jeudi 16 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2302016 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JU2 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 16 juin 2023, 26 mars et 15 avril 2024, M. B A demande au tribunal de prononcer la décharge de la taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2022 à raison de l'immeuble sis 105 rue Jean Cocteau à Saint Quentin (Aisne).
M. A s'étonne du niveau de la taxe foncière à laquelle il a été assujetti à raison de l'immeuble sis à l'adresse indiquée s'agissant d'un bien sinistré et voué à la destruction.
Par un mémoire en défense et un mémoire, enregistrés les 21 septembre 2023 et
5 mars 2024, la directrice départementale des finances publiques de la Somme conclut au rejet des conclusions de la requête.
Elle considère que les conclusions de la requête ne sont pas fondées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Par une décision, la présidente du tribunal a désigné M. Truy, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Truy a été entendu au cours de l'audience publique ainsi que les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La requête de M. A peut être regardée comme tendant à la décharge de la taxe foncière résiduelle sur les propriétés bâties à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2022 à raison d'un immeuble dont il est propriétaire à Saint Quentin au 105, rue Jean Cocteau.
2. Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celle qui en sont expressément exonérées par les dispositions de présent code ".Aux termes de l'article 1494 du code général des impôts : " La valeur locative des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties, () est déterminée, conformément aux règles définies par les articles 1495 à 1508, pour chaque propriété ou fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte ". Aux termes de l'article 1495 du même code : " Chaque propriété ou fraction de propriété est appréciée d'après sa consistance, son affectation, sa situation et son état, à la date de l'évaluation ". Aux termes des dispositions de l'article 1406 du code général des impôts : " Les () changements de consistance ou d'affectation des propriétés bâties et non bâties, sont portés par les propriétaires à la connaissance de l'administration, dans les quatre-vingt-dix jours de leur réalisation définitive (). Il en est de même pour les changements d'utilisation des locaux mentionnés au I de l'article 34 de la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010 ".
3. A l'appui de ses conclusions à fin de décharge de l'imposition en litige, M. A fait valoir que l'immeuble à usage anciennement d'habitation et de commerce est devenu impropre à toute utilisation dans son ensemble, car délabré en raison des importantes dégradations subies et l'importance des travaux devant y être effectué et qu'il ne constitue donc plus une propriété bâtie pouvant être soumise à la taxe foncière sur les propriétés bâties. Il résulte toutefois de l'instruction que le gros œuvre de l'immeuble en cause n'ayant pas été atteint, l'incendie n'ayant en effet affecté que l'entrée du bâtiment et le coût des travaux de l'entrée ne représente que 18% du coût total des travaux, M. A ne peut soutenir que son bien est dans un état de délabrement tel qu'il ne permet plus aucun usage notamment commercial et ne peut plus être regardé comme une propriété bâtie, au sens des dispositions de l'article 1380 du code général des impôts précité, dans une situation où aucune déclaration de modification de la consistance n'a été enregistrée.
4. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander la décharge de la taxe foncière résiduelle à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2022 à raison de l'immeuble dont il est propriétaire au 105, rue Jean Cocteau à Saint Quentin.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la directrice départementale des finances publiques de la Somme.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
G. TruyLa greffière,
Signé
F. Joly
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
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