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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2403621

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2403621

lundi 30 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2403621
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif d’Amiens rejette la requête de Mme A B contestant un indu de revenu de solidarité active (RSA) de 2 104,10 euros. La requérante n’a fourni aucun document à l’appui de ses allégations, malgré une demande de régularisation, ses moyens étant jugés manifestement dépourvus de précisions suffisantes. Le tribunal applique les articles R. 222-1 (7°) et R. 411-1 du code de justice administrative pour rejeter les conclusions principales. La demande subsidiaire d’échelonnement de la dette est également rejetée, le juge administratif ne pouvant se substituer à l’organisme payeur pour accorder un tel aménagement.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 septembre 2024, Mme C A B demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 21 août 2024 par laquelle le président du conseil départemental de l'Aisne a confirmé qu'elle était toujours redevable d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 2 104,10 euros ;

2°) à titre subsidiaire, de lui accorder un délai de paiement.

Elle soutient que :

- elle a fourni des documents médicaux datant de 2018 et 2019 car une maladie incurable lui avait été diagnostiquée à cette période-ci ;

- elle ne dispose pas de documents médicaux plus récents relatifs à ce diagnostic ;

- tous les documents médicaux liés à son séjour à l'étranger ont été transmis à la caisse primaire d'assurance maladie pour remboursement ;

- elle a prolongé son séjour à l'étranger pour des raisons de santé, notamment pour éviter une nouvelle fausse couche ;

- elle est de bonne foi ;

- elle est dans une situation de précarité financière ne lui permettant pas de rembourser sa dette.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 21 août 2024 :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : / () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / () ".

2. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " () La requête () contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / () ". Aux termes de l'article R. 772-6 du même code : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / () ".

3. Mme A B, qui demande l'annulation de la décision du 21 août 2024 par laquelle le président du conseil départemental de l'Aisne a confirmé qu'elle était toujours redevable d'un indu de revenu de solidarité active, soutient notamment qu'elle était dans l'incapacité de rentrer en France sur la période d'avril 2023 à mars 2024. Mme A B ne produit toutefois aucune pièce à l'appui de sa requête, notamment concernant sa maladie, la naissance de son enfant ou la date de son retour en France. Ses moyens étant dépourvus de précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, Mme A B a été invitée, par lettre du 19 septembre 2024, à régulariser sa requête à l'aide du formulaire prévu à cet effet dans un délai d'un mois. Mme A B, qui a accusé réception le 23 septembre 2024 de cet envoi, n'a produit, ni à l'expiration du délai qui lui était imparti ni même après celui-ci, aucun document de nature à établir ses allégations. Par suite, ses conclusions, qui ne comportent que des moyens manifestement dépourvus de précisions permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé, ne peuvent qu'être rejetées par application de l'article R. 411-1 et du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Sur les conclusions à fin d'échelonnement de la dette de Mme A B :

4. La requérante demande au tribunal, à titre subsidiaire, de lui accorder un échelonnement du remboursement de la somme due. Toutefois, il n'appartient pas aux tribunaux administratifs, juges de droit commun, de faire œuvre d'administrateur et d'accorder, en lieu et place de l'organisme payeur, un aménagement du remboursement de la dette issue d'un indu d'une prestation d'aide sociale. La demande de Mme A B, présentée directement devant le tribunal, ne peut donc qu'être rejetée. Cependant, il reste loisible à la requérante, si elle s'y croit fondée, de s'adresser directement à l'organisme payeur afin de solliciter la mise en place d'un échéancier adapté à ses capacités contributives.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A B.

Fait à Amiens, le 30 décembre 2024.

La présidente,

Signé

F. Demurger

La République mande et ordonne à la préfète de l'Aisne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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