Le Tribunal Administratif d’Amiens a rejeté la requête de Mme A..., qui contestait des agissements de son employeur, la commune de Cuts, notamment le défaut d’adaptation de son poste pour raisons de santé. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas l’exposé de conclusions claires, comme l’exige l’article R. 411-1 du code de justice administrative. Malgré une invitation à régulariser sa demande, la requérante n’a pas fourni les éléments nécessaires. L’ordonnance se fonde sur le 4° de l’article R. 222-1 du même code pour rejeter la requête comme manifestement irrecevable.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 septembre 2025, Mme B... A... indique contester certains agissements de son employeur.
Elle soutient que le maire de la commune de Cuts méconnait les recommandations formulées par la caisse primaire d’assurance maladie et le médecin expert, dès lors qu’aucune démarche n’a été entreprise afin d’adapter son poste à son état de santé après son refus d’entamer une période préparatoire au reclassement.
Par un courrier du 1er octobre 2025, Mme A... a été invitée à régulariser la présentation de sa requête dans un délai de quinze jours, en adressant au tribunal l’exposé de moyens contentieux et de conclusions à peine d’irrecevabilité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D’une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (...) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».
2. D’autre part, aux termes de l’article R. 411-1 du code de justice administrative : « La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge (…) ».
3. Enfin, aux termes de l’article R. 611-8-2 du même code : « Toute juridiction peut adresser par le moyen de l’application informatique mentionnée à l’article R. 414-1, à une partie ou à un mandataire qui y est inscrit, toutes les communications et notifications prévues par le présent livre pour tout dossier (…) ». Selon l’article R. 611-8-6 de ce code : « Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai (…) ».
4. Aux termes de sa requête, Mme A..., sans mentionner les conclusions qu’elle entend soumettre au tribunal, se borne à indiquer qu’elle conteste différents agissements de son employeur et n’expose ainsi aucune conclusion dont la juridiction pourrait être utilement saisie, alors même qu’elle a produit un arrêté du 2 septembre 2025 du maire de la commune de Cuts au titre de la pièce "acte attaqué" mais tout en contestant d’autres agissements et actes de cette même commune. Alors même que le tribunal n’y était pas tenu, Mme A... a été invitée, par un courrier du 1er octobre 2025, communiqué via l’application informatique mentionnée à l’article R. 414-1 du code de justice administrative, mis à sa disposition le même jour et dont elle est réputée avoir accusé réception dans un délai de deux jours ouvrés à compter de cette dernière date, à régulariser la présentation de sa requête en précisant les conclusions qu’elle entendait soumettre au tribunal, ce qui ne pouvait être déduit de ses seules écritures, l’intéressée n’a donné aucune suite à cette invitation. Il s’ensuit que la requête de Mme A... ne contient l’exposé d’aucune conclusion et doit, dès lors être rejetée sur le fondement des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....
Fait à Amiens, le 28 octobre 2025.
Le président de la 3ème chambre,
signé
S. Thérain
La République mande et ordonne au préfet de l’Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.