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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2301627

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2301627

jeudi 7 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2301627
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationCHAMBRE PRESIDENT
Avocat requérantSCP D'HELLENCOURT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement du 6 mars 2023 transmis au tribunal le 15 avril suivant et enregistré le 16 mai 2023, le tribunal judiciaire d'Amiens s'est déclaré incompétent pour connaître de la requête de Mme B D, enregistrée le 16 août 2022, portant sur des indus de prime d'activité et d'allocation de logement familiale.

Par cette requête, ainsi qu'un mémoire et des pièces complémentaires enregistrés les 10 et 11 octobre 2023, Mme B D, représentée par Me d'Hellencourt, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 12 octobre 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Somme lui a notifié un indu de prime d'activité majorée d'un montant de 541,36 euros au titre des mois d'août et septembre 2021 ;

2°) d'annuler la décision du 20 mai 2022 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de la Somme a rejeté son recours administratif préalable du 26 novembre 2021 contre la décision du 12 octobre 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Somme lui a notifié un indu de prime d'activité majorée d'un montant de 541,36 euros au titre des mois d'août et septembre 2021 ;

3°) de condamner la caisse d'allocations familiales de la Somme à lui verser la somme de 2 000 euros à titre de réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de la résistance de la caisse à lui verser la prime d'activité qui lui est due ;

4°) à titre subsidiaire, d'ordonner avant dire droit une vérification d'écriture sur le fondement de l'article R. 624-1 du code de justice administrative ;

5°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de la Somme, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, de lui restituer les sommes retenues au titre de l'indu contesté ;

6°) à ce que soit mise à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Somme la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision du 12 octobre 2021 est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des articles L. 513-1 et L. 521-2 du code de la sécurité sociale dès lors que le 6 juillet 2021, elle a avec son ex époux adressé à la caisse d'allocations familiales deux dossiers " enfants en résidence alternée ", signés par les parents dont M. C, par lesquels ils ont expressément indiqué, de manière concordante, qu'en raison du nouvel état de résidence des deux enfants, elle percevrait l'ensemble des prestations versées par la caisse d'allocations familiales ;

- c'est à tort que la caisse d'allocations familiales est revenue sur sa décision en tenant compte des dires de M. C quant au faux document produit le 6 juillet 2021, qu'il n'aurait pas signé selon lui, alors qu'il s'agit bien de sa signature : elle a d'ailleurs porté plainte contre lui pour diffamation ;

- à titre subsidiaire, une vérification d'écriture doit être diligentée ;

- elle produit les justificatifs démontrant qu'elle assume l'ensemble des frais afférents aux deux enfants, ce qui justifie qu'elle soit désignée comme l'allocataire de l'ensemble des prestations versées par la CAF.

Par un mémoire en défense enregistré le 4 juillet 2023, la caisse d'allocations familiales de la Somme, représentée par Me de Limerville, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une lettre du 20 novembre 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à la condamnation de la caisse d'allocations familiales de la Somme à lui verser la somme de 2 000 euros à titre de réparation des préjudices que Mme D estime avoir subis du fait de la résistance de la caisse à lui verser la prime d'activité qui lui est due, dès lors que ces conclusions constituent des conclusions nouvelles présentées après l'expiration du délai de recours contentieux.

Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2023/001963 du 20 septembre 2023 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire d'Amiens.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le jugement n° RG 22/00263 du 6 mars 2023 du tribunal judiciaire d'Amiens ;

- le code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, le rapport de M. Wavelet a été entendu et, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 12 octobre 2021, la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Somme a notamment notifié à Mme D un indu de prime d'activité majorée d'un montant de 541,36 euros au titre des mois d'août et septembre 2021. A la suite du recours administratif préalable de l'intéressée, la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de la Somme, par une décision du 20 mai 2022, a confirmé l'indu de prime d'activité qui lui a été notifié. Mme D demande l'annulation des décisions du 12 octobre 2021 de la CAF de la Somme et du 20 mai 2022 de la commission de recours amiable ainsi que la condamnation de la CAF de la Somme à lui verser la somme de 2 000 euros à titre de réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de la résistance de la caisse à lui verser la prime d'activité qui lui est due.

Sur l'étendue du litige :

2. Aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 412-7 du code des relations entre le public et l'administration : " La décision prise à la suite d'un recours administratif préalable obligatoire se substitue à la décision initiale ".

3. Il résulte des dispositions précitées qu'en matière de prime d'activité, l'exercice d'un recours contentieux est subordonné à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès de la commission de recours amiable, qui statue sur le recours. Par conséquent, la décision prise par l'autorité compétente, en l'occurrence la commission de recours amiable, après l'exercice de ce recours préalable, est seule susceptible d'être contestée.

4. En l'espèce, si la requérante conteste notamment la décision initiale du 12 octobre 2021 lui notifiant l'indu litigieux, il résulte de ce qui a été exposé au point 3 que de telles conclusions sont irrecevables. La requête de Mme D doit ainsi être regardée comme dirigée contre la seule décision du 20 mai 2022 qui s'est ainsi substituée à la décision initiale du 12 octobre 2021, par laquelle la commission de recours amiable a rejeté son recours administratif préalable et confirmé, ce faisant, l'indu d'allocation de prime d'activité qui lui a été notifié.

