jeudi 30 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2202983 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | WENISCH |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête numéro 2202983 et un mémoire enregistrés les 13 septembre 2022 et 16 octobre 2023, M. A B et Mme E D C, représentés par
Me Wenisch, demandent au tribunal de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2016, 2017 et 2018 et des pénalités correspondantes.
Ils soutiennent que :
- les rectifications opérées par le service à raison de revenus distribués sont illégales dès lors qu'elles procèdent d'une proposition de rectification du 26 juillet 2019 notifiée à la SARL Placoise Plaquiste qui a été annulée par le service le 28 février 2020';
- le droit de reprise du service au titre des impositions au titre de l'année 2016 est prescrit ;
- les sommes de 6 000 euros d'une part et 848,70 euros et 43 000 euros d'autre part, inscrites au crédit du compte courant d'associé de M. B au titre respectivement des exercices clos en 2016 et 2017 qui proviennent de leur compte bancaire ont été indûment écartées par le service ;
- les sommes de 15 000 euros et 1 794,78 euros inscrites au crédit du compte courant d'associé de Mme D C au titre de l'exercice clos en 2017 proviennent de leur compte bancaire ont été indûment écartées par le service.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 août 2023, la directrice départementale des finances publiques de la Somme conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
II. Par une requête enregistrée sous le numéro 2203086 le 21 septembre 2022, M. A B, représenté par Me Wenisch, demande au tribunal de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016, 2017 et 2018 et des pénalités correspondantes.
Il soutient que :
- les rectifications opérées par le service à raison de revenus distribués sont illégales dès lors qu'elles procèdent d'une proposition de rectification du 26 juillet 2019 notifiée à la SARL Placoise Plaquiste qui a été annulée par le service le 28 février 2020';
- le droit de reprise du service au titre des impositions au titre de l'année 2016 est prescrit ;
- les sommes de 6 000 euros d'une part et 848,70 euros et 43 000 euros d'autre part inscrites au crédit du compte courant d'associé de M. B au titre respectivement des exercices clos en 2016 et 2017 qui proviennent de son compte bancaire ont été indûment écartées par le service ;
- les sommes de 15 000 euros et 1 794,78 euros inscrites au crédit du compte courant d'associé de Mme D C au titre de l'exercice clos en 2017 proviennent de leur compte bancaire ont été indûment écartées par le service.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 août 2023, la directrice départementale des finances publiques de la Somme conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
III. Par une requête numéro 2203087 et un mémoire enregistrés les 21 septembre 2022 et 16 octobre 2023, Mme D C, représentée par Me Wenisch, demande au tribunal de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016, 2017 et 2018 et des pénalités correspondantes.
Elle soutient que :
- les rectifications opérées par le service à raison de revenus distribués sont illégales dès lors qu'elles procèdent d'une proposition de rectification du 26 juillet 2019 notifiée à la SARL Placoise Plaquiste qui a été annulée par le service le 28 février 2020';
- le droit de reprise du service au titre des impositions au titre de l'année 2016 est prescrit ;
- les sommes de 6 000 euros d'une part et 848,70 euros et 43 000 euros d'autre part, inscrites au crédit du compte courant d'associé de M. B au titre respectivement des exercices clos en 2016 et 2017 qui proviennent de son compte bancaire ont été indûment écartées par le service ;
- les sommes de 15 000 euros et 1 794,78 euros inscrites au crédit du compte courant d'associé de Mme D C au titre de l'exercice clos en 2017 proviennent de leur compte bancaire ont été indûment écartées par le service.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 août 2023, la directrice départementale des finances publiques de la Somme conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales';
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Menet, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Entreprise Placoise Plaquiste qui exerce depuis le 19 septembre 2014 une activité de travaux de plâtrerie dont M. B était le gérant jusqu'au 21 décembre 2014 et Mme D C, la gérante depuis cette date, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle l'administration fiscale l'a assujettie à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er octobre 2015 au 30 septembre 2018 et à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos en 2016, 2017 et 2018.
