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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2204068

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2204068

jeudi 3 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2204068
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantREGNIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 décembre 2022, Mme C B, représentée par Me Regnier, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 24 octobre 2022 par laquelle le directeur du centre hospitalier d'Abbeville a estimé, dans les suites de l'accident de service survenu le 20 novembre 2021, son état de santé consolidé avec séquelles à compter du 21 octobre 2022 et a fixé le taux d'incapacité permanente partielle en résultant à 5 % ;

2°) d'ordonner avant-dire droit une expertise aux fins de déterminer la date de consolidation de son état de santé dans les suites de l'accident de service survenu le 20 novembre 2021 et le taux d'incapacité permanente partielle qui en a résulté ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier d'Abbeville la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que son état de santé n'est pas consolidé et qu'il continue de s'améliorer.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 février 2023, le centre hospitalier d'Abbeville conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 000 euros soit mise à la charge de Mme B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir qu'une contre-expertise a été diligentée.

Vu les autres pièces du dossier.

Par ordonnance du 24 novembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 janvier 2024.

Mme B et le centre hospitalier d'Abbeville ont été invités, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à produire des éléments ou des pièces en vue de compléter l'instruction.

Mme B a produit des pièces, enregistrées le 5 août 2024 et communiquées le 7 août 2024 au centre hospitalier d'Abbeville.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pierre,

- et les conclusions de M. Menet, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C B, infirmière titulaire au sein du centre hospitalier d'Abbeville, a été victime d'une chute pendant son service lui occasionnant une entorse à chaque cheville le 20 novembre 2021. Cet accident a été reconnu imputable au service par une décision du 16 décembre 2021. Par une décision du 24 octobre 2022, le directeur du centre hospitalier d'Abbeville a estimé son état consolidé avec séquelles à compter du 21 octobre 2022 et a fixé le taux d'incapacité permanente partielle en résultant à 5 %. Mme B demande l'annulation de cette décision.

2. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, alors en vigueur : " I.-Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. / ()".

3. La date de consolidation correspond au moment où les lésions se fixent et se stabilisent et acquièrent un caractère permanent, ce qui permet alors d'apprécier un taux d'incapacité permanente partielle résultant d'une pathologie ou d'un accident. La consolidation de l'état de santé ne peut, en revanche, être assimilée à la guérison et ne constitue pas davantage une circonstance impliquant nécessairement la fin des soins nécessités par cette pathologie ou cet accident.

4. Il ressort des pièces du dossier et notamment de l'expertise confiée au docteur A qu'à la date de l'examen clinique effectué par celui-ci le 18 octobre 2022, Mme B n'était pas en capacité de marcher sans canne à plus de deux à trois mètres. C'est notamment sur la base de ces constatations, que l'expert a estimé que l'état de l'intéressée n'avait connu aucune évolution depuis l'expertise conduite le 20 juin 2022 et qu'il y avait lieu de considérer son état de santé consolidé avec séquelles et de fixer son taux d'incapacité permanente partielle à 5 %.

5. A la demande de Mme B, une nouvelle expertise a été diligentée par le centre hospitalier d'Abbeville. L'expert a alors constaté aux termes de son rapport du 15 février 2023, que l'intéressée pouvait se déplacer sans boiterie évidente et que celle-ci déclarait ne plus connaitre de douleurs particulières et pouvoir marcher sans canne jusqu'à une heure. L'expert a alors conclu à la possibilité d'une reprise de son poste de travail à temps partiel thérapeutique et qu'aucune date de consolidation ne pouvait encore être fixée.

6. Dans ces conditions, Mme B est fondée à soutenir que c'est à tort que le directeur du centre hospitalier d'Abbeville a estimé que son état de santé était consolidé avec séquelles à compter du 21 octobre 2022 et a fixé le taux d'incapacité permanente partielle résultant de son accident de service à 5 % et à demander l'annulation de la décision du 24 octobre 2022.

7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier d'Abbeville la somme que Mme B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les dispositions du même article font par ailleurs obstacle à ce que la somme demandée à ce titre par le centre hospitalier d'Abbeville soit mise à la charge de

Mme B, qui n'est pas la partie perdante.

D É C I D E :

Article 1er : La décision du 24 octobre 2022 par laquelle le directeur du centre hospitalier d'Abbeville a estimé, dans les suites de l'accident de service survenu le 20 novembre 2021, l'état de santé de Mme B consolidé avec séquelles à compter du 21 octobre 2022 et a fixé le taux d'incapacité permanente partielle en résultant à 5 %, est annulée.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier d'Abbeville en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au centre hospitalier d'Abbeville.

Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Boutou, président,

Mme Pierre, première conseillère,

Mme Sako, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.

La rapporteure,

Signé

A-L Pierre

Le président,

Signé

B. Boutou

La greffière,

Signé

A. Ribière

La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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