jeudi 25 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2203728 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE PRESIDENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 novembre 2022 et le 14 décembre 2022, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 30 septembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Aisne a implicitement rejeté son recours contre la décision du 1er février 2022 lui notifiant un indu de prime d'activité d'un montant de 2 718,21 euros pour la période du 1er mai 2020 au 31 janvier 2022 et a refusé de lui accorder une remise de cette dette.
Il soutient que :
- la caisse d'allocations familiales ne lui a donné aucune explication relative à l'obligation de déclarer les avantages en nature ;
- il est de bonne foi ;
- il est dans une situation financière ne lui permettant pas de rembourser sa dette.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 janvier 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Aisne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Dhiver, présidente, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après l'appel de l'affaire à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 1er février 2022, la caisse d'allocations familiales de l'Aisne a notifié à M. A un indu de prime d'activité d'un montant de 2 718,21 euros pour la période du 1er mai 2020 au 31 janvier 2022. M. A a formé un recours contre cette décision et, par une décision du 30 septembre 2022, la caisse d'allocations familiales de l'Aisne a implicitement rejeté ce recours et a refusé d'accorder à M. A une remise de dette. Celui-ci demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur le bien-fondé de l'indu :
2. Aux termes de l'article L. 842-3 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité est égale à la différence entre : / 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; / 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1°. / () ". Aux termes de l'article L. 842-4 du même code " Les ressources mentionnées à l'article L. 842-3 prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : / () / 3° L'avantage en nature que constitue la disposition d'un logement à titre gratuit, déterminé de manière forfaitaire ; / () ".
3. Il résulte de l'instruction que l'indu de prime d'activité notifié à M. A le 1er février 2022 résulte de la réintégration dans ses ressources de l'avantage en nature d'un montant mensuel de 212,40 euros versé par son employeur pour la mise à disposition d'un logement. Ainsi qu'il résulte des dispositions de l'article L. 842-4 du code de la sécurité sociale, cet avantage en nature constitue une ressource devant être prise en compte pour le calcul de la prime d'activité. Si M. A indique qu'il n'a pas été informé de l'obligation de déclarer cette ressource, il ne conteste ni la réalité de cet avantage en nature ni son montant. Par suite, c'est par une exacte application des dispositions citées au point 2 ci-dessus que la caisse d'allocations familiales de l'Aisne a notifié à M. A un indu de prime d'activité d'un montant de 2 718,21 euros pour la période du 1er mai 2020 au 31 janvier 2022.
Sur la remise de dette :
4. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. / () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. "
5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
6. Si M. A a pu de bonne foi ignorer qu'il devait déclarer l'avantage en nature consenti par son employeur, il résulte de l'instruction que son quotient familial actuel s'élève à 1 206 euros et il n'établit pas être dans une situation de précarité telle qu'il ne serait pas en mesure de rembourser la somme de 2 718,21 euros qui lui a été versée à tort, alors même qu'il lui est par ailleurs loisible de solliciter des remboursements échelonnés, adaptés à ses capacités financières. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'accorder à M. A une remise totale ou partielle de sa dette de prime d'activité.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de la caisse d'allocations familiales de l'Aisne du 30 septembre 2022.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la caisse d'allocations familiales de l'Aisne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.
La présidente,
Signé
M. Dhiver La greffière,
Signé
V. Martinval
La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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