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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2203401

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2203401

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2203401
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantAYDIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par cette requête, enregistrée le 25 octobre 2022, la SARL RMB Construction, représentée par Me Aydin, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler la décision du 22 juillet 2022 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis à sa charge la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail pour un montant de 7 520 euros et la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement prévue à l'article L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile d'un montant de 2 309 euros ;

2°) d'annuler les titres exécutoires du 2 septembre 2022 par lesquels le directeur général de l'OFII a mis à sa charge ces mêmes sommes ;

3°) à titre subsidiaire, de réduire le montant des contributions mises à sa charge ;

4°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision du 22 juillet 2022 a été prise au terme d'une procédure méconnaissant notamment les dispositions de l'article R. 8253-3 du code du travail dès lors qu'elle n'a pas reçu le courrier du 31 mai 2022 et n'a, en conséquence, pas été invitée à présenter ses observations ;

- le montant de la contribution spéciale qui lui a été appliquée est erroné eu égard aux dispositions du III de l'article R. 8253-2 du code du travail ;

- la décision attaquée est disproportionnée alors qu'elle avait entrepris des démarches de régularisation du salarié dont l'emploi lui est reproché ;

- les titres exécutoires du 2 septembre 2022 sont illégaux en raison de l'illégalité de la décision du 22 juillet 2022.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mars 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un courrier du 7 mai 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen d'ordre public tiré de ce que la section 2 du chapitre II du titre II du livre VIII du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, base légale de la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement qui a été appliquée à la société RMB Construction, a été abrogée par l'article 34 de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code du travail ;

- loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Richard, rapporteur,

- et les conclusions de M. Liénard, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Le 28 février 2022, les services de gendarmerie ont effectué un contrôle sur un chantier situé sur le territoire de la commune de Rieux et a constaté que M. A, ressortissant pakistanais, en situation de travail pour le compte de la SARL RMB Construction, était démuni de titre l'autorisant à travailler et à séjourner en France. Par une décision du 22 juillet 2022, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis à la charge de la société RMB Construction la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail pour un montant de 7 520 euros et la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement prévue à l'article L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile d'un montant de 2 309 euros. Le 2 septembre 2022, deux titres exécutoires ont été émis en vue de percevoir ces sommes. La société RMB Construction demande au tribunal, à titre principal, d'annuler la décision du 22 juillet 2022 et les titres exécutoires du 2 septembre 2022 et, à titre subsidiaire, de réduire les montants des contributions qui ont été mises à sa charge.

Sur la légalité de la décision d'infliger la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement et du titre exécutoire associé :

2. Aux termes de l'article L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction appliquée par l'OFII: " Sans préjudice des poursuites judiciaires qui peuvent être engagées à son encontre et de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, l'employeur qui a occupé un travailleur étranger en situation de séjour irrégulier acquitte une contribution forfaitaire représentative des frais d'éloignement du territoire français de cet étranger ".

3. Aux termes du VII de l'article 34 de la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration : " La section 2 du chapitre II du titre II du livre VIII du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est abrogée ". Aux termes de l'article L. 8253-1 du code du travail, dans sa rédaction issue de la loi du 26 janvier 2024, applicable à compter du 28 janvier 2024 : " Le ministre chargé de l'immigration prononce, au vu des procès-verbaux et des rapports qui lui sont transmis en application de l'article L. 8271-17, une amende administrative contre l'auteur d'un manquement aux articles L. 8251-1 et L. 8251-2, sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre. / Lorsqu'il prononce l'amende, le ministre chargé de l'immigration prend en compte, pour déterminer le montant de cette dernière, les capacités financières de l'auteur d'un manquement, le degré d'intentionnalité, le degré de gravité de la négligence commise et les frais d'éloignement du territoire français du ressortissant étranger en situation irrégulière. / Le montant de l'amende est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. Il peut être majoré en cas de réitération et est alors, au plus, égal à 15 000 fois ce même taux. / L'amende est appliquée autant de fois qu'il y a d'étrangers concernés. / Lorsque sont prononcées, à l'encontre de la même personne, une amende administrative en application du présent article et une sanction pénale en application des articles L. 8256-2, L. 8256-7 et L. 8256-8 à raison des mêmes faits, le montant global des amendes prononcées ne dépasse pas le maximum légal le plus élevé des sanctions encourues. / () ".

4. Un juge, saisi d'une contestation portant sur une sanction que l'administration inflige à un administré, se prononçant comme juge de plein contentieux, il lui appartient de prendre une décision qui se substitue à celle de l'administration et, le cas échéant, de faire application d'une loi nouvelle plus douce entrée en vigueur entre la date à laquelle l'infraction a été commise et celle à laquelle il statue.

5. Les dispositions précitées du VII de l'article 34 de la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration ont abrogé les dispositions de la section 2 du chapitre II du titre II du livre VIII du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, section qui comprenait les articles L. 822-2 et L. 822-3 de ce code relatifs à la contribution forfaitaire représentative des frais d'éloignement du territoire français. Le coût des frais d'éloignement du territoire français du ressortissant étranger en situation irrégulière est devenu, aux termes du nouvel article L. 8253-1 du code du travail précité, un critère d'appréciation du montant de l'amende administrative remplaçant la contribution spéciale.

