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AccueilJurisprudence administrativeN° TA83-1903414

Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-1903414

mardi 12 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-1903414
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantFEAT SOCIETE D'AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 18 septembre 2019 et le 29 juillet 2021, M. B C et Mme A D épouse C, représentés par Me Peltier-Feat, demandent au Tribunal :

1°) de prononcer la réduction des cotisation supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux mises à leur charge au titre des années 2015 et 2016 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- les intérêts versés dans le cadre du prêt immobilier conclu pour l'acquisition de l'immeuble sis rue Notre Dame à Toulon doivent être déduits, ainsi que le montant des assurances sur les prêts et sur les locaux ;

- ils prennent acte de la déduction des intérêts, mais le montant des assurances n'a pas été déduit ;

- ils prennent acte de ce que le montant de l'assurance habitation en ce qui concerne l'immeuble rue Raspail à Toulon a été déduit ;

- en ce qui concerne l'immeuble situé rue Saint-Paul à Hyères, les charges foncières doivent être déduites ;

- ils démontrent que ce bien était destiné à la location ;

- en ce qui concerne l'activité de location meublée de l'immeuble situé rue des Boucheries, la déclaration n° 2031 n'était pas obligatoire pour les années en litige et ils n'étaient pas tenus de s'immatriculer au registre du commerce et des sociétés ;

- en outre, le défaut de déclaration n'entraîne pas une remise en cause du régime réel d'imposition mais entraîne une imposition d'office, au régime réel normal ;

- ils ont droit à l'application du dispositif Scellier, le bien situé à Bastia ayant été acquis le 3 novembre 2010 et les travaux ayant été achevés le 30 novembre 2011.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 mars 2020, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme E,

- et les conclusions de M. Silvy, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme C demandent au Tribunal de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2015 et 2016 à l'issue d'un contrôle sur pièce réalisé en 2018.

Sur les revenus fonciers :

2. Les dispositions du I de l'article 31 du code général des impôts prévoient que les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net foncier comprennent, pour les propriétés urbaines, les dépenses de réparation et d'entretien, les frais de gérance et de rémunération des gardes et concierges supportés par le propriétaire et les intérêts des dettes contractées pour la conservation, l'acquisition, la construction, la réparation ou l'amélioration des propriétés. Aux termes du II de l'article 15 du même code : " Les revenus des logements dont le propriétaire se réserve la jouissance ne sont pas soumis à l'impôt. " Il résulte de ces dispositions que les charges afférentes aux logements dont le propriétaire se réserve la jouissance ne peuvent pas venir en déduction pour la détermination du revenu foncier compris dans le revenu global soumis à l'impôt sur le revenu. La réserve de jouissance est établie, notamment, par l'accomplissement ou non de diligences ayant pour objet de donner le bien en location. Il appartient donc au propriétaire d'apporter la preuve qu'il a offert à la location pendant l'année en cause le logement resté vacant au titre duquel il demande la déduction de charges foncières et qu'il a pris toutes les dispositions nécessaires pour le donner en location.

3. En premier lieu, ainsi que l'admettent les requérants dans leur mémoire en réplique, l'administration avait déjà, antérieurement à l'introduction de la requête, admis en déduction les intérêts versés dans le cadre du prêt immobilier conclu pour l'acquisition d'un immeuble rue Notre-Dame à Toulon, ainsi que les frais d'assurance habitation en ce qui concerne l'immeuble situé rue Raspail à Toulon. S'ils soutiennent par ailleurs que l'assurance du prêt immobilier et l'assurance habitation concernant l'immeuble rue Notre-Dame n'ont pas été déduites, il résulte de l'instruction qu'en ce qui concerne les années 2015 et 2016, les sommes respectives de 2 352 euros et 1 902 euros ont été déduites au titre des intérêts du prêt, incluant 277 euros pour chaque année au titre de l'assurance du prêt. En ce qui concerne les frais d'assurance habitation, il ressort de la réponse aux observations du contribuable du 12 décembre 2018 que les frais d'assurance pour les biens sis rue Notre-Dame ont été maintenus en déduction, ainsi que le démontrent par ailleurs les montants figurant à ce titre dans la décision de rejet du 18 juillet 2019.

4. En second lieu, si les requérants soutiennent que les charges foncières engagées au titre de l'immeuble situé rue Saint-Paul à Hyères doivent être déduites, ils ne démontrent pas par les pièces qu'ils produisent, avoir fait des diligences pour louer ce bien. L'attestation du 25 septembre 2018 émanant d'une agence immobilière indiquant avoir établi un mandat de location le 15 avril 2015 et la copie d'un mandat consenti à une autre agence le 12 mai 2015 sont insuffisantes à démontrer la réalité de ces diligences, alors que le bien était en travaux en 2015 tel que cela ressort notamment du mandat du 15 avril 2015. Dans ces conditions, l'administration a pu à bon droit refuser de tenir compte des charges afférentes à cet immeuble.

