lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2203447 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JU3 |
| Avocat requérant | SELARL MEDEAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 octobre 2022, Mme A B, représentée par Me Soublin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 13 septembre 2022 par laquelle le maire de la commune de Saleux a refusé de faire droit à sa demande de communication de divers documents administratifs et comptables présentée dernièrement le 3 juin 2022 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Saleux de lui communiquer les documents sollicités dans le délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saleux la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée méconnait les dispositions combinées des articles L. 300-1,
L. 300-2 et L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration, les documents sollicités étant communicables selon l'avis favorable du 8 septembre 2022 de la commission d'accès aux documents administratifs, et n'ayant pas été communiqués ;
- la décision attaquée méconnait les dispositions combinées des articles L. 2121-13 et
L. 2121-26 du code général des collectivités territoriales.
La requête a été communiquée à la commune de Saleux, qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Wavelet pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Wavelet, magistrat désigné,
- les conclusions de Mme Minet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Justal-Gervais, substituant Me Soublin, représentant
Mme B, ainsi que les observations de Mme B.
La commune de Saleux a produit une note en délibéré le 27 mars 2024.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'une première demande et d'échanges avec les services de la commune de Saleux, Mme B a dernièrement demandé à la maire de cette commune, par un courrier du 3 juin 2022, la communication des documents comptables des années 2019 et 2020, notamment le détail du compte comptable et les factures afférentes, le dossier de la nouvelle école maternelle notamment les plans et les documents financiers afférents, le registre de location des salles communales tenu par le régisseur, le dossier des appels d'offre par la mairie, les contrats de maintenance en vigueur pour les installations et les équipements de la commune, le compte administratif 2021 en cours, les éléments relatifs au budget supplémentaire 2021, les devis, factures, bons et tickets de caisse payés pendant la période du 1er mars 2020 à fin novembre 2021 ainsi que le registre de location des salles pour 2020 et 2021. En raison d'un rejet de sa demande par courrier du 6 juillet 2022, l'intéressée a saisi la commission d'accès aux documents administratifs laquelle a émis, le 8 septembre 2022, un avis favorable à la communication des documents sollicités sous certaines réserves pour certains d'entre eux, et un avis défavorable pour deux d'entre eux en raison de leur caractère inachevé à la date de l'avis tout en précisant qu'ils seront communicables une fois achevés. Mme B demande au tribunal l'annulation de la décision implicite du 13 septembre 2022 par laquelle la maire de la commune de Saleux a refusé de faire droit à sa demande du 3 juin 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Sont considérés comme documents administratifs, au sens des titres Ier, III et IV du présent livre, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'Etat, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de droit public ou les personnes de droit privé chargées d'une telle mission. Constituent de tels documents notamment les dossiers, rapports, études, comptes rendus, procès-verbaux, statistiques, instructions, circulaires, notes et réponses ministérielles, correspondances, avis, prévisions, codes sources et décisions. () ". Aux termes de l'article L. 311-1 de ce code : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre. ". Enfin, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 311-2 du même code : " L'administration n'est pas tenue de donner suite aux demandes abusives, en particulier par leur nombre ou leur caractère répétitif ou systématique ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 2121-26 du code général des collectivités territoriales : " Toute personne physique ou morale a le droit de demander communication des délibérations et des procès-verbaux du conseil municipal, des budgets et des comptes de la commune et des arrêtés municipaux. / Chacun peut les publier sous sa responsabilité. / La communication des documents mentionnés au premier alinéa, qui peut être obtenue aussi bien du maire que des services déconcentrés de l'Etat, intervient dans les conditions prévues par l'article L. 311-9 du code des relations entre le public et l'administration. / () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que, dernièrement par un courrier du 3 juin 2022, Mme B a demandé à la maire de la commune de Saleux la communication des documents administratifs mentionnés au point 1, qui sont des documents administratifs communicables à toute personne qui en fait la demande en application des dispositions précitées de l'article
L. 2121-26 du code général des collectivités territoriales ou de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration. Les documents sollicités, objet la demande de la requérante, ont fait l'objet d'un avis favorable de la Commission d'accès aux documents administratifs le 8 septembre 2022, et il ne ressort pas des pièces du dossier que la commune de Saleux, qui n'a pas produit d'observations en défense avant la clôture de l'instruction, aurait communiqué à l'intéressée l'ensemble des documents concernés. Par suite, Mme B est fondée à soutenir que la maire de la commune de Saleux a méconnu les dispositions des articles L. 2121-26 du code général des collectivités territoriales et L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration en ne lui communiquant pas, en tenant compte des réserves indiquées par l'avis du 8 septembre 2022 de la Commission d'accès aux documents administratifs, les documents sollicités mentionnés au point 1.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision implicite du 13 septembre 2022 par laquelle la maire de la commune de Saleux a refusé de faire droit à sa demande du 3 juin 2022.
Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :
6. Eu égard au motif d'annulation, il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'enjoindre à la commune de Saleux de communiquer à Mme B, dans le délai de deux mois suivant la notification de la présente décision, les documents mentionnés au point 1 qui ne lui auraient pas déjà été communiqués à la date du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Saleux la somme de 1 000 euros demandée par Mme B sur le fondement de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative, et de rejeter le surplus des conclusions à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite du 13 septembre 2022 de la maire de la commune de Saleux est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Saleux de communiquer à Mme B, dans le délai de deux mois suivant la notification de la présente décision, les documents mentionnés au point 1 qui ne lui auraient pas déjà été communiqués à la date du présent jugement.
Article 3 : La commune de Saleux versera à Mme B la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Saleux.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
signé
F. WaveletLa greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026