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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2202997

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2202997

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2202997
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère Chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Amiens a rejeté la requête de Mme B contestant le refus de l'Agence de services et de paiement (ASP) de lui accorder la prime à la conversion. Le tribunal a jugé que l'ASP avait légalement considéré son dossier comme incomplet, car elle avait fourni son avis d'imposition sur les revenus de 2020 au lieu de celui de 2019, comme l'exigeait l'arrêté du 29 décembre 2017. En application de l'article 3 de cet arrêté, l'ASP était fondée à refuser la demande après une mise en demeure de régularisation restée sans effet. Les conclusions à fin d'annulation, d'injonction et celles relatives aux frais de justice ont donc été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 6 septembre 2022, le président du tribunal administratif de Limoges a transmis au tribunal administratif d'Amiens le dossier de la requête de Mme A B.

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 22 septembre 2021 et 8 décembre 2023, Mme B demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 22 juin 2021 par laquelle l'Agence de services et de paiement lui a demandé de fournir, dans un délai de trente jours, des pièces complémentaires au soutien de sa demande d'octroi de l'aide à l'achat ou à la location de véhicules peu polluants dite prime à la conversion ;

2°) d'annuler la décision révélée au plus tard le 20 octobre 2021 par laquelle l'Agence de services et de paiement a rejeté sa demande d'octroi de cette aide ;

3°) d'enjoindre à l'Agence de services et de paiement de réexaminer sa demande dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Agence de services et de paiement une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.

Elle soutient que :

- les décisions attaquées méconnaissent l'article D. 251-3 du code de l'énergie dès lors que son dossier était complet et comportait notamment son avis d'imposition sur les revenus qu'elle avait perçus en 2020 mentionnant son revenu fiscal de référence ;

- elle remplit l'ensemble des conditions pour bénéficier de la prime qu'elle a sollicitée.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 5 janvier et 11 octobre 2022, l'Agence de services et de paiement conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;

- les décisions attaquées auraient pu être fondées sur les circonstances que le formulaire de demande ne comportait pas le numéro de rue et que le certificat de destruction n'était pas correctement renseigné ;

- suite à l'introduction de la requête, elle a tenté, sans succès, de réinstruire le dossier de Mme B.

Vu :

- le code de l'énergie ;

- l'arrêté du 29 décembre 2017 relatif aux modalités de gestion des aides à l'acquisition et à la location des véhicules peu polluants ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Richard, rapporteur,

- les conclusions de M. Liénard, rapporteur public,

- et les observations de Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Le 9 juin 2021, Mme B a demandé à bénéficier de l'aide à l'achat ou à la location de véhicules peu polluants dite prime à la conversion. L'Agence de services et de paiement l'a invitée à compléter sa demande par un courrier du 22 juin 2021 dans un délai de trente jours puis l'a rejetée par une décision révélée au plus tard le 20 octobre 2021. Par sa requête, Mme B demande l'annulation de ces décisions.

2. D'une part, aux termes de l'article D. 521-3 du code de l'énergie, dans sa rédaction applicable à la demande de Mme B : " I.-Une aide dite prime à la conversion est attribuée () à toute personne physique () qui acquiert () un véhicule automobile terrestre à moteur () II.-Cette aide est attribuée lorsque cette acquisition ou cette location s'accompagne du retrait de la circulation, à des fins de destruction, d'un véhicule () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 29 décembre 2017 relatif aux modalités de gestion des aides à l'acquisition et à la location des véhicules peu polluants : " () La demande de versement transmise à l'Agence de services et de paiement est accompagnée des données suivantes : / () 3° Dans le cas d'une demande de prime à la conversion prévue à l'article D. 251-3 du code de l'énergie : a) Identité du demandeur : / - une preuve de l'identité du demandeur ; / () - le cas échéant, la preuve d'une cotisation nulle de l'impôt sur le revenu de l'année précédant l'acquisition ou la location du véhicule, ou les éléments d'identification de l'avis d'impôt sur le revenu de l'année précédant l'acquisition ou la location du véhicule, () c) Véhicule mis au rebut : / () - la date de prise en charge pour destruction ; () ".

4. Enfin, aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 29 décembre 2017 relatif aux modalités de gestion des aides à l'acquisition et à la location des véhicules peu polluants : " L'Agence de services et de paiement instruit les demandes d'aide mentionnées à l'article 1er du présent arrêté. En cas de dossier incomplet, elle en informe par lettre simple ou courriel le demandeur et l'invite à compléter son dossier dans un délai de trente jours. A défaut de régularisation, la demande d'aide est refusée par l'Agence de services et de paiement. () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que Mme B, qui a acquis le véhicule pour lequel elle demande l'aide en litige le 17 mai 2021, a fourni à l'appui de sa demande son avis d'impôt portant sur les revenus qu'elle avait perçus durant l'année 2020 alors qu'était exigible, aux termes des dispositions citées au point 3, l'avis relatif à ses revenus de l'année 2019. Dès lors, l'Agence de services et de paiement a légalement pu considérer que le dossier de l'intéressée était incomplet et rejeter sa demande d'aide sur le fondement des dispositions précitées de l'article 3 de l'arrêté du 29 décembre 2017 relatif aux modalités de gestion des aides à l'acquisition et à la location des véhicules peu polluants.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées, sans qu'y fasse obstacle la circonstance éventuelle qu'elle remplisse les autres critères pour bénéficier de l'aide qu'elle avait sollicitée. Par suite, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que ses conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'Agence de services et de paiement.

Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Lebdiri, président,

- M. Fumagalli, conseiller,

- M. Richard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.

Le rapporteur,

Signé

J. Richard

Le président,

Signé

S. Lebdiri

La greffière,

Signé

M.-A. Boignard

La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

No 2202997

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