mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2300261 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | NOUVIAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 janvier 2023, M. B C, représenté par Me Nouvian, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 décembre 2022 par lequel la préfète de l'Oise a rejeté sa demande de délivrance d'un certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français sous trente jours et a fixé le pays de destination pour sa reconduite à la frontière ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à défaut procéder au réexamen de sa situation sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
S'agissant de la décision de refus de titre de séjour :
- cet arrêté, en tant qu'il porte refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français sous trente jours est entaché d'insuffisance de motivation ;
- les décisions dont il fait l'objet sont entachées d'erreurs de faits dès lors qu'il justifie du suivi d'une formation professionnelle qualifiante depuis plus de six mois ;
- elles sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation, compte tenu de ses efforts d'insertion depuis son entrée en France à l'âge de seize ans et du sérieux de son projet professionnel.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mars 2023, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
M. C a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 janvier 2023.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Binand, président,
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien né le 27 septembre 2004, qui déclare être entré seul en France le 1er novembre 2020 à l'âge de seize ans muni d'une carte d'identité algérienne, a été confié à l'aide sociale à l'enfance jusqu'à sa majorité. Par un arrêté du 27 décembre 2022, dont il demande l'annulation, la préfète de l'Oise a rejeté sa demande de délivrance d'un certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé l'Algérie ou tout autre pays dans lequel il serait admissible en cas d'exécution de cette mesure d'éloignement.
2. En premier lieu, la préfète de l'Oise a exposé les motifs de droit et de fait sur lesquels elle s'est fondée pour rejeter la demande titre de séjour présentée par M. C tirés de ce qu'il ne pouvait prétendre de plein droit à la délivrance d'un certificat de résidence algérien sur le fondement de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, qui ne prévoit aucune stipulation particulière pour les mineurs confiés à l'aide sociale à l'enfance âgés de seize ans à leur entrée en France et que, compte tenu du caractère insuffisant de ses efforts d'insertion ainsi que ses attaches familiales conservées en Algérie, sa situation ne justifiait pas de l'admettre au séjour à titre gracieux. En faisant valoir ces éléments, qui sont propres à la situation personnelle du requérant, contrairement à ce que ce dernier soutient, la préfète de l'Oise a suffisamment motivé sa décision de refus de titre de séjour. Par suite, et alors qu'il résulte des dispositions de l'article L 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la décision portant obligation de quitter le territoire français, prise sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 de ce code, n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte de ce refus, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de ces deux décisions doit être écarté.
3. En deuxième lieu, en se bornant à se prévaloir de la formation en apprentissage, qui selon les stipulations du contrat qu'il produit, n'a débuté que le 25 juillet 2022, soit cinq mois seulement avant l'arrêté du 27 décembre 2022, et du suivi de stages, au demeurant non qualifiants, achevés dès le 17 juin 2022, M. C n'établit pas que la préfète de l'Oise, en estimant qu'il ne justifiait pas suivre depuis six mois une formation destinée à lui assurer une formation professionnelle s'est fondée sur des faits inexacts.
4. En troisième lieu, il ressort de la note éducative en date du 30 juin 2022 établie par la structure d'hébergement de M. C versée au dossier par la préfète de l'Oise, que l'intéressé a fait montre d'un comportement de grande désinvolture au regard des règles de vie en communauté et d'une implication décroissante dans le suivi non seulement de sa scolarité mais aussi de ses stages d'insertion en milieu professionnel qui lui étaient proposés. Il n'est pas contesté qu'il n'est pas isolé en Algérie où résident ses parents. Dans ces circonstances, et alors même que M. C justifie, à la date de l'arrêté litigieux, d'un contrat d'apprentissage destiné à préparer un certificat d'aptitude professionnelle, la préfète de l'Oise, en refusant de lui délivrer un titre de séjour et en l'obligeant à quitter le territoire français sous trente jours, n'a pas entaché ses décisions d'erreur manifeste d'appréciation,
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction, d'astreinte et celles présentées au titre des frais de l'instance.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à la préfète de l'Oise et à Me Nouvian.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Binand, président,
- Mme Beaucourt, conseillère.
- M. A, magistrat honoraire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.
Le président,
signé
C. BINAND
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
signé
P. BEAUCOURT
Le greffier,
signé
N. VERJOT
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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N°2300261
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