mardi 13 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2300970 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE PRESIDENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 24 mars et 6 avril 2023, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision du 8 mars 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Oise a refusé de lui accorder une remise de sa dette correspondant à un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant initial de 2 647,67 euros ramené à 2 355,37 euros pour la période de janvier 2021 à décembre 2022 qui lui a été notifié par courrier du 16 décembre 2022, ainsi que la remise totale de sa dette.
Il soutient que :
- il est de bonne foi ;
- il est dans une situation de précarité financière ne lui permettant pas de rembourser sa dette.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 novembre 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation,
- le code de la sécurité sociale,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Wavelet pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, le rapport de M. Wavelet a été entendu et, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 16 décembre 2022, la caisse d'allocations familiales de l'Oise a notifié à M. B un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant initial de 2 647,67 euros pour la période de janvier 2021 à décembre 2022. M. B a sollicité une remise gracieuse de sa dette et, par une décision du 8 mars 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Oise a rejeté sa demande. M. B demande au tribunal d'annuler cette décision et de lui accorder la remise gracieuse de sa dette.
2. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable au recouvrement d'indu d'aide personnelle au logement en vertu de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. () / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. () ". Aux termes de l'article L. 825-3 du code de la construction et de l'habitation : " () Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : () 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement. ". Aux termes de l'article R. 825-3 du code de la construction et de l'habitation : " () Lorsqu'il est saisi d'une demande de remise gracieuse de dette relative à un trop-perçu au titre d'une aide personnelle au logement ou d'une prime de déménagement, sans que soit contesté le bien-fondé de la dette, l'organisme payeur en accuse réception par tout moyen permettant de lui conférer date certaine, dans les quinze jours suivant la réception de la demande. / Le directeur de l'organisme payeur statue sur la demande de remise gracieuse après avis de la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 825-2. / Il dispose d'un délai de deux mois pour notifier sa décision à la personne intéressée. / Faute d'une décision du directeur de l'organisme payeur portée à la connaissance de l'intéressé dans ce délai de deux mois, la demande de remise gracieuse de dettes est réputée rejetée. / La décision prise dans ces conditions peut faire l'objet d'un recours contentieux sans recours administratif préalable ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
4. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé à la prestation ou à l'allocation ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
5. Il résulte de l'instruction que lors de la déclaration de ses ressources au titre de l'année 2021, M. B a déclaré 14 635 euros de frais réels sur cette année, alors que cette somme correspond, après déduction forfaitaire de 10 %, au montant de ses revenus déclarés auprès des services fiscaux pour l'année 2021. Cette erreur a été l'origine de l'indu d'aide personnalisée au logement d'un montant initial de 2 647,67 euros pour la période de janvier 2021 à décembre 2022. Cette inversion entre les frais réels et les revenus de M. B n'est en l'espèce pas de nature à remettre en cause la bonne foi de l'intéressé.
6. Par ailleurs, pour solliciter la remise totale de sa dette, M. B soutient qu'il est dans une situation financière précaire qui ne lui permet pas de rembourser l'indu d'aide personnalisée au logement qui lui a été notifié et dont le solde s'élève à 2 355,37 euros. Au soutien de ses prétentions, il produit diverses pièces justificatives desquelles il ressort que ses ressources s'élèvent pour le mois de mars 2023 à 876,21 euros, ce qui correspond à l'aide au retour à l'emploi qu'il perçoit de Pôle Emploi. Les charges fixes mensuelles sont établies à hauteur d'un montant total de 776,82 euros, dont 359,23 euros de loyer. Dans ces conditions, eu égard par ailleurs au montant de son quotient familial de 547 euros en mars 2023 ainsi que cela ressort d'une attestation de paiement de la CAF de l'Oise du 4 avril 2023, M. B doit être regardé en l'espèce comme se trouvant dans une situation de précarité justifiant que lui soit accordée une réduction supplémentaire de sa dette d'aide personnalisée au logement, à hauteur de 75 % du montant initial de 2 355,37 euros. Par suite, il y a lieu d'accorder à M. B une réduction de sa dette à hauteur de 1 766,53 euros, le requérant restant ainsi redevable de la somme de 588,84 euros.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B est seulement fondé à obtenir une réduction de sa dette d'aide personnalisée au logement à hauteur de 1 766,53 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Il est accordé à M. B une remise partielle de 1 766,53 euros (mille sept cent soixante-six euros et cinquante-trois centimes) de sa dette d'aide personnalisée au logement pour la période de janvier 2021 à décembre 2022.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la caisse d'allocations familiales de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
F. Wavelet Le greffier,
Signé
J.-F. Langlois
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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