jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2203426 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 27 octobre 2022, le président du tribunal administratif de Rouen a transmis au tribunal administratif d'Amiens le dossier de la requête de M. A B.
Par une requête, enregistrée le 29 septembre 2022, M. B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 30 mars 2022 par laquelle l'Agence de services et de paiement a rejeté sa demande d'octroi de l'aide à l'achat ou à la location de véhicules peu polluants dite prime à la conversion.
Il soutient que :
- la décision attaquée est illégale dès lors que le véhicule qu'il a acquis a été livré et payé le 8 septembre 2021 et qu'ainsi, sa demande a été présentée dans le délai prévu à l'article D. 251-13 du code de l'énergie ;
- cette décision est illégale dès lors que sa demande aurait dû être regardée comme présentée dans le délai prévu à l'article D. 251-13 du code de l'énergie, sous peine de méconnaitre le principe d'égalité ;
- il remplit l'ensemble des critères pour bénéficier de la prime qu'il a sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 janvier 2023, l'Agence de services et de paiement conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 10 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 14 mars 2023.
M. B a produit des mémoires les 23 mai, 30 août et 4 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'énergie ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard, rapporteur,
- et les conclusions de M. Liénard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a acquis un véhicule le 31 août 2021 et a demandé, le 3 mars 2022, à bénéficier de l'aide à l'achat ou à la location de véhicules peu polluants dite prime à la conversion. L'Agence de services et de paiement a rejeté cette demande par une décision du 30 mars 2022. M. B doit être regardé comme demandant l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article D. 251-3 du code de l'énergie, dans sa rédaction applicable à la demande de M. B : " I.- Une aide dite prime à la conversion est attribuée à toute personne physique majeure justifiant d'un domicile en France, dans la limite d'une par personne jusqu'au 1er janvier 2023, ou à toute personne morale justifiant d'un établissement en France et à toute administration de l'Etat qui acquiert ou prend en location, dans le cadre d'un contrat d'une durée supérieure ou égale à deux ans, un véhicule terrestre () / II.-Cette aide est attribuée lorsque cette acquisition ou cette location s'accompagne du retrait de la circulation, à des fins de destruction, d'un véhicule () ". D'autre part, aux termes de l'article D. 251-13 du même code : " Les demandes d'aides prévues aux articles D. 251-1 à D. 251-3 sont formulées au plus tard dans les six mois suivant la date de facturation du véhicule ou, dans le cas d'une location, de versement du premier loyer. () ".
3. Il ressort des dispositions citées au point précédent et des pièces du dossier que le délai imparti à M. B pour présenter sa demande de prime à la conversion a commencé à courir à compter du 31 août 2021, date de la facturation du véhicule qu'il a acquis, sans que n'aient d'incidence les dates de la livraison et de paiement qui ne sont au demeurant pas établies. Par ailleurs, ce délai a été interrompu par la validation de la demande de M. B sur la plateforme électronique dédiée le 3 mars 2022, sans qu'y fassent obstacle la date à laquelle a commencé la saisie de cette demande ou la durée de cette saisie. Dans ces conditions, la demande de l'intéressé n'a pas été présentée dans le délai fixé par les dispositions précitées de l'article D. 251-13 du code de l'énergie.
4. En second lieu, si M. B soutient que le décompte du délai qui lui incombait pour présenter sa demande aurait dû être effectué sur la base de 184 jours, durée moyenne d'une période de 6 mois, pour éviter que les personnes dont la période couverte par ce délai comporte le mois de février ne soient lésées par des délais plus courts, l'Agence de services et de paiement a légalement pu calculer ce délai en mois, ainsi que le prévoit les dispositions précitées de l'article D. 251-13 du code de l'énergie, sans méconnaitre le principe d'égalité.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'Agence de services et de paiement.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Lebdiri, président,
- M. Fumagalli, conseiller,
- M. Richard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. Richard
Le président,
Signé
S. Lebdiri
La greffière,
Signé
M.-A. Boignard
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
No 2203426
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026