6. Dès lors que la base juridique de la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement qui a été appliquée à la société RMB Construction a été abrogée, il convient de prononcer l'annulation de la décision du 22 juillet 2022 en tant qu'elle met à la charge de cette société cette contribution et, par voie de conséquence, du titre exécutoire portant sur la somme correspondante, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens que la requérante présente à l'appui de ses conclusions portant sur cette décision et ce titre exécutoire.

Sur la légalité de la décision d'infliger la contribution spéciale et du titre exécutoire associé :

7. En premier lieu, aux termes de l'article L. 8253-1 du code du travail, dans sa rédaction appliquée par l'office français de l'immigration et de l'intégration : " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale. Le montant de cette contribution spéciale est déterminé dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. Il est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. Ce montant peut être minoré en cas de non-cumul d'infractions ou en cas de paiement spontané par l'employeur des salaires et indemnités dus au salarié étranger non autorisé à travailler mentionné à l'article R. 8252-6. Il est alors, au plus, égal à 2 000 fois ce même taux. Il peut être majoré en cas de réitération et est alors, au plus, égal à 15 000 fois ce même taux. () ".

8. Eu égard aux conditions dans lesquelles la contribution spéciale était susceptible d'être minorée dans la précédente version de l'article L. 8253-1 du code du travail, citée au point 2, le même article, dans sa rédaction issue de la loi du 26 janvier 2024, citée au point 3, ne constitue pas une disposition nouvelle plus douce. Dès lors, il ne convient pas d'en faire application pour statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision d'appliquer la contribution spéciale à la société RMB Construction.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 8253-3 du code du travail : " Au vu des procès-verbaux qui lui sont transmis en application de l'article L. 8271-17, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration indique à l'employeur, par lettre recommandée avec avis de réception ou par tout autre moyen permettant de faire la preuve de sa date de réception par le destinataire, que les dispositions de l'article L. 8253-1 sont susceptibles de lui être appliquées et qu'il peut présenter ses observations dans un délai de quinze jours ".

10. Il résulte de l'instruction que le courrier du 31 mai 2022 informant la société RMB Construction que les dispositions de l'article L. 8253-1 étaient susceptibles de lui être appliquées et qu'elle pouvait présenter ses observations dans un délai de quinze jours a été distribué à la requérante le 3 juin 2022. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point précédent doit être écarté.

11. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 8253-1 du code du travail : " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale. Le montant de cette contribution spéciale est déterminé dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. Il est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. Ce montant peut être minoré en cas de non-cumul d'infractions ou en cas de paiement spontané par l'employeur des salaires et indemnités dus au salarié étranger non autorisé à travailler mentionné à l'article R. 8252-6. Il est alors, au plus, égal à 2 000 fois ce même taux. Il peut être majoré en cas de réitération et est alors, au plus, égal à 15 000 fois ce même taux. () ". Aux termes de l'article R. 8253-2 du même code : " I.-Le montant de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 est égal à 5 000 fois le taux horaire, à la date de la constatation de l'infraction, du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. / II.-Ce montant est réduit à 2 000 fois le taux horaire du minimum garanti dans l'un ou l'autre des cas suivants : / 1° Lorsque le procès-verbal d'infraction ne mentionne pas d'autre infraction commise à l'occasion de l'emploi du salarié étranger en cause que la méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 ; / 2° Lorsque l'employeur s'est acquitté des salaires et indemnités mentionnés à l'article L. 8252-2 dans les conditions prévues par les articles R. 8252-6 et R. 8252-7. / III.-Dans l'hypothèse mentionnée au 2° du II, le montant de la contribution spéciale est réduit à 1 000 fois le taux horaire du minimum garanti lorsque le procès-verbal d'infraction ne mentionne l'emploi que d'un seul étranger sans titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France. () ".

