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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2402830

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2402830

vendredi 9 août 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2402830
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Amiens a rejeté la requête du maire d'Essigny-le-Grand visant à faire déclarer démissionnaire d'office un conseiller municipal. Le tribunal a jugé irrecevable le grief fondé sur un refus exprès d'être assesseur lors des élections européennes de juin 2024, car présenté après le délai d'un mois prévu à l'article R. 2121-5 du code général des collectivités territoriales. Concernant les élections législatives de juin et juillet 2024, les faits invoqués (absence de réponse aux sollicitations) étaient insusceptibles de justifier la démission d'office, faute de déclaration expresse ou d'abstention persistante après avertissement, conformément à l'article L. 2121-5 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2024, M. C D, maire de la commune d'Essigny-le-Grand (Aisne), demande au tribunal de déclarer M. A B démissionnaire d'office de ses fonctions de conseiller municipal de la commune.

Il soutient que :

- M. B a expressément refusé le 4 juin 2024 d'exercer les fonctions d'assesseur du bureau de vote lors du scrutin des élections européennes du 9 juin 2024 ;

- l'intéressé s'est également abstenu, sans excuse valable, de donner suite à ses sollicitations afin d'exercer ces mêmes fonctions lors des scrutins des élections législatives des 30 juin et 7 juillet 2024 ainsi que lors de précédents scrutins qui se sont tenus au cours des années 2021 et 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 7° rejeter, après l'expiration du délai de recours () les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondée, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

2. Aux termes de l'article L. 2121-5 du code général des collectivités territoriales : " Tout membre d'un conseil municipal qui, sans excuse valable, a refusé de remplir une des fonctions qui lui sont dévolues par les lois, est déclaré démissionnaire par le tribunal administratif. / Le refus résulte soit d'une déclaration expresse adressée à qui de droit ou rendue publique par son auteur, soit de l'abstention persistante après avertissement de l'autorité chargée de la convocation () ". Selon l'article R. 2121-5 du même code : " Dans les cas prévus à l'article L. 2121-5, la démission d'office des membres des conseils municipaux est prononcée par le tribunal administratif. / Le maire, après refus constaté dans les conditions prévues par l'article L. 2121-5 saisit dans le délai d'un mois, à peine de déchéance, le tribunal administratif () ".

3. En premier lieu, si le maire de la commune d'Essigny-le-Grand se prévaut du refus expressément opposé par M. B le 4 juin 2024 d'assurer les fonctions d'assesseur du bureau de vote lors du scrutin des élections européennes du 9 juin 2024, ce grief, qui a été présenté après l'expiration du délai d'un mois résultant des dispositions précitées de l'article

R. 2121-5 du code général des collectivités territoriale, est tardif et, comme tel, irrecevable. Il en va de même, à plus forte raison, des griefs fondés sur l'abstention de l'intéressé à exercer ces mêmes fonctions lors de scrutins qui se sont tenus au cours des années 2021 et 2022.

4. En second lieu, si le maire de la commune soutient également que l'intéressé n'a pas donné suite à ses sollicitations afin d'exercer ces mêmes fonctions lors des scrutins des élections législatives des 30 juin et 7 juillet 2024 sans excuse valable, il ne se prévaut ainsi, s'agissant de ces scrutins, d'aucune déclaration expresse de l'intéressé ou rendue publique par son auteur, non plus que d'aucune abstention persistante précédée d'un avertissement de l'autorité chargée de la convocation, alors qu'il ne résulte d'aucune pièce que l'intéressé ait été informé qu'il s'exposait à être déclaré démissionnaire d'office s'il s'abstenait d'exercer ces fonctions. Dès lors que seules de telles circonstances sont susceptibles de justifier la démission d'office d'un conseiller municipal sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 2121-5 du code général des collectivités territoriales, il s'ensuit que ce grief n'est assorti que de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête du maire de la commune d'Essigny-le-Grand, à l'appui de laquelle ce dernier ne se prévaut que de griefs irrecevables ou n'étant assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien, doit être rejetée sur le fondement des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête du maire de la commune d'Essigny-le-Grand est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au maire de la commune d'Essigny-le-Grand.

Fait à Amiens, le 9 août 2024.

Le président de la 3ème chambre,

signé

S. Thérain

La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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