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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2303886

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2303886

mercredi 24 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2303886
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJU1

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 novembre 2023 et 23 janvier 2024, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision du ministre de l'intérieur et des outre-mer en date du 17 août 2023 en tant qu'elle porte notification du solde du capital points attaché à son permis de conduire ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux.

M. B soutient que le décompte de ses points est erroné. Il en veut pour preuve un autre courrier daté du 7 septembre 2022 faisant état d'un solde de 11 points. Il certifie n'avoir pas été destinataire de l'avis de contravention le concernant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 décembre 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Le ministre de l'intérieur et des outre-mer soutient que les conclusions de la requête ne sont pas fondées au regard des autres infractions commises par M. B.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Truy, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Truy a été entendu au cours de l'audience publique.

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 223-3 du code de la route : " Le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple quand il est effectif ".

2. A supposer que M. B puisse être regardé comme soutenant que l'ensemble des décisions de retrait de points suite aux infractions commises et mentionnées par la décision " 48SI " ne lui ont jamais été notifiées par courrier, les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire, prévue par les dispositions précitées, ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant, la légalité de ces retraits. Cette procédure a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont dispose celui-ci pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. Par conséquent, la circonstance que l'administration ne soit pas en mesure d'apporter la preuve que la notification des retraits successifs, effectuée par lettre simple, a bien été reçue par son destinataire, ne saurait lui interdire de constater que le permis a perdu sa validité, dès lors que la décision procédant au retrait des derniers points récapitule les retraits antérieurs et les rend ainsi opposables au conducteur. Par suite, le moyen tiré de l'absence de notification des décisions de retrait de points à la suite des infractions commises est inopérant et doit être écarté dans une situation où il n'appartient au juge administratif d'avoir à connaitre de la question de l'imputabilité d'une infraction.

3. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ". Il résulte de ces dispositions que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions qu'elles prévoient dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si le contrevenant justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.

4. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral relatif à la situation du permis de conduire du requérant, édité le 11 décembre 2023 et produit par le ministre de l'intérieur, que M. B, depuis qu'il a été destinataire d'un courrier en date du 7 septembre 2022 l'informant du solde du capital points attaché à son permis de conduire, soit 11 points, a commis deux infractions en date des 3 novembre 2022 et 22 juillet 2023 entrainant respectivement un retrait de 4 et 1 points aux dates auxquelles les amendes correspondantes ont été acquittées soit les 21 novembre 2022 et 4 août 2023. Il suit de là que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision du 17 août 2023 doit être annulée du fait du solde prétendument erroné du capital de point attaché à son permis de conduire.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du ministre de l'intérieur et des outre-mer portant retrait de points du solde de points du permis de conduire de M. B doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 avril 2024.

Le magistrat désigné,

signé

G. Truy

La greffière,

signé

M-A. Boignard La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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