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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2302523

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2302523

mercredi 16 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2302523
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationCHAMBRE PRESIDENT
Avocat requérantDESFARGES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Amiens a rejeté la requête de M. A contestant un titre de recettes émis par le département de l'Oise pour le recouvrement d'une amende de 4 205,90 euros suite à un indu de RSA. Le requérant invoquait notamment la méconnaissance des articles L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles et L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, ainsi qu'un défaut d'information de la caisse d'allocations familiales. Le tribunal a jugé que les moyens soulevés n'étaient pas fondés, confirmant ainsi la validité du titre de recettes. La solution retenue s'appuie sur les dispositions des codes de l'action sociale et des familles et général des collectivités territoriales.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 juillet 2023, M. C A, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler le titre émis à son encontre le 7 avril 2023 par le département de l'Oise en vue du recouvrement d'une amende suite à un indu de Revenu de Solidarité Active (RSA) pour la période du 1er octobre 2017 au 30 septembre 2020 et d'un montant de 4 205,90 euros ;

3°) de le décharger du paiement de cette somme et lui en accorder la remise ;

4°) de mettre à la charge du département la somme de 2 000 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- le titre attaqué a été émis en méconnaissance des dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles ;

- il ne satisfait pas aux dispositions de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales en ce qu'il n'est pas signé par une autorité habilitée ;

- il n'a jamais perdu sa résidence stable et effective en France ne s'étant rendu en Algérie que pour visiter son père malade alors que la pandémie faisait obstacle à son retour ;

- il ignorait son obligation de résidence stable et effective en France et la caisse d'allocations familiales a manqué à son devoir d'information en méconnaissance de l'article L. 583-1 du code de la sécurité sociale ;

- en s'abstenant d'examiner la réalité de sa situation, la caisse d'allocations familiales a commis une erreur de droit et d'appréciation ;

- il est de bonne foi et revendique son droit à l'erreur.

- subsidiairement, il sollicite des délais de paiement et la remise de sa dette.

Par un mémoire enregistré le 5 février 2025, le département de l'Oise conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Me Desfarges ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par décision du

7 juin 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Truy, premier conseiller honoraire, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, ont été entendus le rapport de M. Truy et les observations de M. B, dûment habilité, représentant le département de l'Oise, qui s'en rapporte à ses écritures, puis la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. La présidente du conseil départemental de l'Oise a émis le 7 avril 2023 le titre

n° 20223-2491 à l'encontre de M. A en vue du recouvrement d'une amende de 4 205,9 euros infligée par une décision du 6 avril 2023. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler ce titre.

Sur le non-lieu à statuer sur la demande d'aide juridictionnelle :

2. Le requérant s'est vu attribuer le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par décision du 7 juin 2023. Il n'y a donc pas lieu de statuer sur sa demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 6 avril 2023 prononçant une amende administrative :

3. En premier lieu, par jugements n° 2100742, 2100746 et 2100747 du 28 octobre 2022, le tribunal administratif d'Amiens a notamment jugé, s'agissant du bien-fondé de la décision de récupération de l'indu de RSA, " qu'aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active () ". L'article R. 262-5 du même code dispose que : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. () / En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ".

4. Il résulte des articles L. 262-2, R. 262-5 et R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles que, pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active, une personne doit remplir la condition de ressources qu'ils mentionnent et résider en France de manière stable et effective. Pour apprécier si cette seconde condition est remplie, il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités, ainsi que de toutes les circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d'éventuels séjours à l'étranger et ses liens personnels et familiaux. La personne qui remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active a droit, lorsqu'elle accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois, au versement sans interruption de cette allocation. En revanche, lorsque ses séjours à l'étranger excèdent cette durée de trois mois, le revenu de solidarité active ne lui est versé que pour les mois civils complets de présence en France. En toute hypothèse, le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose, sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi que les dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois.

5. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'enquête établi par un agent assermenté, que M. A a été inscrit, auprès du consulat de France à Alger, au registre des Français à l'étranger du 29 septembre 2013 au 25 août 2019, date à laquelle il n'a pas expressément renouvelé son inscription. M. A a également déclaré auprès du même consulat être employé en qualité de cadre au sein d'une entreprise algérienne située en Algérie. Par ailleurs, il ressort des avis de non-imposition au titre des années 2017, 2018, 2019 et 2020 produits par M. A que celui-ci n'a perçu aucun revenu en France au cours de la même période. Enfin, M. A n'établit pas disposer d'un logement en France et, ainsi qu'il ressort du rapport d'enquête dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, ses déclarations selon lesquelles il était hébergé depuis le 1er décembre 2015 étaient fausses, ce que d'ailleurs il ne conteste pas. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, c'est à bon droit que la présidente du conseil départemental de l'Oise a retenu que M. A n'avait pas eu sa résidence stable et effective à compter du mois d'octobre 2017. Enfin, M. A ne saurait se prévaloir de ce qu'il a été contraint de rester en Algérie après février 2020 du fait de la fermeture des frontières en raison de la pandémie de Covid-19 et de la grave maladie dont souffrait son père dès lors que, ainsi qu'il vient d'être dit, il résidait déjà en Algérie avant cette date. Par suite, c'est par une exacte application des dispositions du code de l'action sociale et des familles que la présidente du conseil départemental de l'Oise a estimé que M. A ne remplissait pas les conditions pour prétendre au revenu de solidarité active pour la période d'octobre 2017 à octobre 2020 et lui a demandé le remboursement des sommes qu'il a perçues à ce titre tout au long de la période.

6. En second lieu, aux termes de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles : " L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active ou le département en recouvrement des sommes indûment payées. "

7. Il résulte de l'instruction que M. A a bénéficié du revenu de solidarité active d'octobre 2017 à octobre 2020 en déclarant, de façon réitérée, résider en France alors que, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, il n'avait pas sa résidence stable et effective sur le territoire français durant cette période. Dès lors, la présidente du conseil départemental de l'Oise a pu, à bon droit, considérer que la déclaration d'une résidence en France, effectuée de façon répétée pendant quatre ans, révélait une volonté manifeste de dissimulation et constituait une fausse déclaration au sens de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles. Par suite, M. A ne saurait se prévaloir de la prescription biennale prévue par ces dispositions.

8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite de la présidente du conseil départemental de l'Oise rejetant son recours contre la décision de la caisse d'allocations familiales de l'Oise du 8 octobre 2020, ni, par voie de conséquence, la décharge des sommes mises à sa charge. ". A défaut de pourvoi dans les délais impartis, ces jugements sont revêtus de l'autorité de la chose jugée et la fin de non-recevoir opposée par le département doit être accueillie. En tant que de besoin, il y sera renvoyé.

Sur la régularité du titre n° 2023-24981-1 émis le 7 avril 2023 :

9. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. Toute réclamation dirigée contre une décision de récupération de l'indu, le dépôt d'une demande de remise ou de réduction de créance ainsi que les recours administratifs et contentieux, y compris en appel, contre les décisions prises sur ces réclamations et demandes ont un caractère suspensif. () ".

10. M. A soutient que le département de l'Oise n'était pas en droit d'émettre un titre exécutoire en vue du recouvrement de l'amende administrative dès lors qu'un recours contre cette décision avait été introduit devant le tribunal administratif. Toutefois, et dès lors que le titre exécutoire ne concerne que le recouvrement d'une amende administrative et non celui de l'indu de revenu de solidarité active, son émission par le département de l'Oise n'est pas contraire à l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles précité. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté alors, en tout état de cause, que le recouvrement du titre émis a été suspendu dès que le département de l'Oise a eu connaissance du recours engagé.

11. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision de récupération de l'indu, le dépôt d'une demande de remise ou de réduction de créance ainsi que les recours administratifs et contentieux, y compris en appel, contre les décisions prises sur ces réclamations et demandes ont un caractère suspensif ".Ces dispositions sont applicables aux réclamations dirigées contre une décision de récupération d'un indu et aux demandes de remise ou de réduction de la créance ainsi qu'aux recours administratifs ou contentieux contre les décisions prises sur ces réclamations et demandes. Elles ne concernent pas les décisions par lesquelles le président du conseil départemental prononce une amende administrative.

