mardi 31 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2304420 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE PRESIDENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 décembre 2023, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 décembre 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Aisne ne lui a accordé qu'une remise partielle de sa dette correspondant à un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant initial de 664,16 euros pour la période de décembre 2022 à juin 2023 qui lui a été notifié par courrier du 26 juin 2023, et a laissé à sa charge la somme de 498,12 euros ;
2°) d'annuler la décision implicite du 14 décembre 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Aisne a rejeté son recours administratif préalable contre la décision du 26 juin 2023 par laquelle elle lui a notifié un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant initial de 664,16 euros pour la période de décembre 2022 à juin 2023.
Elle soutient qu'elle n'a ni menti ni commis de fraude pour percevoir l'aide personnalisée au logement qui lui a été versée pendant la période litigieuse de décembre 2022 à juin 2023 : elle était placée en arrêt de travail pour maladie du 1er novembre 2022 au 10 janvier 2023, du 7 au 24 mars 2023, du 29 mars au 9 avril 2023, du 17 au 28 avril 2023, du 22 mai au 2 juin 2023, du 3 au 18 août 2023 et du 22 août au 7 octobre 2023.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 mai 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Aisne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, le rapport de M. Wavelet a été entendu et, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 26 juin 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Aisne a notifié à Mme B A un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant initial de 664,16 euros pour la période de décembre 2022 à juin 2023. Par un courrier du 30 juin 2023, Mme A doit être regardée comme ayant non seulement sollicité la remise gracieuse de sa dette mais également formé un recours administratif préalable contestant le bien-fondé de l'indu notifié. Par une décision du 14 décembre 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Aisne a fait droit partiellement à sa demande de remise gracieuse. En l'absence de réponse explicite au recours préalable de l'intéressée, la caisse d'allocations familiales de l'Aisne doit être regardée comme ayant implicitement rejeté celui-ci et confirmé l'indu notifié le 14 décembre 2023. Mme A doit ainsi être regardée comme demandant au tribunal l'annulation de la décision du 14 décembre 2023 refusant de lui accorder une remise de dette ainsi que la décision implicite du même jour rejetant son recours préalable à l'encontre de l'indu notifié le 26 juin 2023.
Sur le bien-fondé de l'indu d'aide personnalisée au logement :
2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Les aides personnelles au logement comprennent : / 1° l'aide personnalisée au logement ; / () ". Aux termes de l'article L. 823-1 du même code : " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. / Ce barème est établi en prenant en considération : / 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; / 2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine et, s'il y a lieu, de son conjoint et des personnes vivant habituellement à son foyer () ".
3. Pour contester l'indu qui lui a été notifié, Mme A soutient qu'elle n'a ni menti ni commis de fraude pour percevoir l'aide personnalisée au logement qui lui a été versée pendant la période litigieuse de décembre 2022 à juin 2023 et fait valoir qu'elle était placée en arrêt de travail pour maladie du 1er novembre 2022 au 10 janvier 2023, du 7 au 24 mars 2023, du 29 mars au 9 avril 2023, du 17 au 28 avril 2023, du 22 mai au 2 juin 2023, du 3 au 18 août 2023 et du 22 août au 7 octobre 2023. Cependant par ses seules allégations au demeurant non assorties de pièces venant à leur soutien, la requérante n'établit pas que la caisse d'allocations familiales de l'Aisne aurait procédé à un calcul erroné de ses droits à l'origine de l'indu. En outre, la requérante ne conteste pas les observations en défense de la caisse d'allocations familiales selon lesquelles les données que cet organisme a enregistrées concordent en tous points avec celles que Mme A a indiquées.
4. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision implicite du 14 décembre 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Aisne a confirmé l'indu contesté.
Sur la remise de dette d'aide personnalisée au logement :
5. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable au recouvrement d'indu d'aide personnelle au logement en vertu de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. () / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. () ". Aux termes de l'article L. 825-3 du code de la construction et de l'habitation : " () Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : () 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement. ". Aux termes de l'article R. 825-3 du code de la construction et de l'habitation : " () Lorsqu'il est saisi d'une demande de remise gracieuse de dette relative à un trop-perçu au titre d'une aide personnelle au logement ou d'une prime de déménagement, sans que soit contesté le bien-fondé de la dette, l'organisme payeur en accuse réception par tout moyen permettant de lui conférer date certaine, dans les quinze jours suivant la réception de la demande. / Le directeur de l'organisme payeur statue sur la demande de remise gracieuse après avis de la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 825-2. / Il dispose d'un délai de deux mois pour notifier sa décision à la personne intéressée. / Faute d'une décision du directeur de l'organisme payeur portée à la connaissance de l'intéressé dans ce délai de deux mois, la demande de remise gracieuse de dettes est réputée rejetée. / La décision prise dans ces conditions peut faire l'objet d'un recours contentieux sans recours administratif préalable ".
6. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
7. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé à la prestation ou à l'allocation ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
8. Au soutien de ses conclusions tendant à l'octroi d'une remise de sa dette d'aide personnalisée au logement, la requérante n'établit pas par la production de pièces en ce sens, ni même n'allègue, qu'elle se trouverait dans une situation de précarité financière. Par suite, et quelle que soit sa bonne foi quant à l'origine de l'indu, la requérante n'établit pas être dans une situation de précarité telle qu'elle ne serait pas en mesure de rembourser sa dette d'aide personnalisée au logement d'un montant initial de 664,16 euros pour la période de décembre 2022 à juin 2023.
9. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 14 décembre 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Aisne a refusé de lui accorder une remise de sa dette d'aide personnalisée au logement, ni à ce que cette remise de dette lui soit accordée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la caisse d'allocations familiales de l'Aisne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 décembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
F. Wavelet La greffière,
Signé
V. Martinval
La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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