LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2203093

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2203093

jeudi 7 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2203093
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSCP SAIDJI & MOREAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 septembre 2022, Mme B C épouse A, représentée par Me de la Royère, demande au tribunal :

1°) avant dire droit, d'ordonner une expertise médicale ;

2°) de condamner le centre hospitalier universitaire (CHU) Amiens-Picardie à lui payer la somme provisionnelle de 5 000 euros en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi en raison de sa prise en charge par cet établissement de santé';

3°) de déclarer commun et opposable le jugement à intervenir à la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de l'Oise ayant reçu délégation de la CPAM de la Somme.

Elle soutient que la responsabilité du CHU Amiens-Picardie est engagée à raison de sa prise en charge fautive dans cet établissement public de santé.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 novembre 2022, le CHU Amiens-Picardie, représenté par la SCP Lebègue-Derbise, demande au tribunal :

1°) de constater qu'il ne s'oppose pas à la mise en œuvre d'une expertise médicale ;

2°) de rejeter la demande de condamnation provisionnelle.

Il fait valoir que les dommages procèdent non de sa faute mais d'un accident médical non fautif, une fistule jéjunale, complication connue de l'intervention subie par la patiente.

Par deux mémoires en défense enregistrés les 26 et 29 avril 2024, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par la SCP Saidji et Moreau, demande au tribunal :

1°) de constater qu'il ne s'oppose pas à la mise en œuvre d'une expertise médicale ;

2°) de rejeter toute demande de condamnation provisionnelle qui serait regardée comme dirigée à son encontre.

La requête a été transmise à la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de l'Oise qui n'a pas produit d'observations.

Par ordonnance du 22 mars 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 mai 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Sako, conseillère,

- les conclusions de M. Menet, rapporteur public,

- et les observations de Me Denys, représentant le CHU Amiens-Picardie.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C épouse A, alors âgée de 59 ans, a subi le 14 décembre 2016 au CHU Amiens-Picardie une intervention chirurgicale consistant en un court-circuit gastrique par voie cœlioscopique. En raison de complications objectivées par des scanners abdomino-pelviens du 17 décembre 2016, une laparotomie exploratrice était mise en œuvre le 18 décembre 2016, mettant en évidence une péritonite purulente généralisée. La patiente a alors bénéficié d'un lavage péritonéal, d'une résection de l'anastomose au pied de l'anse, de deux anastomoses grêlo-grêliques, d'une jéjunostomie d'alimentation et d'un drainage du pelvis et de la fosse iliaque gauche par Blake. Par la présente requête, Mme C épouse A demande au tribunal la réparation de ses préjudices résultant de sa prise en charge au CHU Amiens-Picardie.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne le principe de responsabilité :

2. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : "'La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision°".

3. Malgré les pièces médicales produites, l'état du dossier ne permet pas au tribunal administratif d'apprécier si les conditions d'engagement de la responsabilité du CHU Amiens-Picardie sont réunies ni d'évaluer l'étendue des préjudices allégués. Dès lors, il y a lieu, avant de statuer sur la requête de Mme C épouse A, d'ordonner une expertise sur ces points.

En ce qui concerne la demande provisionnelle :

4. Le juge du fond peut accorder une provision au créancier qui l'a saisi d'une demande indemnitaire lorsqu'il constate qu'un agissement de l'administration a été à l'origine d'un préjudice et que, dans l'attente des résultats d'une expertise permettant de déterminer l'ampleur de celui-ci, il est en mesure de fixer un montant provisionnel dont il peut anticiper qu'il restera inférieur au montant total qui sera ultérieurement défini.

5. En l'état de l'instruction, le tribunal ne dispose pas des éléments permettant d'établir la certitude de la créance alléguée par Mme C épouse A. En conséquence, les conclusions tendant au versement d'une indemnité provisionnelle doivent être rejetées.

Sur la déclaration de jugement commun et opposable à la CPAM de l'Oise :

6. Aux termes des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () L'intéressé ou ses ayants droit doivent indiquer, en tout état de la procédure, la qualité d'assuré social de la victime de l'accident ainsi que les caisses de sécurité sociale auxquelles celle-ci est ou était affiliée pour les divers risques. Ils doivent appeler ces caisses en déclaration de jugement commun ou réciproquement. À défaut du respect de l'une de ces obligations, la nullité du jugement sur le fond pourra être demandée pendant deux ans, à compter de la date à partir de laquelle ledit jugement est devenu définitif, soit à la requête du ministère public, soit à la demande des caisses de sécurité sociale intéressées ou du tiers responsable, lorsque ces derniers y auront intérêt () ". Il résulte des termes mêmes de ces dispositions que la caisse doit être appelée en déclaration de jugement commun dans l'instance ouverte par la victime contre le tiers responsable, le juge étant, le cas échéant, tenu de mettre en cause d'office la caisse si elle n'a pas été appelée en déclaration de jugement commun.

