jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2401394 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JU1 |
| Avocat requérant | DEVOS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 avril 2024, M. A B représenté par Me Devos demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 20 mars 2024 par laquelle la préfète de l'Oise a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois ;
2°) d'enjoindre la restitution de son permis de conduire dans le délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que la procédure contradictoire préalable n'a pas été respectée.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 mai 2024, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
La préfète fait valoir, à titre principal que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Truy, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Truy a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 26 février 2024 à 16 h 55, M. B a été intercepté par un officier de police judiciaire de la COB de Crépy-en-Valois sur le territoire de la commune de Crépy-en-Valois alors qu'il avait refusé de se soumettre aux épreuves de vérification et d'analyse en vue de déterminer s'il avait fait usage de produits stupéfiants. La préfète de l'Oise a alors prononcé à l'encontre de M. B, le 20 mars 2024, une décision de suspension de son permis de conduire pour une durée de six mois. M. B demande au tribunal l'annulation de cette décision.
2. L'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Aux termes de l'article L. 121-2 du même code : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : / 1° En cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles ; () ". La décision par laquelle un préfet, sur le fondement de l'article L. 224-7 du code de la route, interdit la délivrance d'un permis de conduire à un conducteur qui n'est pas titulaire d'un tel permis est une décision individuelle défavorable qui doit être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. En l'absence d'une procédure contradictoire particulière organisée par les textes, le préfet doit se conformer aux dispositions des articles L. 121-1, L. 121-2 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, en informant le conducteur de son intention d'interdiction et de la possibilité qui lui est offerte de présenter des observations dans les conditions prévues par ces dispositions. Le préfet ne peut légalement se dispenser de cette formalité, en raison d'une situation d'urgence, que s'il apparaît, eu égard au comportement du conducteur, que le fait de différer l'interdiction pendant le temps nécessaire à l'accomplissement de la procédure contradictoire créerait des risques graves pour lui-même ou pour les tiers.
3. En l'espèce, le requérant soutient que la préfète de l'Oise s'est dispensée de mettre en œuvre la procédure contradictoire prévue par les dispositions du code des relations entre le public et l'administration. Il résulte toutefois de l'instruction que, par une lettre datée du 4 mars 2024, qui est produite en copie, la préfète de l'Oise a informé M. B qu'elle envisageait de procéder à l'interdiction d'obtenir un permis de conduire, conformément aux dispositions de l'article L. 224-7 du code de la route, et l'a invité, dans un délai de dix jours calendaires à compter de la réception du courrier, à adresser ses observations sur la mesure envisagée. Le requérant a répliqué à cette lettre, envoyée par courrier simple, le 13 mars 2024 par courrier reçu le 19 mars 2024 par la préfecture. La circonstance que la décision contestée, prise le 20 de ce même mois, comporterait une erreur de visa, devant être considérée en l'espèce comme une erreur matérielle, n'est pas de nature à en affecter la légalité. Dans ces conditions, le moyen tiré du non-respect de la procédure contradictoire doit être écarté,
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. B à fin d'annulation de la décision contestée doivent être rejetées, ainsi, par voie de conséquence, que celles à fin d'injonction et celles tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
signé
G. TruyLa greffière,
signé
M-A. Boignard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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01/06/2026
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01/06/2026
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01/06/2026