12. En troisième lieu, Il résulte de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, éclairé par les travaux préparatoires de la loi n° 2009-526 du 12 mai 2009 de simplification et de clarification du droit et d'allégement des procédures d'où ses deux derniers alinéas sont issus, d'une part, que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif doivent mentionner les nom, prénoms et qualité de l'auteur de cette décision, au sens de l'article 4 de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations, codifié depuis lors au premier alinéa de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, de même, par voie de conséquence, que l'ampliation adressée au redevable et, d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de cet auteur. Lorsque le bordereau est signé non par l'ordonnateur lui-même mais par une personne ayant reçu de lui une délégation de compétence ou de signature, ce sont, dès lors, les noms, prénoms et qualité de cette personne qui doivent être mentionnés sur le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif, de même que sur l'ampliation adressée au redevable. En ce sens avis C.E du 26 septembre 2018 n° 421481. Ainsi que le soulève le requérant, le titre exécutoire en litige est entaché d'un vice de forme au vu de la jurisprudence précitée dès lors qu'il y a une discordance entre le signataire du bordereau du titre produit en défense et la personne mentionnée comme l'auteur du titre dans l'ampliation adressée au requérant. Il résulte en effet des pièces produites que, si les ampliations mentionnent que le titre a été émis par la présidente du conseil départemental de l'Oise, le bordereau le concernant a été signé par la directrice adjointe " Appui et ressources à la direction de l'action sociale territoriale et de l'insertion du département ", par délégation de la présidente. Ce moyen d'irrégularité au contraire des suivants est fondé et justifie l'annulation du titre exécutoire en litige.

13. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () imposent des sujétions () ". L'article L. 211-5 du même code prévoit que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article 24 du décret n° 2012-1246 : " () / Toute créance liquidée faisant l'objet d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation () ".

14. Le titre exécutoire litigieux mentionne qu'il correspond à un " AMENDE FRAUDE RSA M. C A " et est d'un montant de 4 205,90 euros. Si le requérant devait être regardé comme soutenant que le titre exécutoire n'est pas motivé, notamment en ce qui concerne le montant de l'amende, il résulte de l'instruction que M. A a été préalablement rendu destinataire d'un courrier en date du 21 novembre 2022, par lequel la présidente du conseil départemental l'informait de son intention de prononcer à son encontre une amende administrative d'un montant de 4 205,90 euros, ainsi que du courrier en date du 6 avril 2023, auquel le titre exécutoire fait explicitement référence, l'informant des motifs de l'amende administrative et de son montant. Dans ces conditions, le département de l'Oise a satisfait à l'obligation qui lui incombait d'indiquer, de manière suffisamment claire et précise, les motifs et le montant de l'amende.

Sur le bien-fondé de l'amende :

15. Aux termes de l'article R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles: " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Aux termes de l'article L. 262-52 du même code: " La fausse déclaration ou l'omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu du revenu de solidarité active est passible d'une amende administrative prononcée et recouvrée dans les conditions et les limites définies, en matière de prestations familiales, aux sixième, septième, neuvième et dixième alinéas du I, à la seconde phrase du onzième alinéa du I et au II de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. La décision est prise par le président du conseil départemental après avis de l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 262-39 du présent code. La juridiction compétente pour connaître des recours à l'encontre des contraintes délivrées par le président du conseil départemental est la juridiction administrative. Aucune amende ne peut être prononcée à raison de faits remontant à plus de deux ans ". Aux termes du sixième, devenu septième alinéa du I de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale, auquel il est ainsi renvoyé : " () Le directeur de l'organisme concerné notifie le montant envisagé de la pénalité et les faits reprochés à la personne en cause, afin qu'elle puisse présenter ses observations écrites ou orales dans un délai d'un mois. A l'issue de ce délai, le directeur de l'organisme prononce, le cas échéant, la pénalité et la notifie à l'intéressé () ". Il résulte de ces dispositions qu'une amende administrative ne peut être infligée par le président du conseil départemental à un allocataire du revenu de solidarité active sans que ce dernier ait été mis en mesure de présenter ses observations écrites ou orales et, notamment, sans qu'il ait été fait droit à la demande d'audition qu'il aurait formée en vue de présenter des observations orales, alors même qu'il aurait également présenté des observations écrites.

