vendredi 9 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2302734 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE PRESIDENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces complémentaires et deux mémoire enregistrés les 14 août, 26 septembre et 19 octobre 2023 et le 16 avril 2024, ainsi que par un mémoire enregistré le 24 mai 2024 non communiqué, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 15 juin 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Aisne ne lui a accordé qu'une remise partielle de sa dette correspondant à un indu d'allocation de logement familiale d'un montant total de 1 734,41 euros pour la période de janvier à septembre 2022 qui lui a été notifié par deux courriers des 15 et 16 avril 2023, et a laissé à sa charge la somme de 867,21 euros, ainsi que la remise du solde de la dette laissée à sa charge.
Il soutient que :
- il est de bonne foi ;
- il se trouve dans une situation de précarité financière qui ne lui permet pas de rembourser sa dette.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 14 mars et 25 avril 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Aisne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Wavelet pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, le rapport de M. Wavelet a été entendu et, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par deux décisions des 15 et 16 avril 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Aisne a notifié à M. A deux indus d'allocation de logement familiale d'un montant total de 1 734,41 euros pour la période de janvier à septembre 2022. L'intéressé a présenté une demande de remise gracieuse de sa dette et, par une décision du 15 juin 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Aisne a fait droit partiellement à cette demande à hauteur de 50 %. M. A demande l'annulation de cette décision en tant qu'elle ne lui a pas accordé une remise totale de sa dette, ainsi que la remise du solde de la dette laissée à sa charge à hauteur de 867,21 euros.
2. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable au recouvrement d'indu d'aide personnelle au logement en vertu de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. () / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. () ". Aux termes de l'article L. 825-3 du code de la construction et de l'habitation : " () Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : () 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement. ". Aux termes de l'article R. 825-3 du code de la construction et de l'habitation : " () Lorsqu'il est saisi d'une demande de remise gracieuse de dette relative à un trop-perçu au titre d'une aide personnelle au logement ou d'une prime de déménagement, sans que soit contesté le bien-fondé de la dette, l'organisme payeur en accuse réception par tout moyen permettant de lui conférer date certaine, dans les quinze jours suivant la réception de la demande. / Le directeur de l'organisme payeur statue sur la demande de remise gracieuse après avis de la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 825-2. / Il dispose d'un délai de deux mois pour notifier sa décision à la personne intéressée. / Faute d'une décision du directeur de l'organisme payeur portée à la connaissance de l'intéressé dans ce délai de deux mois, la demande de remise gracieuse de dettes est réputée rejetée. / La décision prise dans ces conditions peut faire l'objet d'un recours contentieux sans recours administratif préalable ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
4. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé à la prestation ou à l'allocation ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
5. Pour solliciter la remise totale de sa dette, M. A soutient que le montant de la dette laissée à sa charge est disproportionné par rapport à ses revenus et sa situation financière et, ce faisant, doit être regardé comme soutenant qu'il est dans une situation financière précaire et que l'indu d'allocation de logement familiale laissé à sa charge, pour un montant de 867,20 euros, dépasse ses capacités contributives. Au soutien de ses allégations, il produit divers justificatifs desquels il ressort que ses ressources mensuelles s'élèvent à 1 796,44 euros de salaire quand ses charges mensuelles sont établies à hauteur de 1 648,53 euros. Par ailleurs, il résulte de l'instruction, en particulier des indications de la CAF, que le quotient familial de l'intéressé s'élève à 493 euros tant en juin 2023 qu'en mars 2024. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, eu égard notamment au montant du quotient familial de l'intéressé, M. A doit être regardé comme se trouvant dans une situation de précarité justifiant que lui soit accordée une réduction supplémentaire de sa dette d'allocation de logement familiale, à hauteur de 100 % du solde de 867,20 euros laissé à sa charge par la décision attaquée. Par suite, il y a lieu d'accorder à M. A une réduction supplémentaire de sa dette à hauteur de 867,20 euros, la dette devenant ainsi entièrement soldée.
6. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à obtenir une réduction supplémentaire de sa dette d'allocation de logement familiale à hauteur de 867,20 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Il est accordé à M. A une remise partielle complémentaire de 867,20 euros (huit cent soixante-sept euros et vingt centimes) de sa dette d'allocation de logement familiale pour la période de janvier à septembre 2022.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A et à la caisse d'allocations familiales de l'Aisne.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 9 août 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
F. Wavelet La greffière,
Signé
V. Martinval
La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026