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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2403980

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2403980

jeudi 12 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2403980
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d’Amiens a rejeté l’opposition formée par Mme A contre une contrainte émise par la CAF de l’Oise pour le recouvrement d’un indu de prime d’activité de 449 euros. La requérante contestait le bien-fondé de l’indu en invoquant une erreur de déclaration de son concubin et sa bonne foi. Le juge a relevé que Mme A n’avait pas exercé le recours administratif préalable obligatoire devant la commission de recours amiable, condition nécessaire pour contester le bien-fondé de l’indu dans le cadre d’une opposition à contrainte. En l’absence d’autres moyens recevables, la requête a été rejetée comme manifestement infondée en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er octobre 2024, Mme B A forme opposition à la contrainte émise le 13 septembre 2024 par la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Oise pour le recouvrement d'une somme de 449 euros correspondant à un indu de prime d'activité et aux frais de recouvrement.

Elle soutient qu'elle est de bonne foi et que l'erreur commise n'a eu aucune incidence sur sa situation réelle et ses droits à la prime d'activité avant l'installation avec son concubin.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : / () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / () ".

2. Aux termes de l'article R. 772-6 du code de justice administrative : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / () ".

3. D'une part, aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. / () ". L'article R. 142-1 de ce code dispose que : " () Cette commission doit être saisie dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision contre laquelle les intéressés entendent former une réclamation. "

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixées par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement () ". Aux termes de l'article R. 133-3 du même code : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner, dans les domaines mentionnés aux articles L. 133-8-7, L. 161-1-5 ou L. 244-9, une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles. / () / Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié () par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification ou de la signification () ".

5. Il résulte des dispositions citées au point 3 que les recours contentieux tendant à l'annulation de la décision du directeur d'une caisse d'allocations familiales ordonnant le reversement d'un indu de prime d'activité n'est recevable que si l'intéressé a préalablement exercé un recours administratif auprès de cette caisse. En revanche, les dispositions relatives à l'opposition à une contrainte délivrée en vue de l'exécution d'une telle décision citées au point 4 ne subordonnent pas l'exercice de cette voie de droit à l'exercice préalable du même recours administratif. Toutefois, le débiteur ne peut, à l'occasion de l'opposition, contester devant le juge administratif le bien-fondé des indus que s'il a exercé le recours administratif dans les conditions prévues par les dispositions citées au point 3.

6. A l'appui de sa requête, Mme A ne soulève qu'un moyen qui a trait au bien-fondé de l'indu de prime d'activité d'un montant de 449 euros, tiré de ce que son conjoint aurait commis une erreur dans la déclaration portant sur la date effective de leur emménagement, transmise à la caisse d'allocations familiales (CAF) de l'Oise et de ce qu'elle n'aurait pas pu prendre connaissance de l'indu de prime d'activité contesté. L'indu a été notifié à Mme A par une décision du 13 septembre 2024, qui comportait la mention du délai de recours préalable de deux mois auprès de la commission de recours amiable. Or, il résulte de l'instruction que Mme A n'a pas formé le recours administratif préalable obligatoire prévu par les dispositions citées au point 3 ci-dessus. Par suite, en l'absence d'un tel recours, Mme A ne peut utilement, à l'occasion de l'opposition à la contrainte du 13 septembre 2024, contester le bien-fondé de l'indu de prime d'activité en litige. En outre, si Mme A fait état de sa bonne foi celle-ci ne peut être utilement invoquée à l'encontre d'une contrainte. L'intéressée n'a par ailleurs soulevé aucun autre moyen, en dépit l'invitation en ce sens qui lui a été adressée le 4 avril 2025.

7. Il résulte de ce qui précède que, la requête de Mme A n'étant assortie que de moyens inopérants, celle-ci doit être rejetée par application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Amiens, le 12 juin 2025.

La présidente,

Signé

F. Demurger

La République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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