16. Il résulte de l'instruction que par un courrier du 21 novembre 2022 adressé à M. A par lettre recommandée avec accusé de réception, la présidente du conseil départemental de l'Oise a informé M. A de son intention de lui infliger une amende administrative. Ce courrier prévoyait la possibilité pour l'intéressé de présenter des observations dans un délai de trente jours. Ce courrier, régulièrement présenté le 22 novembre 2022 à l'adresse indiquée par M. A aux services départementaux, a été retourné, le

14 décembre 2022, au département de l'Oise avec la mention " pli avisé et non réclamé ". Il doit donc être regardé comme ayant été régulièrement notifié à l'intéressé à la date de première présentation le 22 novembre 2022. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction, et il n'est d'ailleurs pas allégué par le requérant, que ce dernier ait demandé à être auditionné devant l'équipe pluridisciplinaire du département de l'Oise en vue de présenter des observations orales. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision du 6 avril 2023 lui infligeant une sanction administrative a été prise au terme d'une procédure irrégulière faute de lui permettre de présenter ses observations. Ce moyen doit donc être écarté comme infondé.

17. Aux termes, en premier lieu, de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre () ". Selon l'article R. 262-6 de ce code, pris pour l'application de l'article L. 262-3 du même code, les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités prévues par les articles R. 262-1 à R. 262-121, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. Aux termes de l'article R. 262-37 du code précité : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Aux termes de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles, dans sa version en vigueur à la date de la décision attaquée : " La fausse déclaration ou l'omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu du revenu de solidarité active est passible d'une amende administrative prononcée et recouvrée dans les conditions et les limites définies, en matière de prestations familiales, aux sixième, septième, neuvième et dixième alinéas du I, à la seconde phrase du onzième alinéa du I et au II de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. () / Aucune amende ne peut être prononcée à raison de faits remontant à plus de deux ans () ". Il résulte de ces dispositions que le président du conseil départemental ne peut sanctionner, par l'amende administrative qu'elles prévoient, que des fausses déclarations ou des omissions délibérées de déclaration ayant abouti à un versement indu du revenu de solidarité active qui s'est poursuivi moins de deux ans avant la date à laquelle il prononce cette amende.

18. Il appartient au juge, saisi d'une contestation portant sur une sanction que l'administration inflige à un administré, de se prononcer, eu égard à son office de juge de plein contentieux, sur les manquements qui sont à l'origine du prononcé de cette sanction.

19. Il résulte de l'instruction que l'indu de revenu de solidarité active notifié à M. A résulte de ce qu'il ne pouvait être considéré, ainsi qu'il l'a été rappelé au point 5 du présent jugement, que M. A avait sa résidence stable et effective en France Dans ces conditions, c'est par une exacte application des dispositions du code de l'action sociale et des familles que la présidente du conseil départemental de l'Oise a estimé que M. A ne remplissait pas les conditions pour prétendre au revenu de solidarité active pour la période d'octobre 2017 à octobre 2020 et lui a demandé le remboursement des sommes qu'il a perçues à ce titre tout au long de la période. Il s'ensuit que la présidente du conseil départemental de l'Oise a fait une exacte application des dispositions de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles en lui infligeant une amende administrative.

20. En deuxième lieu, en application de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale, le montant de la pénalité est fixé en fonction de la gravité des faits, dans la limite de quatre fois le plafond mensuel de la sécurité sociale. Le montant de l'amende 4 205,90 euros retenu par la présidente du conseil départemental de l'Oise est justifié et proportionné à la gravité des faits commis par M. A.

21. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active.() La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ".

22. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que l'indu de revenu de solidarité active mis à la charge de M. A trouve son origine dans de fausses déclarations répétées, lesquelles font nécessairement obstacle, en vertu de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles précité, à ce qu'une remise de dette lui soit accordée.

23. Il résulte de tout ce qui précède, alors que la fin de non-recevoir opposée tenant à l'autorité de la chose jugée s'opposant à ce qu'il soit fait droit à la demande de remise gracieuse de l'indu de RSA , en l'absence de demande de l'espèce, que M. A est seulement fondé à demander l'annulation du titre émis le 7 avril 2023 en vue du recouvrement de l'amende infligée de 4 205,90 euros en raison de l'irrégularité formelle du titre émis.

En revanche, cette annulation n'étant prononcée que pour un vice de forme, les conclusions de M. A tendant à la décharge de l'obligation de payer cette même somme ne peuvent qu'être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à ses conclusions tendant au bénéfice des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. A.

Article 2 : Le titre n° 20223-2491 émis le 7 avril 2023 par la présidente du conseil départemental de l'Oise en vue du paiement d'une amende de 4 205,90 euros est annulé.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Desfardes et au département de l'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2025.

Le magistrat désigné,

signé

G. Truy La greffière,

signé

S. Chatellain

La République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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