LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2304174

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2304174

vendredi 14 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2304174
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSCP BOUQUET-FAYEIN BOURGOIS-WADIER

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Amiens annule la décision du 2 octobre 2023 par laquelle le préfet de la Somme a refusé à M. B..., ressortissant tunisien, la délivrance d'une carte de résident. Le tribunal estime que le préfet a fait une inexacte appréciation de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, car les condamnations pénales de 2015, remontant à huit ans, ne suffisent pas à caractériser une menace grave pour l'ordre public. La solution retenue est l'annulation partielle de la décision, sans qu'il soit nécessaire d'examiner les autres moyens, dont celui tiré de la méconnaissance de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 4 décembre 2023 et 6 décembre 2024, M. A... B..., représenté par Me Fayein-Bourgois, doit être regardé comme demandant au tribunal :

d’annuler la décision du 2 octobre 2023 en tant que le préfet de la Somme lui a refusé la délivrance d’une carte de résident ;

à titre principal, d’enjoindre au préfet de la Somme de lui délivrer une carte de résident dans le délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 10 euros par jour de retard ;

à titre subsidiaire, d’enjoindre au préfet de la Somme de réexaminer sa situation, dans le délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 10 euros par jour de retard ;

de mettre à la charge de l’Etat, au bénéfice de son conseil, la somme de 2 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l’accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- son comportement ne constitue pas une menace à l’ordre public.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 octobre 2024, le préfet de la Somme conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B... ne sont pas fondés.

M. B... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 10 janvier 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- l’accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme Cousin, rapporteure, a été entendu au cours de l’audience publique.

Considérant ce qui suit :

M. B..., ressortissant tunisien né le 13 février 1980, est entré en France le 25 juillet 2002 sous couvert d’un visa de long séjour. Il a obtenu des cartes de séjour temporaires portant la mention « étudiant » puis, après à son mariage en 2007 avec une ressortissante française dont il est aujourd’hui divorcé, il s’est vu délivrer une carte de résident. Il a fait l’objet de deux condamnations pénales à des peines de prison en mai 2015 et novembre 2015, celles-ci ayant donné lieu au retrait de sa carte de résident par une décision du 26 avril 2018. M. B... s’est vu délivrer chaque année, à compter de cette date, une carte de séjour temporaire mention « vie privée et familiale ». Par une décision du 2 octobre 2023, le préfet de la Somme lui a à nouveau refusé la délivrance d’une carte de résident et l’a informé du renouvellement pour un an de sa carte de séjour mention « vie privée et familiale », sur le fondement des articles L. 432-1 et L. 413-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Dans le cadre de la présente instance,
M. B... doit être regardé comme demandant l’annulation de cette décision en tant qu’elle porte rejet de sa demande de carte de résident.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

Aux termes de l’article 10 de l’accord franco-tunisien du 17 mars 1988 : « Un titre de séjour d’une durée de dix ans est délivré de plein droit au ressortissant tunisien qui justifie par tous moyens avoir sa résidence habituelle en France depuis qu’il a atteint au plus l’âge de dix ans, ou en situation régulière depuis plus de dix ans, et qui n’a pas été condamné définitivement pour crime ou délit, à une peine au moins égale à six mois d’emprisonnement sans sursis ou à un an avec sursis, ou à plusieurs peines d’emprisonnement au moins égales, au total, à ces mêmes durées ».

3. Aux termes de l’article L. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ».

Il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet de la Somme a considéré que le comportement de M. B... constituait une menace à l’ordre public dès lors qu’il avait fait l’objet, le 15 mai 2015, d’une condamnation à trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel d’Amiens pour outrage par parole, écrit, image à magistrat ou juré dans l’exercice de ses fonctions, violence à magistrat dans l’exercice de ses fonctions et rébellion et, le 4 novembre 2015, d’une nouvelle condamnation par ce même tribunal à une peine de deux mois de prison pour violence avec usage ou menace d’une arme suivi d’incapacité n’excédant pas huit jours. Toutefois, à la date de la décision litigieuse, les faits en cause remontaient à huit ans, et il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B..., qui réside en France depuis plus de vingt ans, avait fait l’objet d’autres condamnations. Dès lors, ces faits ne suffisent pas à caractériser une menace suffisamment grave pour l’ordre public justifiant le refus d’octroi de la carte de résident sollicitée. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que le préfet de la Somme a fait une inexacte appréciation des dispositions de l’article L. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. B... est fondé à demander l’annulation de la décision attaquée du 2 octobre 2023 en tant qu’elle lui refuse l’octroi d’une carte de résident.

Sur les conclusions à fin d’injonction :

L’exécution du présent jugement implique nécessairement que le préfet de la Somme délivre à M. B... une carte de résident de dix ans, sous réserve d’une évolution des circonstances de fait et de droit à la date de cette délivrance. Il y a lieu de l’y enjoindre dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement sans qu’il soit besoin, à ce stade, d’assortir cette injonction d’une astreinte.

Sur les frais liés à l’instance :

Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, sous réserve que Me Fayein-Bourgois renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat, de mettre à la charge de l’Etat la somme de 900 euros à verser à Me Fayein-Bourgois.



D E C I D E :

Article 1er : La décision du préfet de la Somme du 2 octobre 2023 est annulée en tant qu’elle refuse à M. B... la délivrance d’une carte de résident.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Somme de délivrer une carte de résident de dix ans dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L’Etat versera à Me Fayein-Bourgois une somme de 900 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, sous réserve qu’elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B..., au préfet de la Somme et à Me Fayein-Bourgois.

Délibéré après l'audience du 21 octobre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Lebdiri, président,
Mme Cousin, première conseillère,
M. Richard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2025.




Le président,

Signé

S. Lebdiri





La rapporteure,

Signé

C. Cousin

Le greffier,

Signé

N. Verjot

La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 515333

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.

03/05/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026

← Retour aux décisions