mardi 31 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2302654 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE PRESIDENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires enregistrés les 4 août et 25 septembre 2023 ainsi que le 8 juillet 2024, Mme B A demande au tribunal d'annuler la décision du 18 juillet 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Oise a refusé de lui accorder une remise de sa dette de revenu de solidarité active d'un montant de 850,98 euros pour la période d'avril à mai 2023, et de lui accorder cette remise de dette.
Elle soutient que :
- elle est de bonne foi ;
- elle se trouve dans une situation de précarité financière l'empêchant de rembourser l'indu litigieux.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 20 juin et 10 octobre 2024, la présidente du conseil départemental de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, ont été entendus le rapport de M. Wavelet et les observations de Mme A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens, puis la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 6 juin 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Oise a notifié à Mme A un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 850,98 euros pour la période d'avril à mai 2023. L'intéressée a sollicité la remise gracieuse de sa dette par un courrier du 11 juin 2023. Par une décision du 18 juillet 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Oise a rejeté sa demande. Mme A demande au tribunal l'annulation de cette décision ainsi que la remise de sa dette.
Sur l'étendue du litige :
2. Il résulte de l'instruction que postérieurement à l'introduction de la requête, par une décision du 25 mars 2024 produite en défense, la présidente du conseil départemental de l'Oise a accordé à Mme A une remise partielle de sa dette à hauteur d'un montant de 425,49 euros. Par suite, les conclusions de la requête de Mme A relatives à la remise de dette sont, dans la mesure de la remise partielle d'un montant de 425,49 euros dont elle a bénéficié, devenues sans objet et il n'y a dès lors plus lieu de statuer, sur les conclusions à fin de remise de dette, que sur le solde de celle-ci s'élevant à 425,49 euros.
Sur la remise du solde de la dette de revenu de solidarité active :
3. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. / () ".
4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
5. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
6. Pour solliciter la remise totale de sa dette, Mme A soutient qu'elle se trouve dans une situation financière précaire qui ne lui permet pas de rembourser l'indu de revenu de solidarité active d'un montant initial de 850,98 euros ramené à 425,49 euros qui lui a été notifié. Au soutien de ses prétentions, la requérante produit des pièces justificatives desquelles il ressort que ses ressources mensuelles s'établissent à 1 811,44 euros dont 1 298,94 euros correspondant à sa pension de retraite. Ses charges peuvent être regardées comme établies à hauteur d'un montant mensuel de 1 205,57 euros. Dans ces conditions, et eu égard par ailleurs au montant du solde de l'indu restant à sa charge, Me A, quelle que soit sa bonne foi dans l'omission déclarative à l'origine de l'indu litigieux, ne peut être regardée en l'espèce comme se trouvant dans une situation de précarité telle que le remboursement du solde de sa dette de revenu de solidarité active excéderait ses capacités contributives. Il est cependant loisible à M. A, si elle s'y croit fondée, de solliciter auprès de la caisse d'allocations familiales de l'Oise un échelonnement du paiement de sa dette adapté à sa situation financière.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 18 juillet 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Oise a refusé de lui accorder une remise de sa dette de revenu de solidarité active, ni à ce que la remise du solde de sa dette lui soit accordée.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à la remise de dette à hauteur de la remise partielle de 425,49 euros accordée à Mme A le 25 mars 2024.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au département de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 décembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
F. Wavelet La greffière,
Signé
V. Martinval
La République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026