lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2203306 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | LEQUILLERIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 octobre 2022, la SARL Jet Pro Racing, représentée par Me Lequillerier, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler les décisions des 30 juin 2021, 15 juillet 2021 et 10 mars 2022 lui refusant l'aide exceptionnelle, demandée pour un montant de 51 649 euros, pour le mois de mai 2021 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, ensemble la décision du 2 septembre 2022 par laquelle le directeur départemental des finances publiques des finances publiques de l'Oise a rejeté son recours gracieux dirigé à l'encontre de ces décisions ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 51 649 euros au titre du mois de mai 2021 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle remplit les conditions d'éligibilité pour bénéficier de l'aide à hauteur de 51 649 euros au titre du mois de mai 2021, dès lors qu'elle n'a pas été autorisée à reprendre son activité au cours du mois de mai 2021 et qu'elle a subi une perte de son chiffre d'affaires de 50,11% au titre de ce mois par rapport à celui réalisé au titre de mai 2019.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 novembre 2022, l'administratrice générale des finances publiques chargée de la direction des grandes entreprises conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que la SARL Jet Pro Racing n'exerce pas une activité relevant de l'annexe 1 ou 2 du décret n°2020-371 du 30 mars modifié dans sa rédaction en vigueur pour le mois de mai 2021 et qu'elle ne justifie pas avoir subi d'interdiction d'accueil du public au cours du mois de mai 2021.
Par une ordonnance du 15 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 14 avril 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Gars, conseiller ;
- les conclusions de Mme Minet, rapporteure publique,
- et les observations de par Me Lequillerier, représentant la société Jet Pro Racing.
Considérant ce qui suit :
1. La société Jet Pro Racing, qui exploite un magasin de vente, de location et de réparation de bateaux, demande au tribunal d'annuler les décisions des 30 juin 2021, 15 juillet 2021 et 10 mars 2022 lui refusant l'aide exceptionnelle, demandée pour un montant de
51 649 euros pour le mois de mai 2021, au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, ensemble la décision du 2 septembre 2022 par laquelle le directeur général des finances publiques a rejeté son recours gracieux dirigé à l'encontre de ces décisions. Elle demande également de condamner l'Etat à lui verser cette aide.
2. Aux termes de l'article 1er de l'ordonnance du 25 mars 2020 portant création d'un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation : " Il est institué, jusqu'au 31 décembre 2020, un fonds de solidarité ayant pour objet le versement d'aides financières aux personnes physiques et morales de droit privé exerçant une activité économique particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation du covid-19 et des mesures prises pour en limiter la propagation () ". L'article 3 de la même ordonnance dispose : " Un décret fixe le champ d'application du dispositif, les conditions d'éligibilité et d'attribution des aides, leur montant ainsi que les conditions de fonctionnement et de gestion du fonds () ".
3. Aux termes de l'article 3-27 du décret du 30 mars 2020 modifié relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation, applicable aux demandes concernant le mois de mai 2021 dispose : " I.-A.-Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 16 octobre 2020 précité ou du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 29 octobre 2020 précité, bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de mai 2021, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : 1° Elles ont fait l'objet : a) D'une interdiction d'accueil du public sans interruption du 1er mai 2021 au 31 mai 2021 et ont subi une perte de chiffre d'affaires, y compris le chiffre d'affaires réalisé sur les activités de vente à distance, avec retrait en magasin ou livraison, ou sur les activités de vente à emporter, d'au moins 20 % durant la période comprise entre le 1er mai 2021 et le 31 mai 2021 ;b) D'une interdiction d'accueil du public entre le 1er mai 2021 et le 31 mai 2021 et ont subi une perte de chiffre d'affaires, y compris le chiffre d'affaires réalisé sur les activités de vente à distance, avec retrait en magasin ou livraison, ou sur les activités de vente à emporter, d'au moins 20 % durant la période comprise entre le 1er mai 2021 et le 31 mai 2021 ; () 2° Ou elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er mai 2021 et le 31 mai 2021 et elles appartiennent à l'une des cinq catégories suivantes : a) Elles exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 1 dans sa rédaction en vigueur au 11 mars 2021 ; / b) Ou elles exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 2 dans sa rédaction en vigueur au 30 juin 2021 et elles remplissent au moins une des trois conditions suivantes : (). / II.