2. À la suite d'un contrôle sur pièces de la situation fiscale de M. B et
Mme D C, l'administration fiscale, selon la procédure de rectification contradictoire, les a assujettis à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2016 et 2017 à raison de rectifications notamment dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, en raison de revenus distribués de la part de la SARL Entreprise Placoise Plaquiste sur le fondement du 2o du 1. de l'article 109 du code général des impôts et, au titre de l'année 2018, à raison de rectifications notamment dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, en raison de revenus distribués de la part de la SARL Entreprise Placoise Plaquiste sur le fondement du 1o du 1. de l'article 109 du code général des impôts.
3. Par les présentes requêtes, M. B et Mme D C demandent au tribunal de prononcer la réduction de ces impositions supplémentaires et des pénalités correspondantes à concurrence des rectifications à raison des revenus distribués.
4. Les requêtes nos 2202983, 2203086 et 2203087 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la recevabilité :
5. Suivant décisions d'admission partielle des 9 octobre 2019, 24 septembre 2020 et 2 février 2021, le service a abandonné les rectifications au titre de sommes inscrites au crédit des comptes courants d'associé ouverts dans les livres de la SARL Entreprise Placoise Plaquiste, d'une part de M. B à hauteur de 6 000 euros le 29 février 2016, de 848,70 euros le 22 avril 2017 et de 43 000 euros le 30 septembre 2017 et d'autre part de Mme D C à hauteur de 15 000 euros le 15 mars 2017 et de 1 794,78 euros le 18 mai 2017.
6. Par suite, les conclusions tendant à obtenir la décharge des impositions supplémentaires à raison des rectifications précitées qui ont été abandonnées et qui n'ont ainsi pas fait l'objet d'une mise en recouvrement sont irrecevables dans cette mesure.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
7. Eu égard à l'indépendance des procédures relatives à l'imposition, d'une part de la SARL Entreprise Placoise Plaquiste et d'autre part, de M. B et Mme D C, ces derniers ne sauraient utilement invoquer, au soutien de leur demande de réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux qui leur ont été assignées, l'annulation par le service de la proposition de rectification du 26 juillet 2019 notifiée à la société et son remplacement, postérieurement à celles qui leur ont été notifiées, par une nouvelle proposition de rectification. Ce moyen ne peut ainsi qu'être écarté.
Sur le bien-fondé du surplus des impositions en litige :
8. Aux termes du 1 de l'article 109 du code général des impôts : " Sont considérés comme revenus distribués : () / 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices ". Il résulte de ces dispositions que les sommes inscrites au crédit d'un compte courant d'associé d'une société soumise à l'impôt sur les sociétés ont, sauf preuve contraire apportée par l'associé titulaire du compte, le caractère de revenus imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.
9. À la suite des décisions d'admission partielle rappelées au point 5 du présent jugement, seule reste en litige l'inscription le 15 septembre 2017 d'une somme de 2 500 euros au crédit du compte courant d'associé de M. B dans les livres de la SARL Entreprise Placoise Plaquiste.
10. À défaut de justification apportée par M. B quant à cette comptabilisation, le service a regardé cette somme comme étant un revenu distribué imposable dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement du 2o du 1. de l'article 109 du code général des impôts.
11. M. B qui ne démontre pas qu'il n'a pas pu avoir la disposition de cette somme ou qu'elle ne correspond pas à la mise à disposition d'un revenu n'est pas fondé à demander la décharge des impositions supplémentaires qui en ont résulté sur le fondement des dispositions précitées du code général des impôts.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de M. B et de Mme D C doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1 er : Les requêtes nos 2202983, 2203086 et 2203087 de M. B et de Mme D C sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Mme E D C et à la directrice départementale des finances publiques de la Somme.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
M. Menet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition le 30 mai 2024.
Le rapporteur,
Signé
M. Menet
Le président,
Signé
B. Boutou La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2202983, 2203086 et 2203087
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026