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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2301303

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2301303

jeudi 16 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2301303
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJU2

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 avril 2023, Mme B A demande au tribunal de prononcer la décharge de la taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2021 et 2022 dans les rôles de la commune de Belle Eglise (Oise) à raison de l'immeuble d'habitation sis 16, rue des Ecoles.

Mme A s'étonne pouvoir être recherchée en paiement d'impositions précédemment dégrevées.

Par mémoire en défense, enregistré le 29 août 2023, la directrice départementale des finances publiques de la Somme conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

La présidente du Tribunal a désigné M. Truy, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Truy a été entendu au cours de l'audience publique ainsi que les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, Mme A doit être regardée comme sollicitant la décharge de la taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2021 et 2022, dans les rôles de la commune de Belle Eglise (Oise), à raison de l'immeuble situé 16, rue des Ecoles.

2. En premier lieu, aux termes de l'article 1400 du code général des impôts : " I. Sous réserve des dispositions des articles 1403 et 1404, toute propriété, bâtie ou non bâtie, doit être imposée au nom du propriétaire actuel ". L'article 1402 du même code énonce : " Les mutations cadastrales consécutives aux mutations de propriété sont faites à la diligence des propriétaires intéressés. Aucune modification à la situation juridique d'un immeuble ne peut faire l'objet d'une mutation si l'acte ou la décision judiciaire constatant cette modification n'a pas été préalablement publié au fichier immobilier ". Aux termes de l'article 1403 du même code : " Tant que la mutation cadastrale n'a pas été faite, l'ancien propriétaire continue à être imposé au rôle, et lui ou ses héritiers naturels peuvent être contraints au paiement de la taxe foncière, sauf leur recours contre le nouveau propriétaire ". Aux termes de l'article 1404 de ce code : " I. Lorsque au titre d'une année une cotisation de taxe foncière a été établie au nom d'une personne autre que le redevable légal, le dégrèvement de cette cotisation est prononcé à condition que les obligations prévues à l'article 1402 aient été respectées ". L'article 1415 du même code énonce enfin : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition ".

3. Il résulte de l'instruction que Mme B A et son père étaient copropriétaires d'un bien détenu en indivision jusqu'au décès de ce dernier survenu le

21 janvier 2021. Mme A était son héritière présomptive. Il est constant que la publication au fichier immobilier de la transmission de ce bien n'est intervenue que le 10 août 2022. Ainsi, en application des dispositions précitées de l'article 1403 du code général des impôts, dès lors que la mutation cadastrale n'était pas intervenue avant l'établissement des impositions et, en tout cas, avant le 1er janvier 2022, l'indivision A demeurait, au titre des années 2021 et 2022, le redevable légal de la taxe foncière sur les propriétés bâties sans qu'influe la circonstance que le bien ait été précédemment imposé dans des conditions justifiant la décharge des impositions émises et leur rétablissement.

4. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que l'avis d'imposition portant sur la taxe foncière due au titre des années 2021 et 2022, émis au nom de Mme B A, a été adressé au domicile de l'intéressée. Cette circonstance n'a pas eu pour effet de la rendre, dès lors qu'en sa qualité de co-indivisaire non solidaire n'est tenue au paiement de la taxe qu'à proportion de ses droits dans l'indivision, débitrice de la totalité de la taxe litigieuse. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir qu'elle aurait été considérée par l'administration, à tort, comme le redevable légal de l'intégralité de l'imposition litigieuse.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la directrice départementale des finances publiques de la Somme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

G.TruyLa greffière,

Signé

F. Joly

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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