mercredi 18 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2400097 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE PRESIDENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 janvier 2024 et un mémoire enregistré le 22 mai 2025 mais non communiqué, Mme B A demande au tribunal d'annuler la décision du 18 décembre 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Aisne a refusé de lui accorder une remise totale de sa dette correspondant à un indu de prime d'activité d'un montant de 2 393,20 euros ainsi que la remise totale de sa dette.
Elle soutient ne pas avoir déclaré par erreur l'ensemble de ses revenus et indique ne pas être en mesure de faire face au remboursement demandé compte tenu de ses charges de famille.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 mai 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Aisne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier et notamment celle enregistrée le 15 avril 2025 et non communiquée.
Vu :
- le code de la sécurité sociale,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Truy pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, le rapport de M. Truy a été entendu et, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 23 juin 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Aisne a notifié à Mme A un indu de prime d'activité d'un montant de 2 393,20 euros. Mme A a sollicité une remise gracieuse de cette dette et, par une décision du 18 décembre 2023 la caisse d'allocations familiales de l'Aisne a rejeté sa demande. Mme A doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer l'annulation de cette décision et lui accorder la remise gracieuse de sa dette.
2. D'une part, aux termes de l'article R. 846-5 du code de la sécurité sociale : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. "
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. " Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire de la prime d'activité ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.
4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
5. Il résulte de l'instruction que Mme A n'a pas porté dans ses déclarations trimestrielles de ressources l'intégralité des salaires qu'elle a perçus ainsi que ceux de son concubin. Si Mme A a pu de bonne foi se tromper dans le niveau des revenus de son foyer en ne mentionnant que le montant net de ses revenus, elle ne pouvait ignorer, eu égard aux mentions figurant sur le formulaire de déclarations de ressources, qu'elle devait déclarer l'intégralité de ses revenus salariaux. Compte tenu de la nature de l'omission et de son caractère réitéré, Mme A, qui a déjà fait l'objet d'une décision du 9 juin 2022 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Aisne a mis à sa charge le remboursement d'une somme de 1 231,12 euros correspondant à un précédent indu de prime d'activité, doit être regardée comme ayant fait de fausses déclarations au sens de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles. Cette circonstance fait obstacle à ce que Mme A puisse prétendre à une remise ou à une réduction de sa dette de prime d'activité, quelle que soit sa situation financière actuelle.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision de la caisse d'allocations familiales de l'Aisne du 18 décembre 2023 ni la remise de sa dette de prime d'activité.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la caisse d'allocations familiales de l'Aisne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2025.
Le magistrat désigné,
signé
G. Truy La greffière,
signé
M-A. Boignard
La République mande et ordonne à la préfète de l'Aisne en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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