jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2202736 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BEJIN - CAMUS - BELOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 19 août 2022 et 17 juin 2024, M. A B, représenté par la SCP Bejin-Camus-Belot, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2019 et 2020 et des pénalités correspondantes';
2°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des pénalités correspondantes qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2018 au 30 novembre 2020.
Il soutient que :
- le service n'apporte pas la preuve de la notification régulière de la proposition de rectification du 4 octobre 2021 dont il n'a pas eu connaissance';
- le service a méconnu les dispositions des articles 293 B à 293 F du code général des impôts, dès lors que le régime de la franchise en base de taxe sur la valeur ajoutée perdure deux ans après le dépassement des seuils';
- le service a méconnu son devoir de loyauté en ne procédant pas d'office à la déduction de ses droits à taxe sur la valeur ajoutée en contrepartie des rectifications en matière de taxe sur la valeur ajoutée';
- contrairement à ce qu'affirme le service, il a régulièrement déclaré ses bénéfices non commerciaux au titre des années 2019 et 2020 ;
- les pénalités des articles 1728-1 et 1758 A du code général des impôts sont injustifiées.
Par des mémoires en défense enregistrés les 29 novembre 2022 et 20 juin 2024, la directrice départementale des finances publiques de la Somme conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales';
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Menet, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B qui exerçait une activité d'apporteur d'affaires, a fait l'objet d'un contrôle sur pièces de sa situation fiscale à l'issue duquel l'administration fiscale l'a assujetti, selon la procédure de taxation d'office à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier 2018 au 30 novembre 2020 et selon la procédure de rectification contradictoire, à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre des années 2019 et 2020. Par la présente requête, M. B demande au tribunal de le décharger de ces impositions supplémentaires et des pénalités correspondantes.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. ". Aux termes de l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée ".
3. Si le contribuable conteste qu'une décision lui a bien été notifiée, il incombe à l'administration fiscale d'établir qu'une telle notification lui a été régulièrement adressée et, lorsque le pli contenant cette notification a été renvoyé par le service postal au service expéditeur, de justifier de la régularité des opérations de présentation à l'adresse du destinataire. La preuve qui lui incombe ainsi peut résulter soit des mentions précises, claires et concordantes figurant sur les documents, le cas échéant électroniques, remis à l'expéditeur conformément à la réglementation postale soit, à défaut, d'une attestation de l'administration postale ou d'autres éléments de preuve établissant la délivrance par le préposé du service postal d'un avis de passage prévenant le destinataire de ce que le pli est à sa disposition au bureau de poste.
4. Compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d'une notification régulière le pli recommandé retourné à l'administration auquel est rattaché un volet "avis de réception" sur lequel a été apposée la date de vaine présentation du courrier et qui porte, sur l'enveloppe ou l'avis de réception, l'indication du motif pour lequel il n'a pu être remis.
5. Il résulte de l'instruction que le pli recommandé contenant la proposition de rectification, expédié à l'adresse exacte de M. B, a été retourné le 13 octobre 2021 à l'administration avec la mention " Pli avisé et non réclamé ". Compte tenu de ces mentions précises, claires et concordantes, la proposition de rectification doit être regardée comme ayant été régulièrement notifiée à M. B.
