LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2202959

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2202959

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2202959
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantPORCHER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 septembre 2022 et 6 janvier 2023, Mme A B, représentée par Me Porcher, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision orale du 11 août 2022 par laquelle l'établissement public de santé mentale de la Somme a refusé de retirer les documents médicaux, ou comportant des informations à caractère médical, ou non numérotés, de son dossier administratif ;

2°) d'enjoindre à l'établissement public de santé mentale de la Somme de retirer les documents litigieux dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'établissement public de santé mentale de la Somme la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision de l'établissement public de santé mentale de la Somme méconnaît les dispositions de l'article L. 137-1 du code général de la fonction publique dès lors que certaines pièces sont non numérotées et que d'autres comportent des données à caractère médical ;

- elle n'a pas été informée par l'établissement public de santé mentale de la Somme de son droit à s'opposer à l'échange ou au partage d'informations la concernant, en méconnaissance de l'article L. 1110-4 du code de la santé publique.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 novembre 2022, l'établissement public de santé mentale de la Somme, représenté par la Selarl Centaure Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il doit être regardé comme faisant valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est insuffisamment motivée ;

- la requête est irrecevable dès lors qu'il a procédé en mars 2022, soit antérieurement à l'introduction de la requête, au retrait de tous les documents médicaux figurant au dossier administratif de Mme B à la suite de sa demande formulée le 2 novembre 2021 ;

- en toute hypothèse, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 12 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 16 septembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code général de la fonction publique ;

- le décret n° 2011-675 du 15 juin 2011 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Sako, conseillère,

- les conclusions de M. Menet, rapporteur public,

- et les observations de Me Porcher, représentant Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, fonctionnaire au sein de l'établissement public de santé mentale de la Somme, a été autorisée sur sa demande à consulter son dossier administratif le 21 septembre 2021. Estimant qu'il était irrégulièrement composé, elle a demandé par un courrier du 2 novembre 2021 à ce qu'il soit procédé au retrait de plusieurs documents, notamment à caractère médical, qui y figuraient. Par un courrier du 18 novembre 2021, son employeur lui a indiqué que les documents médicaux nécessaires à l'instruction de son dossier de retraite pour invalidité seraient retirés de son dossier après leur transmission au service de santé au travail. Mme B a procédé à de nouvelles consultations de son dossier administratif les 4 mars et 11 août 2022. A l'issue de cette dernière consultation, elle affirme avoir constaté que son dossier administratif n'avait pas été entièrement apuré des documents ne pouvant selon elle légalement y figurer, et a demandé à ce qu'il soit procédé à leur retrait. Par la présente requête, elle demande au tribunal d'annuler la décision orale du 11 août 2022 par laquelle l'établissement public de santé mentale de la Somme a refusé de faire droit à sa demande.

Sur les fins de non-recevoir opposées par l'établissement public de santé mentale de la Somme :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. () Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".

3. La requête introductive d'instance présentée par Mme B contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. Elle satisfait ainsi aux conditions posées par les dispositions précitées. Par suite, il y a lieu d'écarter la fin de non-recevoir opposée par l'établissement public de santé mentale de la Somme.

4. En second lieu, le défendeur fait valoir qu'il a procédé, dès mars 2022, au retrait des documents médicaux qui figuraient - dans l'attente de l'instruction de la procédure de retraite pour invalidité dont l'intéressée faisait alors l'objet - au dossier administratif de la requérante. Il n'est toutefois pas contesté en défense que Mme B a consulté son dossier administratif le 11 août 2022, qu'elle a demandé à cette occasion le retrait de documents, notamment des échanges informels comportant des informations à caractère médical, et qu'un refus oral lui a alors été opposé. Dès lors, la fin de non-recevoir tirée du caractère inexistant de la décision attaquée ne peut qu'être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 1110-4 du code de la santé publique :

" I.-Toute personne prise en charge par un professionnel de santé, un établissement ou service, un professionnel ou organisme concourant à la prévention ou aux soins dont les conditions d'exercice ou les activités sont régies par le présent code, le service de santé des armées, un professionnel du secteur médico-social ou social ou un établissement ou service social et médico-social mentionné au I de l'article L. 312-1 du code de l'action sociale et des familles a droit au respect de sa vie privée et du secret des informations la concernant. () / Le partage, entre des professionnels ne faisant pas partie de la même équipe de soins, d'informations nécessaires à la prise en charge d'une personne requiert son consentement préalable, recueilli par tout moyen, y compris de façon dématérialisée, dans des conditions définies par décret pris après avis de la Commission nationale de l'informatique et des libertés. () IV.-La personne est dûment informée de son droit d'exercer une opposition à l'échange et au partage d'informations la concernant. Elle peut exercer ce droit à tout moment () "

6. Mme B ne peut utilement invoquer la méconnaissance des dispositions susmentionnées, qui ne s'imposent pas à l'établissement public de santé mentale de la Somme dans la gestion des dossiers administratifs de ses agents. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 1110-4 du code de la santé publique doit dès lors être écarté comme inopérant.

