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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2500351

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2500351

mercredi 29 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2500351
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d’Amiens, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A, ressortissant marocain, qui demandait d’enjoindre au préfet de l’Oise de lui délivrer un récépissé de renouvellement de titre de séjour ou une attestation de prolongation d’instruction. Le juge a estimé que M. A n’apportait aucun élément précis démontrant l’urgence caractérisée justifiant une intervention dans un délai de quarante-huit heures, condition nécessaire pour l’application de cette procédure. La solution retenue est le rejet de la requête pour défaut d’urgence, sans examen du bien-fondé de l’atteinte aux libertés fondamentales invoquée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 janvier 2025, M. B A demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de l'Oise, de lui délivrer un récépissé de renouvellement de demande de titre de séjour " vie privée et familiale " ou une attestation de prolongation d'instruction.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il est titulaire d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " expirant le 1er février 2025 et qu'il se trouve dans une situation d'insécurité juridique puisque malgré ses demandes, l'administration se refuse à lui délivrer un récépissé de renouvellement de demande de titre de séjour ou une attestation de prolongation d'instruction ;

- ce refus porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de travailler et son droit au respect de sa vie privée et familiale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Menet, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 du code de justice administrative : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative que lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure particulière instituée à cet article, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

3. M. A, ressortissant marocain né le 25 août 2000, a déposé le 4 octobre 2024, une demande de renouvellement de son titre de séjour. M. A soutient que malgré ses demandes il n'a pu bénéficier depuis d'une attestation de prolongation d'instruction ou d'un récépissé de sa demande de renouvellement de son titre de séjour. Il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de l'Oise de lui délivrer de tels documents.

4. Pour justifier d'une urgence particulière rendant nécessaire l'intervention, dans un délai de quarante-huit heures, du juge des référés statuant sur le fondement de ces dispositions, le requérant soutient, sans apporter aucun élément, que ce refus l'empêche de travailler d'une part et qu'il est menacé de la perte de ses droits sociaux et professionnels à brève échéance d'autre part.

5. En l'absence de tout élément précis permettant d'apprécier les conséquences concrètes sur la situation de l'intéressé de l'absence de délivrance des documents précités,

M. A n'établit pas l'existence d'une urgence caractérisée, au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, justifiant qu'une mesure soit prise à très bref délai.

6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. A, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1 er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Amiens, le 29 janvier 2025.

Le juge des référés,

Signé

M. Menet

La République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2500351

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