7. En l'espèce, il n'y a pas lieu de déclarer le présent jugement commun et opposable à la CPAM de l'Oise, cette dernière ayant été régulièrement mise en cause dans la présente instance. Par suite, les conclusions présentées en ce sens par la requérante doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1 er : Il sera, avant de statuer sur la requête de Mme C épouse A procédé à une expertise médicale. L'expert sera désigné par la présidente du tribunal administratif et aura pour mission de :

1°) se faire communiquer tous documents utiles relatifs à l'état de santé de Mme C épouse A et prendre connaissance de son entier dossier médical se rapportant à sa prise en charge par le CHU Amiens-Picardie ; convoquer et entendre contradictoirement les parties, après qu'elles auront eu communication de ces documents ; entendre toute personne qu'il estimera utile ;

2°) procéder, en tant que besoin, à l'examen clinique de Mme C épouse A et rappeler son état de santé antérieur ;

3°) décrire les conditions de la prise en charge litigieuse ;

4°) dire si les soins et actes médicaux ont été attentifs, diligents et conformes aux règles de l'art et aux données acquises de la science médicale après avoir réuni tous éléments devant permettre de déterminer si des erreurs, manquements ou négligences ont été commis dans l'établissement du diagnostic, l'accomplissement des soins, ainsi, éventuellement, que dans le fonctionnement ou l'organisation du service ;

5°) se prononcer sur l'origine des conséquences dommageables subies en distinguant, le cas échéant, celles dont la cause ne serait pas imputable à la prise en charge litigieuse ; dire, le cas échéant, si elles sont la conséquence d'un accident médical non fautif, d'une affection iatrogène ou d'une infection nosocomiale ; déterminer si elles présentent un lien de causalité direct et certain avec la prise en charge litigieuse et dire si ce lien de causalité est exclusif ou si d'autres actes ou causes ont pu contribuer aux dommages et indiquer la part imputable à chacune des causes ;

6°) indiquer si l'état de santé du patient a pu favoriser ou contribuer à la survenue des conséquences dommageables subies ;

7°) déterminer le contenu et l'étendue de l'information délivrée sur les risques des actes médicaux subis de telle sorte que, pour le cas où un défaut d'information serait relevé, ce manquement puisse être apprécié au regard de l'obligation qui pesait sur les praticiens hospitaliers au moment des faits litigieux ;

8°) indiquer si le ou les manquement(s) éventuellement constaté (s) a/ont fait perdre à l'intéressée une chance de voir son état de santé s'améliorer ou d'éviter de le voir se dégrader ; préciser la ou les perte(s) de chance (pourcentage ou coefficient), le cas échéant ;

9°) dire si l'état de santé de Mme C épouse A est consolidé et, le cas échéant, fixer la date de consolidation ; dans l'hypothèse où son état de santé ne serait pas consolidé, fixer l'échéance à l'issue de laquelle l'intéressée devra à nouveau être examinée ;

10°) déterminer les préjudices éventuels résultant de la prise en charge litigieuse, à l'exception de tout état antérieur ou de l'évolution normale ou prévisible de la pathologie initiale ou de toute cause étrangère ou pathologies intercurrentes, en particulier ;

I- préjudices patrimoniaux :

a) préjudices patrimoniaux temporaires (avant consolidation) : dépenses de santé actuelles, frais divers, pertes de gains professionnels actuels et assistance par tierce personne ;

b) préjudices patrimoniaux permanents (après consolidation) : dépenses de santé futures, frais de logement ou de véhicule adaptés, assistance par tierce personne, pertes de gains professionnels futurs, incidence professionnelle et préjudice scolaire, universitaire ou de formation ;

II- préjudices extra-patrimoniaux :

a) préjudices extra-patrimoniaux temporaires (avant consolidation) : déficit fonctionnel temporaire et, en les évaluant sur une échelle de 1 à 7, souffrances endurées et préjudice esthétique temporaire ;

b) préjudices extra-patrimoniaux permanents (après consolidation) : déficit fonctionnel permanent, préjudice d'agrément, souffrances endurées et préjudice esthétique permanent en lesévaluant sur une échelle de 1 à 7, préjudice sexuel et préjudice d'établissement ;

11°) de manière générale, fournir au tribunal tous éléments susceptibles de lui permettre de statuer sur le recours en responsabilité.

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il prêtera serment par écrit devant le greffier en chef du tribunal. L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal en deux exemplaires et en notifiera copie aux parties dans le délai fixé par la présidente du tribunal dans sa décision le désignant.

Article 3 : Les frais d'expertise sont réservés pour y être statué en fin d'instance.

Article 4 : Les conclusions présentées par Mme C épouse A aux fins de versement d'une provision et de déclaration de jugement commun et opposable à la CPAM de l'Oise sont rejetées.

Article 5 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C épouse A, au centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie et à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise.

Délibéré après l'audience du 17 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Boutou, président,

Mme Pierre, première conseillère,

Mme Sako, conseillère.

Rendu public par mise à disposition le 7 novembre 2024.

La rapporteure,

Signé

B. Sako

Le président,

Signé

B. Boutou La greffière,

Signé

A. Ribière

La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2203093

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions