mardi 31 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2303469 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE PRESIDENT |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 6 octobre et 15 novembre 2023 sous le n° 2303469, Mme A B demande au tribunal d'annuler la décision du 11 septembre 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Oise a refusé de lui accorder une remise de sa dette correspondant à un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 296,65 euros pour la période d'octobre à décembre 2022 ainsi que pour les mois de février et juillet 2023, qui lui a été notifié par courrier du 20 juillet 2023, ainsi que la remise totale de sa dette.
Elle soutient que :
- elle est de bonne foi ;
- elle est dans une situation de précarité financière ne lui permettant pas de rembourser sa dette.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 juin 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
II. Par une requête enregistrée le 27 mai 2024 sous le n° 2402090, Mme A B demande au tribunal d'annuler la décision du 9 avril 2024 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Oise ne lui a accordé qu'une remise partielle de sa dette correspondant un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant initial de 296,65 euros pour la période d'octobre à décembre 2022 ainsi que pour les mois de février et juillet 2023, qui lui a été notifié par courrier du 20 juillet 2023, et a laissé à sa charge la somme de 222,49 euros, ainsi que la remise totale de la dette laissée à sa charge.
Elle soutient que :
- elle est de bonne foi ;
- elle est dans une situation de précarité financière ne lui permettant pas de rembourser sa dette.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 juin 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation,
- le code de la sécurité sociale,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Wavelet pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel des affaires, le rapport de M. Wavelet a été entendu et, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 20 juillet 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Oise a notifié à Mme B un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant initial de 296,65 euros pour la période d'octobre à décembre 2022 ainsi que pour les mois de février et juillet 2023. Mme B a sollicité une remise gracieuse de sa dette et, par une décision du 11 septembre 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Oise a rejeté sa demande. La caisse d'allocations familiales de l'Oise a cependant réexaminé la situation de l'intéressée et, par une décision du 9 avril 2024, lui a accordé une remise partielle de sa dette à hauteur de 74,16 euros, laissant ainsi à sa charge la somme de 222,49 euros. Par les requêtes n° 2303469 et 2402090, Mme B demande au tribunal d'annuler les décisions des 11 septembre 2023 et 9 avril 2024 et de lui accorder la remise gracieuse de la dette laissée à sa charge.
2. Les requêtes susvisées concernent la situation d'une même requérante et d'une dette identique, présentent à juger des questions similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.
3. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable au recouvrement d'indu d'aide personnelle au logement en vertu de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. () / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. () ". Aux termes de l'article L. 825-3 du code de la construction et de l'habitation : " () Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : () 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement. ". Aux termes de l'article R. 825-3 du code de la construction et de l'habitation : " () Lorsqu'il est saisi d'une demande de remise gracieuse de dette relative à un trop-perçu au titre d'une aide personnelle au logement ou d'une prime de déménagement, sans que soit contesté le bien-fondé de la dette, l'organisme payeur en accuse réception par tout moyen permettant de lui conférer date certaine, dans les quinze jours suivant la réception de la demande. / Le directeur de l'organisme payeur statue sur la demande de remise gracieuse après avis de la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 825-2. / Il dispose d'un délai de deux mois pour notifier sa décision à la personne intéressée. / Faute d'une décision du directeur de l'organisme payeur portée à la connaissance de l'intéressé dans ce délai de deux mois, la demande de remise gracieuse de dettes est réputée rejetée. / La décision prise dans ces conditions peut faire l'objet d'un recours contentieux sans recours administratif préalable ".
4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
5. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé à la prestation ou à l'allocation ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
6. Pour solliciter la remise de sa dette, Mme B soutient qu'elle se trouve dans une situation financière précaire qui ne lui permet pas de rembourser l'indu d'aide personnalisée au logement qui lui a été notifié à hauteur d'un montant initial de 296,65 euros ramené à 222,49 euros après une remise de dette partielle à hauteur de 74,16 euros. Au soutien de ses prétentions, elle produit diverses pièces justificatives desquelles il ressort que les ressources mensuelles de son foyer sont établies à hauteur de 1 393,63 euros de salaire net en avril 2023 et que les charges mensuelles sont établies à hauteur de 674,14 euros. Dans ces conditions, eu égard par ailleurs au montant non contesté de son quotient familial de 755 euros en mai 2024 et au montant de la dette laissée à sa charge, Mme B, quelle que soit sa bonne foi dans l'erreur de déclaration à l'origine de l'indu litigieux, ne peut être regardée en l'espèce comme se trouvant dans une situation de précarité telle que le remboursement de sa dette d'aide personnalisée au logement excéderait ses capacités contributives.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions de la caisse d'allocations familiales de l'Oise des 11 septembre 2023 et 9 avril 2024, ni à ce que lui soit accordée une remise de sa dette d'aide personnalisée au logement.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n°s 2303469 et 2402090 présentées par Mme B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la caisse d'allocations familiales de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 décembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
F. Wavelet La greffière,
Signé
V. Martinval
La République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2303469 et 2402090
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026