jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2400690 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JU2 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 février 2024, Mme B A demande au tribunal de prononcer :
1°) la décharge de la taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2023 dans les rôles de la commune de La Hérie (Aisne) à raison de l'immeuble d'habitation situé 45, rue Maurice Brugnon ;
2°) la décharge de l'obligation de payer l'imposition d'une propriété dont elle ne détient qu'une fraction de l'usufruit.
Mme A soutient ne pouvoir être redevable de la totalité de la taxe foncière afférente à un immeuble dont elle ne détient qu'une fraction de l'usufruit.
Par mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2024, le directeur départemental des finances publiques de la Somme par intérim conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions en décharge de l'obligation de payer et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier et notamment les pièces complémentaires enregistrées le 16 mars 2024.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Truy, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Truy a été entendu au cours de l'audience publique ainsi que les conclusions de M. Menet, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, Mme A doit être regardée comme sollicitant la décharge de la taxe foncière sur les propriétés bâties ainsi que la décharge de l'obligation de payer cette même taxe à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2023 et 2022, dans les rôles de la commune de La Hérie (Aisne) à raison de l'immeuble situé 45, rue Maurice Brugnon.
Sur les conclusions en décharge de l'obligation de payer :
2. Il résulte des indications non contredites de la directrice départementale des finances publiques de la Somme que la mise en demeure de payer la totalité de l'imposition de taxe foncière contestée a été annulée. La demande en ce sens de Mme A, au demeurant irrecevable à défaut de demande préalable, est devenue sans objet.
Sur les conclusions en décharge :
3. En premier lieu, aux termes de l'article 1400 du code général des impôts : " I. Sous réserve des dispositions des articles 1403 et 1404, toute propriété, bâtie ou non bâtie, doit être imposée au nom du propriétaire actuel. II. Lorsqu'un immeuble est gavé d'usufruit ou loué soit par bail emphytéotique, soit par bail à construction, soit par bail réel solidaire, soit par bail à réhabilitation ou fait l'objet d'une autorisation d'occupation temporaire du domaine public constitutive d'un droit réel, la taxe foncière est établie au nom de l'usufruitier, de l'emphytéote, du preneur à bail à construction ou à réhabilitation, du preneur du bail réel solidaire ou du titulaire de l'autorisation ( )". L'article 1402 du même code énonce : " Les mutations cadastrales consécutives aux mutations de propriété sont faites à la diligence des propriétaires intéressés. Aucune modification à la situation juridique d'un immeuble ne peut faire l'objet d'une mutation si l'acte ou la décision judiciaire constatant cette modification n'a pas été préalablement publié au fichier immobilier ". Aux termes de l'article 1403 du même code : " Tant que la mutation cadastrale n'a pas été faite, l'ancien propriétaire continue à être imposé au rôle, et lui ou ses héritiers naturels peuvent être contraints au paiement de la taxe foncière, sauf leur recours contre le nouveau propriétaire ". Aux termes de l'article 1404 de ce code : " I. Lorsque au titre d'une année une cotisation de taxe foncière a été établie au nom d'une personne autre que le redevable légal, le dégrèvement de cette cotisation est prononcé à condition que les obligations prévues à l'article 1402 aient été respectées ". L'article 1415 du même code énonce enfin : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition ".
4. Il résulte de l'instruction que Mme A, est copropriétaire avec ses autres
beaux-frères et belles-sœurs d'un bien détenu en indivision situé 45, rue Maurice Brugnon à La Hérie (Aisne). L'avis d'imposition portant sur la taxe foncière due au titre de l'année 2023, émis au nom de Mme B A a été adressé au domicile de l'intéressée pour la totalité du montant de l'imposition due. Cette circonstance n'a pas eu pour effet de la rendre, dès lors qu'en sa qualité de co-indivisaire non solidaire elle n'est tenue au paiement de la taxe qu'à proportion de ses droits dans l'indivision, débitrice de la totalité de la taxe litigieuse. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir qu'elle aurait été considérée par l'administration, à tort, comme le redevable légal de l'intégralité de l'imposition litigieuse.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de se prononcer sur les conclusions en décharge de l'obligation de payer.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la directrice départementale des finances publiques de la Somme.
Copie en sera adressée au directeur des finances publiques de l'Aisne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
G. TruyLa greffière,
Signé
F. Joly
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
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