aucun élément au soutien de cette allégation et n'apporte pas la preuve qui lui incombe de l'exagération des impositions en litige.
17. En second lieu, aux termes du 1 de l'article 39 du code général des impôts, rendu applicable à l'impôt sur les sociétés en vertu de l'article 209 du même code : " Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant () notamment : 1° Les frais généraux de toute nature ".
18. Il résulte de l'instruction que le service a remis en cause la déductibilité d'une somme de 35 000 euros mise à la disposition de son gérant pour lui permettre de financer un projet immobilier, pourtant comptabilisée dans un compte de charges avec le libellé " ACHATS DIVERS ". En soutenant que cette somme correspondait à un prêt accordé au gérant, la société admet elle-même qu'il ne pouvait s'agir d'une charge déductible du bénéfice imposable.
Sur les pénalités :
En ce qui concerne l'amende sur le fondement de l'article L. 112-7 du code monétaire et financier :
19. Aux termes de l'article 1840 J du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " Les infractions aux dispositions des articles L. 112-6 à L. 112-6-2 du code monétaire et financier sont passibles d'une amende conformément aux dispositions des deuxième et troisième phrases de l'article L. 112-7 du même code ". Aux termes du I. de l'article L. 112-6 du code monétaire et financier, dans sa rédaction applicable au litige : " Ne peut être effectué en espèces ou au moyen de monnaie électronique le paiement d'une dette supérieure à un montant fixé par décret, tenant compte du lieu du domicile fiscal du débiteur, de la finalité professionnelle ou non de l'opération et de la personne au profit de laquelle le paiement est effectué ". Aux termes de l'article D. 112-3 du code monétaire et financier : " I. - Le montant prévu au I de l'article L. 112-6 est fixé : / 1° Lorsque le débiteur a son domicile fiscal sur le territoire de la République française ou agit pour les besoins d'une activité professionnelle, à 1 000 euros pour les paiements effectués en espèces ". Aux termes de l'article L. 112-7 du code monétaire et financier : " Les infractions aux articles L. 112-6 à L. 112-6-2 sont constatées par des agents désignés par arrêté du ministre chargé du budget. Le débiteur ou le mandataire de justice ayant procédé à un paiement en violation des mêmes articles L. 112-6 à L. 112-6-2 sont passibles d'une amende dont le montant est fixé compte tenu de la gravité des manquements et qui ne peut excéder 5 % des sommes payées en violation des dispositions susmentionnées. Le débiteur et le créancier sont solidairement responsables du paiement de cette amende en cas d'infraction aux articles L. 112-6 et L. 112-6-1 ".
20. Pour infliger l'amende en litige, le service a relevé que la société requérante avait procédé à des paiements en espèces à hauteur de 10 000 euros le 17 avril 2016, de 21 900 euros le 30 novembre 2016 et de 23 300 euros le 15 octobre 2016. Le service a motivé cette sanction en considérant que l'importance des transactions en cause et l'absence de raisons objectives ayant pu conduire à ces infractions justifiaient d'appliquer le taux de 5 % prévu par les dispositions précitées.
21. Par ces motifs, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que la sanction précitée est entachée d'un défaut de motivation ni qu'elle n'est pas proportionnée aux faits commis.
En ce qui concerne les majorations pour manquement délibéré :
22. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'État entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ".
23. Pour assortir les cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et les rappels de taxe sur la valeur ajoutée en litige de la majoration de 40 % prévue par les dispositions précitées, l'administration s'est fondée sur la minoration importante de l'actif de la société par l'absence de comptabilisation de ses stocks, la comptabilisation d'une même charge au titre de deux exercices différents pour un montant important de 24 000 euros, l'existence de nombreuses dépenses qui n'ont pas été engagées dans l'intérêt de la société pour des montants conséquents. Pour contester cette motivation, la SARL IDF Paysage ne peut utilement soutenir qu'elle n'est pas l'auteur de ces omissions au motif que sa comptabilité était tenue par un professionnel de la comptabilité. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve, qui lui incombe, du caractère délibéré des manquements commis par la SARL IDF Paysage justifiant l'application de la majoration de l'article 1729 du code général des impôts.
Sur la demande de restitution :
24. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de la SARL IDF Paysage doivent être rejetées. Les conclusions fondées sur l'article L. 208 du livre des procédures fiscales ne peuvent par suite et en tout état de cause, qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1 er : La requête de la SARL IDF Paysage est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL IDF Paysage et à la directrice départementale des finances publiques de la Somme.
Délibéré après l'audience du 2 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
M. Menet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition le 23 mai 2024.
Le rapporteur,
Signé
M. Menet
Le président,
Signé
B. Boutou La greffière,
Signé
F. Joly
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2202683
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026