mardi 31 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2400968 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE PRESIDENT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 12 mars et 10 avril 2024, Mme A B demande au tribunal d'annuler la décision du 8 février 2024 par laquelle la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise a refusé de lui accorder le bénéfice de l'aide médicale d'Etat.
Elle soutient qu'elle ne vit pas irrégulièrement en France depuis son entrée sur le territoire, qu'elle est en couple, mère d'une fille et enceinte d'un second enfant, qu'elle est dans l'attente d'un courrier de la préfecture et qu'elle n'a pas les moyens de prendre en charge ses dépenses de santé.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 juillet 2024, la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, le rapport de M. Wavelet a été entendu et, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante turque, a présenté le 20 septembre 2023 une demande d'aide médicale de l'Etat auprès de la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise, qui l'a rejetée par une décision initiale du 16 novembre 2023. Par la décision contestée du 8 février 2024 prise sur recours administratif préalable et l'intéressée demande l'annulation, la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise a confirmé le refus d'octroi de cette aide.
2. Aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'action sociale et des familles : " Tout étranger résidant en France de manière ininterrompue sans remplir la condition de régularité mentionnée à l'article L. 160-1 du code de la sécurité sociale depuis plus de trois mois, et dont les ressources ne dépassent pas le plafond mentionné au 1° de l'article L. 861-1 de ce code a droit à l'aide médicale de l'Etat pour lui-même et pour : / 1° Les personnes mentionnées aux 1° et 2° de l'article L. 161-1 du code de la sécurité sociale ; / () ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide sociale, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.
4. Mme B, ressortissante turque, s'est vu refuser le bénéfice de l'aide médicale d'Etat au motif que les documents fournis, dont la date se situe en dehors d'une période de référence comprise entre le 20 septembre 2022 et le 20 juin 2023, ne permettent pas de justifier de sa présence ininterrompue sur le territoire français depuis plus de trois mois. Or, la requérante produit, à l'appui de son recours, une facture d'électricité du 24 mars 2022 établie à ses noms et adresse ainsi en tout état de cause qu'un courrier de relance du 7 février 2023 concernant le paiement d'une facture d'électricité. La requérante doit ainsi être regardée en l'espèce comme justifiant de sa présence sur le territoire français de manière ininterrompue depuis plus de trois mois à la date de sa demande.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision du 8 février 2024 de la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 8 février 2024 de la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise est annulée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 décembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
F. Wavelet La greffière,
Signé
V. Martinval
La République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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