vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2401124 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 mars 2024, Mme A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche a refusé de l'indemniser en réparation du préjudice né de l'absence versement de ses indemnités de sujétions ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 16 951, 67 euros en réparation du préjudice subi.
Elle soutient que :
- le pouvoir réglementaire a commis une faute de nature à engager sa responsabilité, en privant les accompagnants des élèves en situation de handicap de bénéficier d'une indemnité de sujétions, en application du décret n°2015-1087 portant régime indemnitaire spécifique en faveur des personnels exerçant dans les écoles ou établissements relevant des programmes
" Réseau d'éducation prioritaire renforcé " et " Réseau d'éducation prioritaire " ;
- sa demande est fondée dès lors que du 31 août 2017 au 31 décembre 2023, elle a réalisé des missions en qualité d'assistante d'éducation, puis d'accompagnante des élèves en situation de handicap, en réseau d'éducation prioritaire renforcé ;
- son manque à gagner s'élève à 16 951,67 euros.
Par un courrier du 22 mars 2024, la requérante a été invitée, en application de l'article R. 412-1 du code de justice administrative, à régulariser la présentation de sa requête en produisant, dans un délai quinze jours, la copie de son recours préalable du 11 décembre 2023 adressé au rectorat et dont elle a produit l'accusé de réception du 15 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".
2. D'autre part, aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation () ".
3. Enfin, selon l'article L. 612-1 du code de justice administrative : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser () La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 () ". Et selon l'article R. 611-8-6 de ce code : " Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai () ".
4. A l'appui de sa demande tendant à la réparation du préjudice né de l'absence de versement par le pouvoir réglementaire de ses indemnités de sujétions, Mme B s'est bornée à produire un accusé de réception postal sans joindre de copie du courrier de recours préalable ainsi envoyé. Par un courrier du 22 mars 2024, ayant fait l'objet d'un accusé de réception délivré le 24 mars 2024 par l'application informatique mentionnée à l'article R. 414-2 du code de justice administrative, la requérante a été invitée, à peine d'irrecevabilité, à régulariser la présentation de sa requête en produisant, dans un délai de quinze jours, la copie de sa demande préalable du 11 décembre 2023 adressée au rectorat, dont elle a produit l'accusé de réception le 15 décembre 2023. La requérante n'a pas produit la pièce demandée à la suite de cette demande de régularisation. Elle n'a pas plus justifié de l'impossibilité de la produire. Il s'ensuit que Mme B, qui n'a ultérieurement produit aucune pièce, n'a pas régularisé la présentation des conclusions de sa requête à l'expiration du délai qui lui avait été imparti à cette fin et demande dès lors l'annulation d'une décision dont l'existence matérielle n'est pas rapportée. La requête est donc entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit être rejetée par application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Fait à Amiens, le 20 septembre 2024.
Le président de la 3ème chambre,
signé
S. Thérain
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°2401124
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