lundi 30 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2404355 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 octobre 2024, M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la contrainte émise le 11 octobre 2024 par le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Oise pour le recouvrement d'une somme de 3 414,98 euros correspondant à des indus de prime d'activité et de prime exceptionnelle de fin d'année au titre de l'année 2021 ;
2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de l'Oise de le rétablir dans ses droits et de lui verser les arriérés des prestations auxquelles il a le droit ;
3°) de condamner la caisse d'allocations familiales de l'Oise à lui verser la somme de 10 000 euros à titre de dommages et intérêts.
Il soutient que :
- la caisse d'allocations familiales de l'Oise n'établit pas qu'il aurait fraudé ;
- elle ne lui a fourni aucun justificatif détaillé des indus qu'elle souhaite recouvrir ;
- l'action en répétition de l'indu initiée par la caisse est prescrite s'agissant de certaines sommes qu'elle lui réclame ;
- la caisse a commis des erreurs de calcul ;
- la mise en demeure émise par la caisse est irrégulière car elle n'est pas conforme aux exigences de l'article R. 133-9-2 du code de la sécurité sociale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : / () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / () ".
2. Aux termes de l'article R. 772-6 du code de justice administrative : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / () ".
3. D'une part, aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. / () ". L'article R. 142-1 de ce code dispose : " () Cette commission doit être saisie dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision contre laquelle les intéressés entendent former une réclamation. "
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixées par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement () ". Aux termes de l'article R. 133-3 du même code, dans sa rédaction applicable à l'espèce : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner, dans les domaines mentionnés aux articles L. 161-1-5 ou L. 244-9, une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles. / () / Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié () par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification ou de la signification () ".
5. Il résulte des dispositions citées au point 3 que les recours contentieux tendant à l'annulation de la décision du directeur d'une caisse d'allocations familiales ordonnant le reversement d'un indu de prime d'activité n'est recevable que si l'intéressé a préalablement exercé un recours administratif auprès de cette caisse. En revanche, les dispositions relatives à l'opposition à une contrainte délivrée en vue de l'exécution d'une telle décision citées au point 4 ne subordonnent pas l'exercice de cette voie de droit à l'exercice préalable du même recours administratif. Toutefois, le débiteur ne peut, à l'occasion de l'opposition, contester devant le juge administratif le bien-fondé des indus que s'il a exercé le recours administratif dans les conditions prévues par les dispositions citées au point 3.
6. A l'appui de sa requête, M. B ne soulève que des moyens qui ont trait au bien-fondé des indus de prime d'activité et de prime exceptionnelle de fin d'année, notamment tirés de ce que la caisse d'allocations familiales de l'Oise n'établit pas l'existence d'une fraude et qu'elle a effectué des erreurs de calcul dans le montant des sommes réclamées. La décision par laquelle l'indu a été notifié à M. B comportait la mention du délai de recours préalable de deux mois auprès de la caisse d'allocations familiales. Or, il résulte de l'instruction que M. B n'a pas formé le recours administratif préalable obligatoire prévu par les dispositions citées au point 3 ci-dessus. Par suite, en l'absence d'un tel recours, M. B ne peut utilement, à l'occasion de l'opposition à la contrainte du 11 octobre 2024, contester le bien-fondé des indus de prime activité et de prime exceptionnelle de fin d'année en litige. Il résulte de ce qui précède que ses conclusions en annulation, qui ne sont assorties que de moyens inopérants, doivent être rejetée par application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
7. Il résulte de ce qui précède qu'en l'absence de toute illégalité fautive, M. B n'est pas fondé à demander la réparation des préjudices qu'il estime avoir subis. Par suite, ses conclusions indemnitaires ne peuvent qu'être rejetées.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Amiens, le 30 décembre 2024.
La présidente,
Signé
F. Demurger
La République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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