jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2203549 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | ILIADE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, et des mémoires complémentaires, enregistrés les 8 novembre 2022,
6 juin, 25 juillet et 29 août 2023, la société PBS, représentée par Me Savouret, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'Etat (ministère des armées) à lui verser une somme de
18 405, 98 euros au titre des intérêts moratoires dus en raison des retards de règlement des situations de travaux émises dans le cadre du marché de travaux de réhabilitation lourde et réaménagement de locaux et bureaux sur la base aérienne 110 à Creil, conclu le 16 septembre
2019 ;
2°) de condamner l'Etat (ministère des armées)à lui verser une somme de
22 386, 38 euros au titre des intérêts moratoires dus en raison des retards de règlement des situations de travaux émises dans le cadre du marché de travaux de construction d'un bâtiment d'accueil sur la base aérienne 110 de Creil, conclu le 7 novembre 2019 ;
3°) de mettre à la charge l'Etat (ministère des armées) une somme de 7 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et le condamner aux entiers dépens.
Elle soutient que :
S'agissant du marché signé le 16 septembre 2019 :
- les intérêts moratoires du projet de décompte correspondant à la situation n°9 sont dus à compter du 3 mars 2021, en application des stipulations de l'article 3.3.2 du CCAP et des dispositions du décret n° 2013-269 du 29 mars 2013 et s'élèvent à 6 017, 37 euros ;
- les intérêts moratoires du projet de décompte correspondant à la situation n°10 sont dus à compter du 31 mars 2021, en application des stipulations de l'article 3.3.2 du CCAP et des dispositions du décret n° 2013-269 du 29 mars 2013 et s'élèvent à 9639, 41 euros ;
- les intérêts moratoires du projet de décompte correspondant à la situation n°11 sont dus à compter du 14 mai 2021, en application des stipulations de l'article 3.3.2 du CCAP et des dispositions du décret n° 2013-269 du 29 mars 2013 et s'élèvent à 5 536, 06 euros ;
- les intérêts moratoires du projet de décompte final sont dus à compter du 27 août 2021, en application des stipulations de l'article 3.3.2 du CCAP et des dispositions du décret n° 2013-269 du 29 mars 2013 et s'élèvent à 590, 75 euros ;
S'agissant du marché signé le 7 novembre 2019 :
- les intérêts moratoires du projet de décompte correspondant à la situation n° 9 sont dus à compter du 31 mars 2021 en application des stipulations de l'article 3.3.2 du CCAP et des dispositions de l'article 4 du décret n° 2013-269 du 29 mars 2013 et s'élèvent à 8 534, 38 euros ;
- les intérêts moratoires du projet de décompte correspondant à la situation n° 10 sont dus à compter du 15 juin 2021 en application des stipulations de l'article 3.3.2 du CCAP et des dispositions de l'article 4 du décret n° 2013-269 du 29 mars 2013 et s'élèvent à 13 619, 50 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 août 2023, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions relatives au paiement des situations de travaux concernant le marché conclu le 7 novembre 2019 ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 25 août 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 8 septembre 2023, à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rondepierre, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Minet, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre de travaux de la base aérienne 110 située à Creil, le ministre des armées a confié à la SAS PBS, d'une part, le marché de " réhabilitation lourde et réaménagement de locaux et bureaux ", signé le 16 septembre 2019 et, d'autre part, le marché de construction d'un bâtiment d'accueil, signé le 7 novembre 2019, dont les travaux ont respectivement été réceptionnés les
3 décembre 2020 et 17 mars 2021, et les réserves levées le 30 juin 2021 et le 16 avril 2021. A raison du retard avec lequel le ministre des armées s'est acquitté du paiement de la fin des travaux de chacun de ces marchés, la société PBS demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser les intérêts moratoires correspondant au retard de paiement des quatre dernières factures du marché conclu le 16 septembre 2019, pour un montant total de 18 405, 98 euros et des deux dernières factures du marché conclu le 7 novembre 2019, pour un montant total de 22 386, 38 euros.
Sur les intérêts dus au titre du contrat conclu le 16 septembre 2019 :
2. Il ressort des articles R. 2192-10 et R. 2192-12 du code de la commande publique, auxquels ne dérogent pas les stipulations du marché, que le délai global de paiement est fixé à trente jours et court à compter de la date de réception de la demande de paiement par le pouvoir adjudicateur. Par ailleurs, aux termes de l'article 3.3.5 du CCAP du marché : " le taux des intérêts moratoires applicable, est égal au taux d'intérêt de la principale facilité de refinancement appliquée par la Banque centrale européenne à son opération de refinancement principal la plus récente effectuée avant le premier jour de calendrier du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points ".