5. Par conséquent, les moyens invoqués à l'encontre de la décision du 12 octobre 2021 sont inopérants et doivent être écartés pour ce motif.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 20 mai 20223 :

6. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de prime d'activité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

7. D'une part, aux termes de l'article L. 842-3 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité est égale à la différence entre : / 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge () ". Aux termes de l'article R. 842-3 du même code : " Le foyer mentionné au 1° de l'article L. 842-3 est composé : / 1° Du bénéficiaire ; / 2° De son conjoint, concubin, ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité ; et / 3° Des enfants et personnes à charge remplissant les deux conditions suivantes : / a) Ouvrir droit aux prestations familiales ou avoir moins de vingt-cinq ans et être à la charge effective et permanente du bénéficiaire ou de son conjoint, concubin ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité à condition, en cas d'arrivée au foyer après le dix-septième anniversaire, d'avoir avec le bénéficiaire ou son conjoint, son concubin ou son partenaire lié par un pacte civil de solidarité un lien de parenté jusqu'au quatrième degré inclus ; / b) Ne pas bénéficier ou avoir bénéficié, au cours de l'année civile de droit, de la prime d'activité en tant que bénéficiaire ou conjoint, concubin ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité d'un bénéficiaire ".

8. D'autre part, aux termes de l'article L. 513-1 du code de la sécurité sociale : " Les prestations familiales sont, sous réserve des règles particulières à chaque prestation, dues à la personne physique qui assume la charge effective et permanente de l'enfant ". Aux termes de l'article L. 521-2 du même code : " Les allocations sont versées à la personne qui assume, dans quelques conditions que ce soit, la charge effective et permanente de l'enfant. / En cas de résidence alternée de l'enfant au domicile de chacun des parents telle que prévue à l'article 373-2-9 du code civil, mise en œuvre de manière effective, les parents désignent l'allocataire. Cependant, la charge de l'enfant pour le calcul des allocations familiales est partagée par moitié entre les deux parents soit sur demande conjointe des parents, soit si les parents sont en désaccord sur la désignation de l'allocataire. Un décret en Conseil d'Etat fixe les conditions d'application du présent alinéa. / () ". Aux termes de l'article R. 513-1 du même code : " La personne physique à qui est reconnu le droit aux prestations familiales a la qualité d'allocataire. Sous réserve des dispositions de l'article R. 521-2, ce droit n'est reconnu qu'à une personne au titre d'un même enfant. / Lorsque les deux membres d'un couple assument à leur foyer la charge effective et permanente de l'enfant, l'allocataire est celui d'entre eux qu'ils désignent d'un commun accord. Ce droit d'option peut être exercé à tout moment. L'option ne peut être remise en cause qu'au bout d'un an, sauf changement de situation. Si ce droit d'option n'est pas exercé, l'allocataire est l'épouse ou la concubine. / En cas de divorce, de séparation de droit ou de fait des époux ou de cessation de la vie commune des concubins, et si l'un et l'autre ont la charge effective et permanente de l'enfant, l'allocataire est celui des membres du couple au foyer duquel vit l'enfant ". Aux termes de l'article R. 521-2 du même code : " Dans les situations visées au deuxième alinéa de l'article L. 521-2, l'allocataire est celui des deux parents qu'ils désignent d'un commun accord. A défaut d'accord sur la désignation d'un allocataire unique, chacun des deux parents peut se voir reconnaître la qualité d'allocataire : / 1° Lorsque les deux parents en ont fait la demande conjointe ; / 2° Lorsque les deux parents n'ont ni désigné un allocataire unique, ni fait une demande conjointe de partage. / Lorsque les parents ont désigné un allocataire unique ou fait une demande conjointe de partage, ils ne peuvent remettre en cause les modalités ainsi choisies qu'au bout d'un an, sauf modification des modalités de résidence du ou des enfants ". A résulte de ces dispositions que les enfants en situation de résidence alternée sont pris en compte pour le calcul des allocations familiales et, ainsi, ouvrent droit aux prestations familiales. Dès lors, le " principe d'unicité de l'allocataire ", qui ne saurait concerner que les prestations familiales énumérées à l'article L. 511-1 du code de la sécurité sociale, ne fait pas obstacle à la prise en compte de ces enfants pour la détermination du montant de la prime d'activité.