12. D'autre part, aux termes de l'article L. 8252-2 du code du travail : " Le salarié étranger a droit au titre de la période d'emploi illicite : / 1° Au paiement du salaire et des accessoires de celui-ci, conformément aux dispositions légales, conventionnelles et aux stipulations contractuelles applicables à son emploi, déduction faite des sommes antérieurement perçues au titre de la période considérée. A défaut de preuve contraire, les sommes dues au salarié correspondent à une relation de travail présumée d'une durée de trois mois. Le salarié peut apporter par tous moyens la preuve du travail effectué ; / 2° En cas de rupture de la relation de travail, à une indemnité forfaitaire égale à trois mois de salaire, à moins que l'application des règles figurant aux articles L. 1234-5, L. 1234-9, L. 1243-4 et L. 1243-8 ou des stipulations contractuelles correspondantes ne conduise à une solution plus favorable. / () ". Aux termes de l'article R. 8252-6 du même code : " L'employeur d'un étranger non autorisé à travailler s'acquitte par tout moyen, dans le délai mentionné à l'article L. 8252-4, des salaires et indemnités déterminés à l'article L. 8252-2. / Il remet au salarié étranger sans titre les bulletins de paie correspondants, un certificat de travail ainsi que le solde de tout compte. Il justifie, auprès de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, par tout moyen, de l'accomplissement de ses obligations légales ". Aux termes de l'article R. 8252-7 du même code : " Lorsque le salarié étranger est placé en rétention administrative, est assigné à résidence ou n'est déjà plus sur le territoire national, son employeur s'acquitte des sommes déterminées à l'article L. 8252-2, dans le délai mentionné à l'article L. 8252-4, auprès de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, lequel les reverse à l'intéressé ". Aux termes de l'article L. 8252-4 du même code : " Les sommes dues à l'étranger non autorisé à travailler, dans les cas prévus aux 1° à 3° de l'article L. 8252-2, lui sont versées par l'employeur dans un délai de trente jours à compter de la constatation de l'infraction. Lorsque l'étranger est placé en rétention administrative en application des articles L. 740-1 ou L. 751-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou assigné à résidence en application des articles L. 731-1 ou L. 751-2 du même code ou lorsqu'il n'est plus sur le territoire national, ces sommes sont déposées sous le même délai auprès d'un organisme désigné à cet effet, puis reversées à l'étranger. () ".

13. S'il est constant que la société RMB Construction a payé les salaires et les charges du salarié dont l'emploi lui est reproché jusqu'en avril 2022, elle n'établit pas avoir payé l'ensemble des sommes dues à l'intéressé, dans les formes et délais prescrits pour pouvoir bénéficier des dispositions du III de l'article R. 8253-2 du code du travail. Dès lors, le montant de la contribution spéciale qui a été appliquée à la société RMB Construction n'est pas erroné au regard de ces dernières dispositions.

14. En quatrième lieu, s'il ne saurait interdire de fixer des règles assurant une répression effective des infractions, le principe de nécessité des peines découlant de l'article 8 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 implique qu'une sanction administrative ayant le caractère d'une punition ne puisse être appliquée que si l'autorité compétente la prononce expressément en tenant compte des circonstances propres à chaque espèce. Il appartient au juge administratif, lorsqu'il est saisi comme juge de plein contentieux d'une contestation portant sur une sanction prononcée sur le fondement de l'article L. 8253-1 du code du travail, d'examiner tant les moyens tirés des vices propres de la décision de sanction que ceux mettant en cause le bien-fondé de cette décision et de prendre, le cas échéant, une décision qui se substitue à celle de l'administration. Celle-ci devant apprécier, au vu notamment des observations éventuelles de l'employeur, si les faits sont suffisamment établis et, dans l'affirmative, s'ils justifient l'application de cette sanction administrative, au regard de la nature et de la gravité des agissements et des circonstances particulières à la situation de l'intéressé, le juge peut, de la même façon, après avoir exercé son plein contrôle sur les faits invoqués et la qualification retenue par l'administration, tant s'agissant du manquement que de la proportionnalité de la sanction, maintenir la contribution, au montant fixé de manière forfaitaire ou en décharger l'employeur.

15. Si la société RMB Construction soutient avoir appuyé les démarches pour obtenir un titre de séjour du salarié dont l'emploi lui est reproché, elle ne produit qu'un courrier à la préfecture en ce sens datant du 29 mai 2022, postérieurement au contrôle ayant débouché sur la mise à sa charge de la contribution spéciale. Par ailleurs, le société RMB Construction ne produit aucun élément quant à sa situation financière. Dans ces conditions, le moyen tiré de la disproportion de la décision attaquée doit être écarté.

16. En cinquième et dernier lieu, il résulte de ce qui précède que la société RMB Construction n'est pas fondée à soutenir que le titre exécutoire du 2 septembre 2022 portant sur la contribution spéciale est illégal en raison de l'illégalité de la décision du 22 juillet 2022.

17. Il résulte de ce qui précède que la société RMB Construction n'est fondée à demander ni l'annulation de la décision du 22 juillet 2022 en tant qu'elle lui applique la contribution spéciale, ni la réduction du montant de cette dernière, ni l'annulation du titre exécutoire du 2 septembre 2022 portant sur la contribution spéciale.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

18. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'OFII, la somme demandée par la société RMB Construction sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 22 juillet 2022 est annulée en tant qu'elle met à la charge de la société RMB Construction une contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement d'un montant de 2 309 euros.

Article 2 : Le titre exécutoire du 2 septembre 2022 par lequel le directeur général de l'OFII a mis à la charge de la société RMB Construction une contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement prévues à l'article L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile d'un montant de 2 309 euros est annulé.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SARL RMB Construction et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Copie en sera adressée, pour information, à la direction départementale des finances publiques de l'Essonne.

Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Lebdiri, président,

- M. Fumagalli, conseiller,

- M. Richard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.

Le rapporteur,

signé

J. Richard

Le président,

signé

S. Lebdiri

La greffière,

signé

Z. Aguentil

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

No 2203401

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