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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2301230

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2301230

jeudi 16 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2301230
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJU2
Avocat requérantBRISACQ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 avril et 3 novembre 2023, la SCI IMAJ, représentée par Me Brisacq, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision de l'administration fiscale portant rejet de sa réclamation préalable ;

2°) de prononcer la décharge de la taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2018 à 2022 à raison de l'immeuble dont elle est propriétaire au 26 B, rue Jules Barni à Amiens (Somme) :

3°) d'enjoindre le remboursement des impositions acquittées à tort.

La SCI IMAJ revendique le bénéfice des dispositions de l'article 1389 du code général des impôts du fait des travaux de rénovation nécessités s'agissant d'un immeuble ayant vocation à être loué dont la livraison a été retardée du fait des travaux de confortement retardant d'autant les travaux de finition.

Par un mémoire en défense et un mémoire, enregistrés les 28 juin 2023 et 12 janvier 2024, la directrice départementale des finances publiques de la Somme conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Truy, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. Truy a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Après le rejet de sa réclamation contentieuse préalable, la SCI IMAJ demande au tribunal de prononcer la décharge des impositions mises à sa charge en matière de taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2018 à 2022 à raison de l'ensemble immobilier dont elle est propriétaire et situé 26 B, rue Jules Barni à Amiens (Somme).

2. En premier lieu, les décisions par lesquelles l'administration statue sur la réclamation du contribuable qui entend contester les impositions auxquelles il a été assujetti, ne constituent pas des actes détachables de la procédure d'imposition. Elles ne peuvent, en conséquence, être déférées à la juridiction administrative par la voie du recours pour excès de pouvoir et leurs éventuelles irrégularités sont sans influence sur la régularité de la procédure d'imposition et le bien-fondé des impositions émises. Ainsi, les moyens dirigés contre la décision du

15 février 2023 par laquelle l'administration fiscale a rejeté la réclamation préalable de la SCI IMAJ doivent être écartés et les conclusions tendant à son annulation doivent être rejetées.

3. En second lieu, aux termes de l'article 1389 du code général des impôts : " I. Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas de vacance d'une maison normalement destinée à la location ou d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel la vacance ou l'inexploitation a pris fin. Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que la vacance ou l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'exploitation séparée () ". Ces dispositions subordonnent le dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés bâties à la condition, notamment, que la vacance de l'immeuble normalement destiné à la location ou l'inexploitation de l'immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel soit indépendante de la volonté du propriétaire. Le caractère involontaire de la vacance s'apprécie eu égard aux circonstances dans lesquelles cette vacance est intervenue et aux démarches accomplies par le propriétaire, selon les possibilités qui lui étaient offertes, en fait comme en droit, pour la prévenir ou y mettre fin.

4. Il résulte de l'instruction que la SCI IMAJ a acquis le 21 novembre 2017 un immeuble sis à Amiens (Somme) 26 B, rue Jules Barni. Il n'est pas contesté qu'il a nécessité d'importants travaux de rénovation et de réhabilitation quoique la SCI n'en ait pas justifié. L'état de cet immeuble mais surtout l'état de péril des immeubles adjacents, judiciairement constaté dès la fin de l'année 2012, emportant fermeture de l'accès commun et étaiement de la façade était connu par la SCI IMAJ lors de son acquisition. Dès lors, malgré les retards dont il est fait état, la prolongation de cette vacance de la date d'acquisition à celle de l'achèvement des travaux et la mise sur le marché locatif ne saurait être regardée comme étant indépendante de la volonté de la SCI IMAJ. Ainsi, l'une des trois conditions cumulatives exigées par l'article 1389 précité pour pouvoir bénéficier d'un dégrèvement n'étant pas remplie, la SCI IMAJ n'est pas fondée à demander la décharge des impositions litigieuses sur le terrain des dispositions de l'article 1389 du code général des impôts sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité des conclusions émises relatives aux impositions mises en recouvrement antérieurement au 1er janvier 2021. Par voie de conséquence, ses conclusions à fins d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SCI IMAJ ne peut qu'être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SCI IMAJ est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI IMAJ et à la directrice départementale des finances publiques de la Somme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

G. TruyLa greffière,

Signé

F. Joly

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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