9. Il résulte des dispositions précitées que pour calculer le montant forfaitaire mentionné au 1° de l'article L. 842-3 du code de la sécurité sociale, ainsi que pour déterminer le droit d'une personne isolée assumant la charge d'un ou plusieurs enfants à la majoration de ce montant forfaitaire en application de l'article L. 842-7 du même code, doivent être regardés comme à la charge de l'allocataire de la prime d'activité les enfants ouvrant droit aux prestations familiales, ainsi que les autres enfants à sa charge effective et permanente, sous réserve des conditions définies au 3° de l'article R. 842-3 du même code. Eu égard à l'objet de la prime d'activité, qui est notamment, en vertu de l'article L. 842-1 du même code, d'inciter les travailleurs aux ressources modestes à l'exercice ou à la reprise d'une activité professionnelle et de soutenir leur pouvoir d'achat en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, lorsqu'un parent allocataire de la prime d'activité bénéficie pour son enfant, conjointement avec l'autre parent dont il est divorcé ou séparé de droit ou de fait, d'un droit de résidence alternée qui est mis en œuvre de manière effective et équivalente, ce parent doit être regardé comme assumant la charge effective et permanente de l'enfant et a droit, sauf accord contraire entre les parents ou mention contraire dans une décision du juge judiciaire, au bénéfice de la moitié de la majoration pour enfant à charge du montant forfaitaire mentionné au 1° de l'article L. 842-3 du code de la sécurité sociale et, s'il en remplit les autres conditions, de la moitié de la majoration pour parent isolé mentionnée à l'article L. 842-7 du même code. Toutefois, compte tenu des incidences possibles de ce partage sur les droits de l'autre parent, susceptible de bénéficier lui aussi de la prime d'activité, il appartient au parent qui sollicite une telle répartition d'établir l'existence d'une résidence alternée mise en œuvre de manière effective et équivalente, laquelle doit être présumée s'il fournit à l'organisme chargé du service de la prime d'activité, à défaut de partage de la charge de l'enfant pour le calcul des allocations familiales, une convention homologuée par le juge aux affaires familiales, une décision de ce juge ou un document attestant l'accord existant entre les parents sur ce mode de résidence.

10. En l'espèce, il résulte de l'instruction que suivant jugement du 20 mars 2018 du tribunal de grande instance d'Amiens, le divorce entre Mme D et M. C a été prononcé ainsi que la garde alternée des deux enfants communs au domicile de chacun des parents. Par ailleurs, ce jugement a pris acte de l'accord des parties pour que les prestations familiales soient partagées par moitié. Par la suite, Mme D et M. C se sont entendus pour que chacun d'entre eux prenne en charge un enfant, de sorte que la CAF versait à Mme D les prestations dues au titre de Maël et à M. C celles dues au titre de E. A la suite de la réception le 28 juillet 2021 de deux formulaires " enfant en résidence alternée " signés conjointement par chacun des intéressés avec désignation de Mme D comme allocataire unique, la CAF de la Somme a considéré E comme étant à la charge de la requérante et a conséquence réclamé à M. C un indu de prestation. Le 12 octobre 2021, la CAF a été informée par M. C de ce qu'il n'avait pas consenti à la déclaration du 28 juillet 2021, de sorte que la CAF a réclamé à Mme D, par courrier du 12 octobre 2021, notamment l'indu litigieux de prime d'activité.

11. Pour contester l'indu litigieux, Mme D soutient qu'avec son ex époux elle a adressé à la caisse d'allocations familiales, qui en a pris acte, deux dossiers " enfants en résidence alternée ", signés conjointement, par lesquels ils ont expressément indiqué, de manière concordante, qu'en raison du nouvel état de la résidence des deux enfants, elle percevrait l'ensemble des prestations, et que la CAF ne peut revenir sur sa décision en tenant compte des dires de M. C quant à son absence de consentement pour établir et signer les documents du 6 juillet 2021, dès lors qu'il s'agit bien de la signature de l'intéressé. Toutefois, outre l'absence d'accord des parents révélée par la contestation par M. C de l'authenticité de sa signature apposée sur les formulaires " enfants en résidence alternée ", Mme D ne produit en tout état de cause aucun élément de nature à établir qu'elle assumait concrètement en août et septembre 2021 la charge effective et permanente de sa fille E. Par suite, sans qu'il soit besoin de diligenter une vérification d'écriture, Mme D n'est pas fondée à soutenir que la CAF de la Somme aurait commis une erreur manifeste d'appréciation ou fait une inexacte application des dispositions citées aux points 7 et 8.

12. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions du 12 octobre 2021 de la caisse d'allocations familiales de la Somme et du 20 mai 2022 par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de la Somme a confirmé la récupération d'un indu de prime d'activité d'un montant de 541,36 euros pour les mois d'août et de septembre 2021. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte doivent également être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation :

13. Si Mme D demande au tribunal de condamner la caisse d'allocations familiales de la Somme à lui verser la somme de 2 000 euros à titre de réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de la résistance de la caisse à lui verser la prime d'activité qui lui est due, il résulte toutefois de l'instruction que ces conclusions ont été présentées pour la première fois le 10 octobre 2023, postérieurement au délai de recours contentieux. Par suite, de telles conclusions présentées après l'expiration du délai de recours contentieux présentent le caractère de conclusions nouvelles, et sont à ce titre irrecevables. Il en résulte que, pour ce motif, ces conclusions doivent être rejetées.

Sur les conclusions relatives aux frais liés au litige :

14. Dès lors que les conclusions principales aux fins d'annulation et d'indemnisation sont rejetées, les conclusions relatives aux frais liés au litige doivent être rejetées par voie de conséquence.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D et à la caisse d'allocations familiales de la Somme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2024.

Le magistrat désigné,

signé

F. Wavelet La greffière,

signé

M.-A. Boignard

La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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