Sur le bien-fondé des impositions :
En ce qui concerne la taxe sur la valeur ajoutée :
6. En premier lieu, aux termes de l'article 293 B du code général des impôts :
" I. - Pour leurs livraisons de biens et leurs prestations de services, les assujettis établis en France, à l'exclusion des redevables qui exercent une activité occulte au sens du deuxième alinéa de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales, bénéficient d'une franchise qui les dispense du paiement de la taxe sur la valeur ajoutée, lorsqu'ils n'ont pas réalisé : / 1° Un chiffre d'affaires supérieur à : / a) 82 800 € l'année civile précédente ; / b) Ou 91 000 € l'année civile précédente, lorsque le chiffre d'affaires de la pénultième année n'a pas excédé le montant mentionné au a ; / 2° Et un chiffre d'affaires afférent à des prestations de services, hors ventes à consommer sur place et prestations d'hébergement, supérieur à : / a) 33 200 € l'année civile précédente ; / b) Ou 35 200 € l'année civile précédente, lorsque la pénultième année il n'a pas excédé le montant mentionné au a. / II. - 1. Le I cesse de s'appliquer : / a) Aux assujettis dont le chiffre d'affaires de l'année en cours dépasse le montant mentionné au b du 1° du I ; / b) Ou à ceux dont le chiffre d'affaires de l'année en cours afférent à des prestations de services, hors ventes à consommer sur place et prestations d'hébergement, dépasse le montant mentionné au b du 2° du I. / 2. Les assujettis visés au 1 deviennent redevables de la taxe sur la valeur ajoutée pour les prestations de services et les livraisons de biens effectuées à compter du premier jour du mois au cours duquel ces chiffres d'affaires sont dépassés ". Les seuils de 33 200 euros et 35 200 euros mentionnés au 2° de cet article ont été portés à 34 400 euros et 36 500 euros à compter du 25 juillet 2020. Il en résulte que les assujettis dont le chiffre d'affaires de l'année civile en cours afférent à des prestations de services atteint la limite visée par le b) du 2° du I. de l'article 293 B du code général des impôts, cessent de bénéficier de la franchise en base de taxe sur la valeur ajoutée et qu'ils deviennent alors redevables de la taxe à compter du premier jour du mois au cours duquel le franchissement de la limite est intervenu.
7. Il résulte de l'instruction qu'à raison de son activité d'apporteur d'affaires,
M. B a réalisé un chiffre d'affaires de 40 130 euros en 2017, de 50 816 euros en 2018, de 65 688 euros en 2019 et de 43 948 euros en 2020, excédant dès l'année 2017 puis au titre de la période d'imposition en litige, soit du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2020, les seuils de 35 200 et 36 500 euros prévus par les dispositions précitées du b) du 2o du I. de l'article 293 B du code général des impôts.
8. Il ne résulte pas de l'instruction qu'au titre des années 2016, 2017 et 2018, le chiffre d'affaires de M. B lui permettait de maintenir le régime de franchise en base de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période d'imposition en litige, soit du 1er janvier 2018 au 30 novembre 2020.
9. Dès lors, le service était fondé à rappeler la taxe sur la valeur ajoutée non acquittée sur le chiffre d'affaires du requérant dès le 1er janvier 2018.
10. En second lieu, M. B n'est en tout état de cause pas fondé à soutenir que le service a manqué à son devoir de loyauté en n'imputant pas d'office sur les rectifications précitées son droit à déduction au titre de la taxe sur la valeur ajoutée alors qu'il ne justifie d'aucune facture qui aurait justifié un quelconque droit à déduction au titre de la période d'imposition en litige.
En ce qui concerne l'impôt sur le revenu :
11. Aux termes du 1. de l'article 92 du code général des impôts : " Sont considérés comme provenant de l'exercice d'une profession non commerciale ou comme revenus assimilés aux bénéfices non commerciaux, les bénéfices des professions libérales, des charges et offices dont les titulaires n'ont pas la qualité de commerçants et de toutes occupations, exploitations lucratives et sources de profits ne se rattachant pas à une autre catégorie de bénéfices ou de revenus ".
12. Il résulte de l'instruction que le service a imposé dans la catégorie des bénéfices non-commerciaux, des commissions, minorées des rappels de taxe sur la valeur ajoutée y afférent, perçues par M. B dans le cadre de son activité d'apporteur d'affaires, les sommes de 50 816 euros au titre de l'année 2018, 65 688 euros au titre de l'année 2019 et 43 948 euros au titre de l'année 2020.
13. M. B ne peut utilement contester cette imposition en soutenant que ces sommes, au demeurant non contestées, auraient été effectivement déclarées au titre des années d'imposition en litige.
Sur les pénalités :
14. M. B conteste le bien-fondé des majorations de 10 % appliquées par le service sur le fondement du a. du 1. de l'article 1728 et de l'article 1758 A du code général des impôts respectivement aux rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2020 d'une part et aux cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu au titre des années 2019 et 2020 d'autre part. Dès lors que le requérant a omis de s'acquitter de la taxe sur la valeur ajoutée et qu'il n'a pas déclaré ses bénéfices non commerciaux au titre de la période d'imposition en litige, le service était fondé à appliquer à M. B les pénalités précitées.
D É C I D E :
Article 1 er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la directrice départementale des finances publiques de la Somme.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
M. Menet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition le 4 juillet 2024.
Le rapporteur,
Signé
M. Menet
Le président,
Signé
B. Boutou La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2202736
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026