jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2401641 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JU1 |
| Avocat requérant | CLAEYS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal le 25 avril 2024, M. A D, représenté par Me Claeys, demande au tribunal :
1°) de prononcer l'annulation de la décision du préfet de la Somme en date du 12 mars 2024 portant suspension de son permis de conduire pour une durée de six mois à la suite de l'infraction commise le 6 mars 2024 ;
2°) d'enjoindre la restitution de son permis de conduire dans le délai d'un mois de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
M. D soutient qu'il n'est pas fait la preuve de la compétence du signataire de la décision dont il demande l'annulation. Il conteste les mentions du procès-verbal ayant prévalu à cette décision dans une situation où, n'étant pas l'auteur des diverses infractions imputées, le solde de son capital devrait s'établir à six.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 mai 2024, le préfet de la Somme conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Truy, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Par un courrier du 29 mai 2024, les parties ont été informées que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public tiré de l'incompétence pour le juge administratif d'avoir à connaître de la question de l'imputabilité d'une infraction.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Truy a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 6 mars 2024, M. D a été contrôlé par un agent de la police municipale d'Amiens alors qu'il circulait au volant de son véhicule. Le dépistage salivaire effectué s'est révélé positif. L'avis de rétention d'un permis de conduire, établi et signé par un agent de la police judiciaire à la suite de la constatation d'une infraction au code de la route fait foi de la matérialité des faits qui y sont consignés en l'absence de preuve contraire. Le préfet de la Somme a, dans ces conditions, prononcé à l'encontre de M. D une suspension de son permis de conduire pour une durée de six mois. M. D demande au tribunal l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, par un arrêté du 15 janvier 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour de la préfecture de la Somme, le préfet de la Somme a donné délégation à Mme C B, cheffe du bureau des droits de conduire de la préfecture de la Somme à l'effet de notamment signer les arrêtés portant suspension de permis de conduire. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué, signé par Mme B, a été pris par une autorité incompétente, doit être écarté.
3. En deuxième lieu, s'il revient à la juridiction administrative d'apprécier la légalité d'un arrêté préfectoral de suspension d'un permis de conduire pris à la suite d'une infraction au code de la route, il n'appartient qu'aux seules juridictions de l'ordre judiciaire de se prononcer sur la régularité de la constatation de ladite infraction. M. D, qui n'allègue pas avoir saisi la juridiction compétente, ne peut utilement contester devant le juge administratif les conditions de sa verbalisation, de la rétention de son permis de conduire. Par suite, la contestation de la matérialité des faits qui lui sont reprochés et donc la régularité du procès-verbal établi à son encontre ne constitue pas un moyen susceptible d'être utilement invoqué devant le juge administratif à l'encontre de la décision de suspension de son permis de conduire prise par le préfet de la Somme.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. / () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive () ".
5. M. D fait valoir que les faits reprochés concernant diverses infractions commises au volant d'un véhicule qu'il a cédé ne lui sont pas imputables. Néanmoins, les circonstances de fait ayant conduit aux retraits contestés de points ne sont critiquables que devant le seul juge pénal en vertu des articles 529-2, 530 et 530-1 du code de procédure pénale. Par suite, ce moyen est inopérant devant le juge administratif et doit dès lors être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. D tendant à l'annulation de la décision contestée doivent être rejetées, ainsi, par voie de conséquence, que celles aux fins d'injonction ainsi que celles tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet de la Somme.
Une copie en sera adressée, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
signé
G. Truy La greffière,
signé
M-A. Boignard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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01/06/2026
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01/06/2026