-A.-Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret autres que celles mentionnées au I du présent article bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours du mois de mai 2021, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes :1° Elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant la période comprise entre le 1er mai 2021 et le 31 mai 2021 ;2° Les personnes physiques ou, pour les personnes morales leur dirigeant majoritaire, ne sont pas titulaires, au 1er mai 2021, d'un contrat de travail à temps complet. Cette condition n'est pas applicable si l'effectif salarié annuel de l'entreprise calculé selon les modalités prévues par le I de l'article L. 130-1 du code de la sécurité sociale est supérieur ou égal à un ; 3° L'effectif du groupe est inférieur ou égal à 50 salariés ; 4° Elles ont débuté leur activité avant le 31 janvier 2021. / B.-Les entreprises mentionnées au A perçoivent une subvention égale au montant de la perte de chiffre d'affaires dans la limite de 1 500 euros (). / IV.-La perte de chiffre d'affaires au sens du présent article est définie comme la différence entre, d'une part, le chiffre d'affaires au cours du mois de mai 2021 et, d'autre part, le chiffre d'affaires de référence défini comme : () -le chiffre d'affaires réalisé durant le mois de mai 2019, ou le chiffre d'affaires mensuel moyen de l'année 2019 selon l'option retenue par l'entreprise lors de sa demande au titre du mois de février 2021 ou le cas échéant du mois de mars 2021 si aucune demande n'a été déposée au titre du mois de février 2021 ou le cas échéant du mois d'avril 2021 si aucune demande n'a été déposée au titre des mois de février et de mars 2021 ; ou si le fonds de solidarité n'a pas été demandé au titre du mois de d'avril 2021, le chiffre d'affaires réalisé durant le mois de mai 2019, ou le chiffre d'affaires mensuel moyen de l'année 2019 () ".
4. Pour refuser l'aide sollicitée par la société Jet Pro Racing au titre du mois de mai 2021, l'administration s'est fondée, d'une part, aux termes de ses décisions du 30 juin 2021 et du 15 juillet 2021, sur la circonstance que le chiffre d'affaires de référence dont la société se prévaut ne correspond pas aux informations en sa possession et, d'autre part, aux termes de sa décision du 10 mars 2022, sur la circonstance qu'elle n'exerce pas une activité visée aux annexes 1 et 2 du décret n°2020-371 du 30 mars 2020 et qu'elle n'a pas fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public, de même qu'aux termes de la décision du 2 septembre 2022 rejetant le recours gracieux de la société requérante.
5. D'une part, il ressort des pièces du dossier, dont notamment du formulaire de demande d'aide au titre du mois de mai 2021 rempli et versé aux débats par la requérante, qu'elle n'exerce pas une activité relevant de l'annexe 1 ou 2 du décret n°2020-371 du 30 mars modifié dans sa rédaction applicable aux demandes de fonds de solidarité au titre du mois de mai 2021. D'autre part, si la société Jet Pro Racing soutient qu'elle n'a pas été autorisée à exercer son activité au cours du mois de mai 2021 ou qu'elle n'a pas pu accueillir du public à cette période, il ne ressort toutefois d'aucune pièce du dossier qu'elle aurait alors fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public portant sur cette période. Dans ces conditions, la société Jet Pro Racing ne satisfait pas aux conditions lui permettant de prétendre à l'octroi de l'aide demandée à hauteur de 51 649 euros pour le mois de mai 2021. Par suite, alors que ce motif doit en tout état de cause être substitué en tant que de besoin à celui des décisions attaquées qui ne se fonderaient pas sur cette circonstance, les conclusions de la société requérante tendant à l'annulation de ces décisions doivent être rejetées, sans qu'il soit le cas échéant besoin de statuer sur leur recevabilité.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la société Jet Pro Racing doit être rejetée, en ce compris ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Jet Pro Racing est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Jet Pro Racing et au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.
Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 5 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Thérain, président,
Mme Rondepierre, première conseillère,
M. Le Gars, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.
Le rapporteur,
signé
V. Le Gars
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
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