jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2203303 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BEJIN - CAMUS - BELOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 14 octobre 2022 et 14 juin 2023, la SARL Éric Suray, représentée par la SCP d'avocats Bejin-Camus-Belot, demande au tribunal de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des pénalités correspondantes qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2018 au 31 mars 2020.
Elle soutient que :
- la procédure d'imposition est irrégulière dès lors qu'elle n'a pu bénéficier d'un débat oral et contradictoire';
- les pénalités pour manquement délibéré sont injustifiées.
Par des mémoires en défense enregistrés les 17 janvier 2023 et 21 mai 2024, la directrice départementale des finances publiques de la Somme conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales';
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Menet, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Éric Suray qui exerce une activité de mécanique générale, carrosserie, tôlerie, peinture, toutes activités se rapportant à l'activité de garagiste, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité, à l'issue de laquelle l'administration fiscale l'a assujettie, selon la procédure de rectification contradictoire à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier 2018 au 31 mars 2020. Par la présente requête, la SARL Éric Suray demande au tribunal de la décharger de ces impositions supplémentaires et des pénalités correspondantes.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. Dans le cas où la vérification de la comptabilité d'une entreprise a été effectuée, soit, comme il est de règle, dans ses propres locaux, soit, si son dirigeant ou représentant l'a expressément demandé, dans les locaux du comptable auprès duquel sont déposés les documents comptables, c'est au contribuable qui allègue que les opérations de vérification ont été conduites sans qu'il ait eu la possibilité d'avoir un débat oral et contradictoire avec le vérificateur de justifier que ce dernier se serait refusé à un tel débat.
3. Il résulte de l'instruction que les opérations de contrôle de la SARL Éric Suray se sont déroulées au siège de la société requérante à la demande du gérant. La société requérante qui se borne à soutenir, sans apporter aucun élément probant, qu'il n'y a eu aucun débat contradictoire en raison du faible nombre d'entrevues, deux en l'espèce, n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, de ce que le vérificateur se serait refusé à tout débat oral et contradictoire. Par suite, la SARL Éric Suray n'est pas fondée à soutenir qu'elle aurait été privée de la garantie correspondante.
Sur les pénalités :
4. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'État entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ". Pour établir la mauvaise foi du contribuable, l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet de ses déclarations et, d'autre part, de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt.
5. Le service a procédé à l'égard de la société requérante à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée collectée à hauteur de la somme globale de 23 389 euros au titre de la période du 1er janvier 2018 au 31 mars 2020. Pour assortir ces droits supplémentaires de la majoration de 40 % prévue par les dispositions précitées, l'administration a relevé que la SARL Éric Suray a procédé régulièrement à des rétentions de taxe sur la valeur ajoutée collectée en ne déclarant pas cette taxe sur la valeur ajoutée mais en la comptabilisation dans six comptes " TVA à régulariser ". Outre la multiplicité et l'importance des omissions et insuffisances déclaratives, le service a retenu que la société requérante avait déjà fait l'objet de rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour les mêmes motifs au titre d'une précédente vérification de comptabilité.
6. Pour contester l'intentionnalité de ces manquements, la société requérante ne peut utilement soutenir que ces manquements, omissions et insuffisances déclaratives étaient comptabilisés par son expert-comptable et non dissimulés.
7. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve, qui lui incombe, du caractère délibéré des manquements commis par la SARL Éric Suray justifiant l'application de la majoration de l'article 1729 du code général des impôts.
D É C I D E :
Article 1 er : La requête de la SARL Éric Suray est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Éric Suray et à la directrice départementale des finances publiques de la Somme.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
M. Menet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition le 13 juin 2024.
Le rapporteur,
Signé
M. Menet
Le président,
Signé
B. Boutou La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2203303
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