jeudi 23 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2202710 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BEJIN - CAMUS - BELOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 17 août 2022 et 27 janvier 2023,
M. B A, représenté par la SCP Bejin-Camus-Belot, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 et 2017 et des pénalités correspondantes';
2°) d'ordonner la restitution de ces impositions dans les conditions prévues par l'article L. 208 du livre des procédures fiscales.
Il soutient que :
- la procédure est viciée dès lors que le service a méconnu les dispositions de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales';
- à compter du 17 novembre 2016, il n'était plus ni gérant ni associé de la SARL IDF Paysage, société distributrice, de sorte qu'il ne pouvait être imposé au titre de revenus distribués postérieurs à cette date';
- les omissions déclaratives n'étaient pas de son fait dès lors qu'il n'était plus gérant ni associé à compter du 17 novembre 2016.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 décembre 2022, la directrice départementale des finances publiques de la Somme conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé et subsidiairement que la pénalité de 10 % de l'article 1758 A du code général des impôts doit être substituée à celle de 40 % de l'article 1729 du même code.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales';
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Menet, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a fait l'objet d'un contrôle sur pièces de sa situation fiscale à l'issue duquel l'administration fiscale l'a assujetti, selon la procédure de rectification contradictoire, à des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2016 et 2017 à raison de rectifications dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, en raison de revenus distribués de la part de la SARL IDF Paysage sur le fondement du a. de l'article 111 du code général des impôts. Par la présente requête, M. A demande au tribunal de le décharger de ces impositions supplémentaires et des pénalités correspondantes.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. Aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 (). Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande ". Il incombe à l'administration, quelle que soit la procédure d'imposition mise en œuvre, d'informer le contribuable, avec une précision suffisante, de l'origine et de la teneur des renseignements obtenus auprès de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition, afin de permettre à l'intéressé, notamment, de discuter utilement leur provenance ou de demander que les documents qui, le cas échéant, contiennent ces renseignements soient mis à sa disposition avant la mise en recouvrement des impositions qui en procèdent. Toutefois, l'obligation qui lui est ensuite faite de tenir à la disposition du contribuable qui les demande ou de lui communiquer, avant la mise en recouvrement des impositions, les documents ou copies de documents contenant les renseignements qu'elle a utilisés pour procéder aux redressements ne peut porter que sur les documents effectivement détenus par les services fiscaux. Dans l'hypothèse où les documents que le contribuable demande à examiner sont détenus non par l'administration fiscale, qui les a seulement consultés à l'occasion d'une vérification de comptabilité concernant une autre société, mais par cette dernière, il appartient à l'administration fiscale, d'une part, d'en informer l'intéressé afin de le mettre en mesure d'en demander communication à ce tiers et, d'autre part, de porter à sa connaissance l'ensemble des renseignements fondant l'imposition recueillis à l'occasion de la vérification de comptabilité de cette autre société. Enfin, la méconnaissance de ces dispositions par l'administration demeure sans conséquence sur le bien-fondé de l'imposition s'il est établi qu'eu égard à la teneur du renseignement, nécessairement connu du contribuable, celui-ci n'a pas été privé, du seul fait de l'absence d'information sur l'origine du renseignement, de cette garantie.
3. En premier lieu, à la suite de sa demande du 11 juillet 2019, l'administration a communiqué à M. A le 15 juillet 2019, l'ensemble des pièces obtenues auprès de tiers sur la base desquelles les rehaussements sont fondés et a indiqué qu'il ne pouvait communiquer les relevés de compte bancaires examinés lors des opérations de vérification de comptabilité de la SARL IDF Paysage dont elle n'était pas en possession.
4. Il en résulte que M. A, gérant de la société vérifiée, a été suffisamment informé de la teneur des renseignements desquels procèdent les impositions en litige et qu'il n'est pas fondé à soutenir qu'il a été privé d'une garantie.
5. En second lieu, si l'intéressé soutient que la proposition de rectification concernant la SARL IDF Paysage ne lui a pas été communiquée en intégralité, ce document élaboré par l'administration fiscale dans le cadre de la procédure d'imposition suivie avec un autre contribuable n'est pas au nombre des documents obtenus de tiers soumis à l'obligation de communication prévue à l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales.
6. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
Sur le bien-fondé des impositions :
7. Aux termes du a. de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / Sauf preuve contraire, les sommes mises à la disposition des associés directement ou par personnes ou sociétés interposées à titre d'avances, de prêts ou d'acomptes ". En application de ces dispositions, doivent être regardés comme des revenus distribués, sauf preuve contraire, les montants des soldes débiteurs des comptes courants ouverts dans les écritures d'une société au nom de ses associés, actionnaires ou porteurs de parts.
8. Le service a relevé qu'au titre des exercices clos en 2016 et 2017, le compte courant d'associé de M. A ouvert dans les livres de la SARL IDF Paysage était débiteur respectivement à hauteur des sommes de 21 631,70 euros et 3 362,26 euros. Le service a regardé ces soldes débiteurs comme des revenus distribués.
9. M. A conteste cette qualification en indiquant qu'il n'était ni gérant ni associé de la SARL IDF Paysage à compter du 17 novembre 2016 de sorte que les dispositions précitées étaient inapplicables en l'espèce. Il résulte toutefois de l'instruction que M. A a été associé de cette société au titre des années d'imposition en litige et que par suite, il n'est pas fondé à soutenir que le service a méconnu les dispositions précitées.
Sur les pénalités :
10. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'État entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ".
11. Pour assortir les impositions supplémentaires au titre des années 2016 et 2017 de la majoration de 40 % prévue par les dispositions précitées, l'administration s'est fondée sur l'importance des omissions déclaratives, sur les manœuvres destinées à cacher l'existence de ces soldes débiteurs par la comptabilisation d'un apport en compte courant d'associé de 25 000 euros censée constater le paiement d'une facture de fournisseur par l'intéressé. M. A en sa qualité d'associé minoritaire et de gérant jusqu'au 17 novembre 2016 puis d'associé majoritaire à compter de cette date n'est pas fondé à soutenir qu'il n'avait pas l'intention d'éluder l'impôt en ne déclarant pas les soldes débiteurs précités. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve, qui lui incombe, du caractère délibéré des manquements commis par M. A justifiant l'application de la majoration de l'article 1729 du code général des impôts.
Sur la demande de restitution :
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de
M. A doivent être rejetées. Les conclusions fondées sur l'article L. 208 du livre des procédures fiscales ne peuvent par suite et en tout état de cause, qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1 er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la directrice départementale des finances publiques de la Somme.
Délibéré après l'audience du 2 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
M. Menet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition le 23 mai 2024.
Le rapporteur,
Signé
M. Menet
Le président,
Signé
B. Boutou La greffière,
Signé
F. Joly
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2202710
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026