Sur les bénéfices industriels et commerciaux :

5. Aux termes de l'article 50-0 du code général des impôts : " 1. Sont soumises au régime défini au présent article pour l'imposition de leurs bénéfices les entreprises dont le chiffre d'affaires hors taxes, ajusté s'il y a lieu au prorata du temps d'exploitation au cours de l'année de référence, respecte les limites mentionnées au 1° du I de l'article 293 B, s'il s'agit d'entreprises relevant de la première catégorie définie au dernier alinéa du présent 1, ou les limites mentionnées au 2° du même I, s'il s'agit d'entreprises relevant de la deuxième catégorie. () 4. Les entreprises placées dans le champ d'application du présent article ou soumises au titre de l'année 1998 à un régime forfaitaire d'imposition peuvent opter pour un régime réel d'imposition. Cette option doit être exercée avant le 1er février de la première année au titre de laquelle le contribuable souhaite bénéficier de ce régime. Toutefois, les entreprises soumises de plein droit à un régime réel d'imposition l'année précédant celle au titre de laquelle elles sont placées dans le champ d'application du présent article exercent leur option l'année suivante, avant le 1er février. Cette dernière option est valable pour l'année précédant celle au cours de laquelle elle est exercée. En cas de création, l'option peut être exercée sur la déclaration visée au 1° du I de l'article 286. " D'autre part, aux termes de l'article 53 A du même code : " [] les contribuables, autres que ceux soumis au régime défini à l'article 50-0, sont tenus de souscrire chaque année, dans les conditions et délais prévus aux articles 172 et 175, une déclaration permettant de déterminer et de contrôler le résultat imposable de l'année ou de l'exercice précédent [] ".

6. En ce qui concerne l'activité de location de l'immeuble situé rue des Boucheries, il résulte de l'instruction que, les requérants n'ayant pas déposé de déclaration n° 2031 et ayant cessé toute activité de loueur de meublés non professionnels en 2013, tel que cela résulte de la déclaration de M. C au service des impôt des entreprises de Hyères et de la radiation du registre du commerce et des sociétés figurant au bulletin officiel des annonces civiles et commerciales le 11 juin 2015, l'administration a remis en cause les montants qu'ils avaient déclarés au régime du réel et les a évalués selon le régime micro-BIC. Les requérants ne contestent pas relever, en application de l'article 50-0 du code général des impôts, du régime micro-BIC compte-tenu du chiffre d'affaires réalisé et ne contestent pas non plus qu'ils n'ont pas déposé de déclarations n° 2031 relatives aux bénéfices industriels et commerciaux comme ils y sont astreints en cas de régime au réel. S'ils font valoir que le dépôt d'une telle déclaration en ce qui concerne les revenus tirés de l'activité de location de locaux d'habitation meublés n'est obligatoire que depuis le 1er janvier 2017, ils devaient déposer en tout état de cause une déclaration au titre de l'article 53 A précité du code général des impôts. L'administration a pu ainsi à bon droit appliquer le régime micro-BIC aux revenus de location meublée tirés de ce bien.

Sur la réduction d'impôt au titre de l'article 199 septvicies du code général des impôts :

7. Selon l'article 199 septvicies du code général des impôts dans sa rédaction applicable à la date du permis de construire : " I. ' Les contribuables domiciliés en France au sens de l'article 4 B qui acquièrent, entre le 1er janvier 2009 et le 31 décembre 2012, un logement neuf ou en l'état futur d'achèvement bénéficient d'une réduction d'impôt sur le revenu à condition qu'ils s'engagent à le louer nu à usage d'habitation principale pendant une durée minimale de neuf ans. La réduction d'impôt s'applique dans les mêmes conditions au logement que le contribuable fait construire et qui a fait l'objet, entre le 1er janvier 2009 et le 31 décembre 2012, d'un dépôt de demande de permis de construire, ainsi qu'au local affecté à un usage autre que l'habitation acquis entre ces mêmes dates et que le contribuable transforme en logement (). L'achèvement de la construction ou des travaux de transformation doit intervenir au plus tard au 31 décembre de la deuxième année qui suit celle de la demande de permis de construire ou celle de l'acquisition du local destiné à être transformé ".

8. Les requérants se prévalent d'une déclaration d'achèvement des travaux en date du 30 novembre 2011 pour soutenir que les travaux ont été achevés dans les délais requis par les dispositions précitées pour pouvoir bénéficier de la réduction d'impôt, soit, en l'espèce, avant le 31 décembre 2011. Il résulte toutefois de cette déclaration qu'elle ne concerne qu'une tranche de la totalité des travaux objets du permis de construire, la seconde tranche ayant été achevée le 31 janvier 2012, tel que cela ressort de la seconde déclaration d'achèvement. C'est donc à bon droit que l'administration a remis en cause la réduction d'impôt prévue à l'article 199 septvicies du code général des impôts.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de réduction présentées par les requérants doivent être rejetées, ainsi que leurs conclusions présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. et Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Mme A D épouse C et au directeur départemental des finances publiques du Var.

Délibéré après l'audience du 13 juin 2022, où siégeaient :

- Mme Chenal-Peter, présidente,

- Mme Duran-Gottschalk, première conseillère,

- M. Sportelli, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.

La rapporteure,

Signé

K. ELa présidente,

Signé

A-L. CHENAL-PETER

La greffière,

Signé

B. BALLESTRACCI

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la relance en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Et par délégation,

La greffière.

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