jeudi 3 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2203967 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP LEBEGUE DERBISE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 décembre 2022, M. B A, représenté par Me Vandendriessche, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie à lui verser la somme globale de 272 640 euros en réparation des préjudices causés par l'encéphalomyélite probablement post-infectieuse qu'il estime avoir contractée dans l'exercice de ses fonctions au sein de cet établissement ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie les entiers dépens ainsi que la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il doit être regardé comme soutenant que :
- la responsabilité sans faute du centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie doit être engagée dès lors qu'il a, dans l'exercice de ses fonctions dans cet établissement, contracté une encéphalomyélite probablement post-infectieuse ;
- il a subi du fait de cette maladie un déficit fonctionnel temporaire partiel qu'il convient d'indemniser à hauteur de 815 euros ;
- il a subi un préjudice lié aux souffrances endurées qu'il convient d'indemniser à hauteur de 18 000 euros ;
- il a subi un préjudice esthétique temporaire qui peut être évalué à la somme de 5 000 euros ;
- il a subi un préjudice lié à la nécessité de recourir à l'assistance d'une tierce personne, avant consolidation de son état de santé, qui peut être évalué à la somme de 5 750 euros ;
- il subit un préjudice fonctionnel permanent qu'il convient d'indemniser à hauteur de 120 000 euros ;
- il subit un préjudice esthétique permanent qui peut être évalué à la somme de 5 000 euros ;
- il subit un préjudice d'agrément qu'il convient d'évaluer à la somme de 50 000 euros ;
- il subit un préjudice sexuel qu'il convient d'indemniser à hauteur de 12 000 euros ;
- il subit un préjudice lié à la nécessité de recourir à l'assistance d'une tierce personne, après consolidation de son état de santé, qui peut être évalué à la somme de 44 200 euros ;
- il a exposé des frais d'aménagement de son domicile du fait de son handicap qu'il convient d'indemniser à hauteur de 11 875 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 janvier 2024, le centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie, représenté par la SCP Lebègue Derbise, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la responsabilité sans faute du centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie ne peut être engagée dès lors que l'encéphalomyélite aiguë disséminée qu'il a contractée ne peut être regardée comme imputable au service ;
- il n'y a aucun lien de causalité entre les préjudices dont l'intéressé demande la réparation et l'exercice de ses fonctions ;
- il ne lui est reproché aucune faute susceptible d'engager sa responsabilité ;
- les experts ne se sont pas prononcés sur le besoin d'assistance par une tierce personne à titre temporaire, ni sur un préjudice esthétique temporaire ;
- les sommes réclamées au titre des souffrances endurées et du préjudice esthétique permanent sont très largement supérieures aux sommes habituellement accordées ;
- la réalité du préjudice d'agrément et des frais d'aménagement du domicile n'est pas démontrée.
Par un mémoire enregistré le 25 janvier 2024, la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise, agissant par délégation de la caisse primaire d'assurance maladie de la Somme, indique n'avoir aucune créance à faire valoir.
Par une ordonnance du 25 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 23 février 2024.
Vu :
- les ordonnances du 30 décembre 2019, par lesquelles la présidente du tribunal a taxé les frais de l'expertise réalisée par le Dr F assisté du Dr C ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code des pensions civiles et militaires de retraites ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sako, conseillère,
- les conclusions de M. Menet, rapporteur public,
- et les observations de Me Denys, représentant le centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, agent d'entretien qualifié au service de stérilisation du centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie, a été pris le 6 juin 2014 de divers symptômes tels que des vomissements avec céphalées et une toux importante accompagnée de crachats. Après s'être présenté le jour suivant aux urgences du centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie, l'intéressé a été hospitalisé du 8 juin au 12 août 2014 dans cet établissement. Les examens réalisés durant son hospitalisation ont permis de poser le diagnostic d'encéphalomyélite probablement post-infectieuse, comme relevé dans les conclusions du 26 juillet 2014 du docteur D. Une expertise a été diligentée par une ordonnance du 21 mars 2018 du juge des référés du tribunal saisi par M. A. Après la remise par les experts de leur rapport en date du 29 novembre 2019, M. A a saisi son employeur par courrier du 10 août 2022 d'une demande indemnitaire tendant à la réparation de ses préjudices, laquelle a été implicitement rejetée. Par la présente requête, M. A demande au tribunal de condamner le centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie à l'indemniser des préjudices résultant de l'encéphalomyélite probablement post-infectieuse qu'il estime avoir contractée dans l'exercice de ses fonctions.
Sur la responsabilité :
2. Les dispositions qui instituent, en faveur des fonctionnaires victimes d'accidents de service ou de maladies professionnelles, une rente viagère d'invalidité en cas de mise à la retraite et une allocation temporaire d'invalidité en cas de maintien en activité doivent être regardées comme ayant pour objet de réparer les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle. Ces dispositions déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les fonctionnaires concernés peuvent prétendre, au titre de ces chefs de préjudice, dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Elles ne font en revanche obstacle ni à ce que le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels, obtienne de la collectivité qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice, ni à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre cette personne publique, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette personne.
3. D'une part, il ressort des termes de la décision du 25 octobre 2016 du centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie que si M. A a bénéficié d'un congé de longue maladie au titre d'une maladie reconnue imputable au service, c'est sur la base des conclusions du docteur E en date du 8 septembre 2016 selon lesquelles il aurait été atteint d'une méningo- encéphalite infectieuse. Il résulte toutefois de l'instruction, et notamment des conclusions du docteur D du 26 juillet 2014 et du rapport d'expertise du 29 novembre 2019 dont le requérant se prévaut, qu'il a en réalité souffert d'une encéphalomyélite aiguë disséminée post-infectieuse. Si les experts soulignent que l'hypothèse selon laquelle M. A aurait contracté une méningite virale qui aurait ensuite évolué vers l'encéphalomyélite post-infectieuse ne peut être exclue avec certitude, ils précisent que cette hypothèse leur semble " très peu vraisemblable ". Par suite, M. A ne peut utilement se prévaloir de la décision du 25 octobre 2016, qui porte sur l'imputabilité au service d'une maladie différente, pour rechercher la responsabilité sans faute du centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie à raison d'une encéphalomyélite aiguë disséminée post-infectieuse, en application des principes rappelés au point 2 du présent jugement.
4. D'autre part, les experts affirment dans leur rapport du 29 novembre 2019 - sans être contredits - que faute d'avoir pu identifier, en dépit des examens réalisés au cours de son hospitalisation, la cause de l'infection dont il a été victime, il est impossible d'établir un quelconque lien entre l'encéphalomyélite aiguë disséminée post-infectieuse dont M. A a été victime et l'exercice de ses fonctions au centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie. Dès lors, en l'absence d'imputabilité au service de sa maladie, M. A n'est pas fondé à soutenir que la responsabilité sans faute du centre hospitalier universitaire d'Amiens-Picardie est engagée au titre d'une maladie contractée dans l'exercice de ses fonctions.
Sur les dépens :
5. Dans les circonstances particulières de l'espèce, il y a lieu de mettre les frais et honoraires de l'expertise, liquidés et taxés aux sommes de 1 440 euros et 1 200 euros par des ordonnances du 30 décembre 2019 de la présidente du tribunal, à la charge définitive du centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les frais de l'expertise, liquidés et taxés aux sommes de 1 440 euros et 1 200 euros par des ordonnances du 30 décembre 2019 de la présidente du tribunal sont mis à la charge définitive du centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Somme.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
Mme Sako, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
B. Sako
Le président,
Signé
B. Boutou La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026