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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2401760

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2401760

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2401760
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJU2

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Amiens a rejeté la requête de Mme A épouse B, qui demandait la réduction de sa taxe foncière sur les propriétés bâties pour 2023. La requérante contestait la surface de son logement prise en compte par l'administration, notamment pour des chambres sous combles et des pièces qu'elle estimait non comptabilisables. Le tribunal a jugé que l'imposition avait été établie conformément à la déclaration H1 souscrite par la propriétaire en 1979, et que celle-ci n'apportait pas la preuve d'une consistance différente de son bien au 1er janvier 2023. La solution est fondée sur les articles 1380, 1494 et 1415 du code général des impôts, ainsi que sur les articles 324 L, 324 M et 324 T de l'annexe III de ce code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 mai et 14 août 2024, Mme C A épouse B demande au tribunal de prononcer la réduction de la taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2023 à raison des locaux dont elle est propriétaire au 17, rue Ernest Renan à Fitz James (Oise).

Mme A soutient que la surface réelle de son logement, en mitoyenneté, est moindre que celle prise en compte s'agissant notamment des chambres pour la hauteur sous plafond inférieure à 1m80 et des pièces n'ayant pas lieu d'être comptabilisées.

Par des mémoires, enregistrés le 25 juillet et 19 septembre 2024, la directrice départementale des finances publiques de la Somme conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les conclusions de la requête ne sont pas fondées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Truy, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. Truy a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. La requête de Mme A épouse B tend à la réduction de la taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2023 à raison des locaux dont elle est propriétaire.

2. En premier lieu, aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Aux termes de l'article 1494 du même code : " La valeur locative des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties () est déterminée, conformément aux règles définies par les articles 1495 à 1508, pour chaque propriété ou fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte ". Aux termes de l'article 1415 de ce code : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition ". Aux termes du I de l'article 1406 du code : " Les constructions nouvelles, ainsi que les changements de consistance ou d'affectation des propriétés bâties et non bâties, sont portés par les propriétaires à la connaissance de l'administration, dans les quatre-vingt-dix jours de leur réalisation définitive et selon les modalités fixées par décret () ".

3. Il résulte de l'instruction que l'assiette de la taxe foncière à laquelle Mme A épouse B a été assujettie comprend une maison d'habitation d'une surface de 110 m² retenue pour 106 m². Cette imposition a été établie conformément à la consistance de l'immeuble telle qu'elle a été décrite dans la déclaration H1 souscrite par la requérante le 29 octobre 1979, à l'achèvement de sa construction. Si Mme A soutient que son bien était en réalité d'une surface moindre, elle n'établit pas la consistance effective de l'immeuble à la date du 1er janvier 2023. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir qu'elle aurait été imposée à raison d'une surface au sol qui n'existait pas. Les surfaces où sont installées les chambres n'ont pas lieu d'être prises en compte avec application d'un coefficient de pondération alors même que l'immeuble en cause disposerait d'un mur mitoyen avec la maison voisine.

4. En troisième lieu, aux termes du I de l'article 324 L de l'annexe III : " Dans la maison ou la partie principale des locaux des immeubles collectifs, on distingue, le cas échéant : / a. Les pièces, telles que salles à manger, pièces de réception diverses, chambres, pièces à usage professionnel, cuisines, et leurs annexes, telles que salles d'eau (salles de bains, de douches ou cabinets de toilette avec eau courante), cabinets d'aisance, entrée, couloirs, antichambre, à l'exclusion des éléments énumérés au b ; b. Les garages, buanderies, caves, greniers, celliers, bûchers et autres éléments de même nature, ainsi que les terrasses et toitures-terrasses accessibles () ". Aux termes de l'article 324 M de la même annexe : " La surface pondérée des locaux de référence est déterminée en appliquant à leur surface réelle, mesurée au sol entre murs ou séparations et arrondie au mètre carré inférieur, les correctifs prévus aux articles 324 N à 324 S ". Aux termes du I de l'article 324 T : " La surface pondérée totale de la partie principale est obtenue en ajoutant à sa surface pondérée nette les surfaces représentatives des éléments d'équipement en état de fonctionnement. Ces équivalences superficielles sont déterminées conformément au barème suivant : / Eau courante : 4 mètres carrés ; / Gaz (en cas d'installation fixe) : 2 mètres carrés ; / Electricité (par installation quelle que soit l'utilisation du courant) : 2 mètres carrés ; / Installation sanitaire (éviers et w.-c. exclus): / Par baignoire : 5 mètres carrés ; / Par receveur de douches ou bac à laver : 4 mètres carrés. / Par lavabo et autre appareil sanitaire : 3 mètres carrés ; / W.-C. particulier (par unité) : 3 mètres carrés ; / Egout (raccordement au réseau d') par local : 3 mètres carrés ; / Vide-ordures (que celui-ci soit particulier au local ou commun à l'étage) : 3 mètres carrés ; / Chauffage central, par pièce et annexe d'hygiène (que l'installation soit particulière au local ou commune aux différents locaux de l'immeuble) : 2 mètres carrés ".

5. Il n'est pas contesté que les équivalences superficielles sur la base desquelles a été établie l'imposition en litige sont celles qui ressortaient de la déclaration H1 souscrite le 29 octobre 1979 et la requérante n'apporte aucun autre élément de nature à démontrer que la détermination des équivalences superficielles ayant servi à établir l'imposition serait erronée.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A épouse B ne peut qu'être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A épouse B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A épouse B et à la directrice départementale des finances publiques de la Somme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

G. TruyLa greffière,

Signé

F. Joly

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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