3. Il est constant que :
- la facture correspondant à la situation n° 9, d'un montant de 54 602, 70 euros hors taxes, a été déposée sur la plateforme dédiée le 1er février 2021, et qu'elle a été acquittée le 26 avril 2022, de sorte que les intérêts moratoires, qui portent sur 419 jours de retard, s'élèvent à 5 054, 47 euros ;
- la facture correspondant à la situation n° 10, d'un montant de 93 733, 56 euros hors taxes, a été déposée sur la plateforme dédiée le 1er mars 2021, et qu'elle a été acquittée le 26 avril 2022, de sorte que les intérêts moratoires, qui portent sur 391 jours de retard, s'élèvent à
8 072, 84 euros ;
- la facture correspondant à la situation n° 11, d'un montant de 59 291, 69 euros hors taxes, dont il convient toutefois de déduire la somme payée directement au sous-traitant à hauteur de 18 973, 50 euros hors taxes, a été déposée sur la plateforme dédiée le 13 avril 2021, et qu'elle a été acquittée le 4 mai 2022, de sorte que les intérêts moratoires, qui portent sur 356 jours de retard, s'élèvent à 3 185, 92 euros ;
- la facture correspondant au solde du marché, d'un montant de 8 984, 37 euros hors taxes, dont il convient toutefois de déduire la somme payée directement au sous-traitant à hauteur de
6 200 euros hors taxes, a été déposée sur la plateforme dédiée le 28 juillet 2021, et qu'elle a été acquittée le 4 mai 2022, de sorte que les intérêts moratoires, qui portent sur 250 jours de retard, s'élèvent à 192, 57 euros.
4. Il résulte de ce qui précède qu'en raison du retard de paiement de ces quatre factures, la société requérante est fondée à demander le versement d'intérêts moratoires, pour un montant total de 16 505, 80 euros.
Sur les intérêts dus au titre du contrat conclu le 7 novembre 2019 :
5. En premier lieu, si l'article 4 du décret du 29 mars 2013 permet au pouvoir adjudicateur de suspendre le délai de paiement, notamment lorsqu'il constate des sommes erronées ou incohérentes, ou l'insuffisance de pièces justificatives, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que le ministre des armées ait notifié à la société requérante la mise en œuvre de cette modalité, en particulier, par l'envoi d'une lettre lui notifiant une telle intention. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu d'appliquer ces dispositions et l'administration n'est pas fondée à soutenir que le délai de paiement aurait commencé à courir à une date ultérieure à celle du dépôt des factures sur la plateforme dédiée.
6. En second lieu, il est constant que :
- la facture correspondant à la situation n° 9, d'un montant de 53 487 euros hors taxes, dont il convient toutefois de déduire la somme payée directement au sous-traitant à hauteur de
1 246, 83 euros hors taxes, a été déposée sur la plateforme dédiée le 1er mars 2021, et qu'elle a été acquittée le 11 avril 2023, de sorte que les intérêts moratoires, qui portent sur 741 jours de retard, s'élèvent à 8 524, 38 euros ;
- la facture correspondant à la situation n° 10, d'un montant de 93 167, 62 euros hors taxes, a été déposée sur la plateforme dédiée le 16 mai 2021, et qu'elle a été acquittée le 11 avril 2023, de sorte que les intérêts moratoires, qui portent sur 665 jours de retard, s'élèvent à
13 619, 50 euros.
7. Par suite, et en application des dispositions citées au point 2 du présent jugement, ainsi que des stipulations identiques de l'article 3.3.5 du CCAP du marché litigieux, la société requérante est fondée à demander le versement d'intérêts moratoires, pour un montant total de 22 143, 88 euros en raison du retard de paiement de ces deux factures.
8. Il résulte de tout ce qui précède que l'Etat doit être condamné à verser à la société PBS une somme totale de 38 649, 68 euros au titre des intérêts moratoires dus en exécution des marchés litigieux.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à la société PBS au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, les conclusions relatives à la condamnation aux dépens, qui ne sont assorties d'aucune précision, doivent être écartées.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat (ministère des armées) est condamné à verser à la société PBS la somme de 38 649, 68 euros.
Article 2 : L'Etat versera à la société PBS la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société PBS et au ministre des armées et des anciens combattants.
Délibéré après l'audience du 5 juin 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- Mme Rondepierre, première conseillère,
- M. Le Gars, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
La rapporteure,
signé
A. Rondepierre
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au ministre des armées et des anciens combattants en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026