7. En second lieu, aux termes de l'article L. 137-1 du code général de la fonction publique : " Le dossier individuel de l'agent public doit comporter toutes les pièces intéressant la situation administrative de l'intéressé, enregistrées, numérotées et classées sans discontinuité ". Par ailleurs, aux termes de l'article 13 du décret du 15 juin 2011 relatif au dossier individuel des agents publics et à sa gestion sur support électronique : " L'agent adresse toute demande de rectification, de retrait ou d'ajout d'un document à l'autorité administrative () soit lors de la consultation, soit ultérieurement () ".

8. Si un agent public n'est pas recevable à demander l'annulation pour excès de pouvoir des décisions par lesquelles l'autorité administrative accepte ou refuse de faire enregistrer, classer et numéroter et de compléter les pièces de son dossier administratif, qui ne font pas par elles-mêmes grief à l'intéressé, il est en revanche recevable, lorsqu'il estime que les dispositions des articles L. 137-1 et L. 137-2 du code général de la fonction publique ont été méconnues, à déférer au juge administratif la décision par laquelle l'administration refuserait de procéder au retrait de son dossier des pièces qui, selon lui, ne peuvent légalement y figurer.

9. D'une part, il ressort des pièces du dossier que plusieurs documents, dont il n'est pas sérieusement contesté en défense qu'ils figurent toujours au dossier individuel de l'intéressée, sont de nature médicale ou comportent des informations à caractère médical, sans pour autant porter sur la situation administrative de l'intéressée. Il en est ainsi des courriers et courriers électroniques produits par la requérante, enregistrés dans la présente requête sous les numéros 14, 26 à 31, 39, 43 et 52.

10. D'autre part, la circonstance que certains documents figurent dans le dossier administratif sans être numérotés est sans incidence sur la légalité de la décision refusant de procéder à leur retrait. Il en est ainsi des documents produits par la requérante sous les numéros 13, et 15 à 23, et dont aucun ne comporte des informations à caractère médical. Par ailleurs, le courrier du 25 octobre 2021, produit par la requérante sous le numéro 36, par lequel l'intéressée demande à son employeur de ne plus être reconnue au sein de l'établissement en tant que travailleur handicapé, intéresse sa situation administrative et figure par conséquent à bon droit dans son dossier.

11. Enfin, Mme B qui ne produit pas les autres documents litigieux, à savoir un bilan de compétences ainsi qu'une décision prise par la maison départementale des personnes handicapées, ne permet pas au tribunal d'apprécier si leur présence dans son dossier administratif méconnaît les dispositions précitées.

12. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B est seulement fondée à demander l'annulation de la décision attaquée en tant qu'elle refuse de retirer les documents mentionnés au point 9 du présent jugement.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

13. Le motif d'annulation retenu par le présent jugement implique nécessairement que l'autorité compétente supprime du dossier administratif de Mme B les documents mentionnés au point 9 du présent jugement. Il y a lieu, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'enjoindre à l'établissement public de santé mentale de la Somme de procéder à ce retrait dans un délai de deux mois à compter de la date du présent jugement.

Sur la demande relative aux frais de l'instance :

14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mise à la charge de Mme B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que l'établissement public de santé mentale de la Somme demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

15. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de Mme B présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 11 août 2022 de l'établissement public de santé mentale de la Somme est annulée en tant qu'elle porte refus de retirer les documents mentionnés au point 9 du présent jugement.

Article 2 : Il est enjoint à l'établissement public de santé mentale de la Somme de retirer du dossier administratif de Mme B les documents mentionnés au point 9 du présent jugement dans un délai de deux mois.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Les conclusions présentées par l'établissement public de santé mentale de la Somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'établissement public de santé mentale de la Somme.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Boutou, président,

Mme Pierre, première conseillère,

Mme Sako, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.

La rapporteure,

Signé

B. Sako

Le président,

Signé

B. Boutou La greffière,

Signé

A. Ribière

La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N° 2202959

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions