vendredi 21 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2000204 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LADOUCE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 janvier 2020, la société Clos Sainte Thérèse, représentée par Me Ladouce, demande au tribunal :
1°) d'annuler la convention de redevance spéciale conclue avec la communauté d'agglomération Sud Sainte Baume le 7 août 2018 ;
2°) d'enjoindre à la communauté d'agglomération Sud Sainte Baume de modifier
le décompte du ramassage des bacs d'ordures ménagères et de réduire le montant de sa redevance ;
3°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Sud Sainte Baume
le versement de la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la hausse de sa redevance est injustifiée et qu'il y a une disproportion manifeste entre les critères de la convention et la réalité de sa situation.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 juillet 2020, la communauté d'agglomération Sud Sainte Baume, représentée par Me Lerat, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que la société requérante lui verse une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le contentieux de la redevance spéciale relève du juge judiciaire auquel il appartient de vérifier le respect du principe de proportionnalité au service rendu ;
- les conclusions tendant à demander l'annulation de la convention de redevance spéciale sont irrecevables dès lors que cette convention ne présente pas les caractéristiques d'un acte faisant grief ;
- la convention n'a pas été signée des requérants et ne les engage pas en tant que telle ;
- la demande tendant à la modification du décompte de ramassage des bacs d'ordure ménagère et à la réduction du montant de la redevance doit être regardée comme dirigée contre la délibération du 18 décembre 2017 et donc tardive ;
- la société requérante n'établit pas que les données quantitatives retenues par la communauté d'agglomération pour calculer le montant de la redevance sont erronées.
Par une ordonnance du 8 mars 2022 la clôture d'instruction a été fixée au 8 avril 2022 en application des dispositions de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 octobre 2022 :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Helfter-Noah, rapporteure publique,
- en l'absence des parties.
Considérant ce qui suit :
1. La société du Clos Sainte Thérèse exploite le camping du même nom sur la commune de la Cadière d'Azur. Le 7 août 2018, la communauté d'agglomération Sud Sainte Baume a signé une convention avec la société du Clos Sainte Thérèse afin de définir les conditions et les modalités d'exécution de la collecte et du traitement des déchets assimilés aux ordures ménagères ne provenant pas des ménages, ainsi que la facturation du service correspondant. Le tarif de la redevance spéciale pour 2018, ainsi que le décompte du ramassage des bacs d'ordures ménagères sont annexés à cette convention. Par la présente requête, la société du Clos Sainte Thérèse demande l'annulation de la convention de redevance spéciale conclue avec la communauté d'agglomération Sud Sainte Baume le 7 août 2018, la modification du décompte du ramassage des bacs d'ordures ménagères et la réduction du montant de sa redevance.
Sur l'incompétence de la juridiction administrative :
2. Aux termes de l'article L. 2224-13 du code général des collectivités territoriales : " Les communes ou les établissements publics de coopération intercommunale assurent, éventuellement en liaison avec les départements et les régions, l'élimination des déchets des ménages. / Les communes peuvent transférer à un établissement public de coopération intercommunale ou à un syndicat mixte soit l'ensemble de la compétence de collecte et de traitement des déchets des ménages, soit la partie de cette compétence comprenant le traitement, ainsi que les opérations de transport qui s'y rapportent. Les opérations de transport, de transit ou de regroupement qui se situent à la jonction de la collecte et du traitement peuvent être intégrées à l'une ou l'autre de ces deux missions ". Aux termes de l'article L. 2224-14 du même code : " Les collectivités visées à l'article L. 2224-13 assurent également l'élimination des autres déchets définis par décret, qu'elles peuvent, eu égard à leurs caractéristiques et aux quantités produites, collecter et traiter sans sujétions techniques particulières ". Selon l'article L. 2333-76 de ce code : " Les communes, les établissements publics de coopération intercommunale et les syndicats mixtes qui bénéficient de la compétence prévue à l'article L. 2224-13 peuvent instituer une redevance d'enlèvement des ordures ménagères calculée en fonction du service rendu dès lors qu'ils assurent au moins la collecte des déchets des ménages () ". L'article L. 2333-78 du même code dispose : " Les communes, les établissements publics de coopération intercommunale et les syndicats mixtes peuvent instituer une redevance spéciale afin de financer la collecte et le traitement des déchets mentionnés à l'article L. 2224-14. / Ils sont tenus de l'instituer lorsqu'ils n'ont institué ni la redevance prévue à l'article L. 2333-76 du présent code ni la taxe d'enlèvement des ordures ménagères prévue à l'article 1520 du code général des impôts. / Ils ne peuvent l'instituer s'ils ont institué la redevance prévue à l'article L. 2333-76. Par exception, les syndicats mixtes qui ont institué cette redevance peuvent instituer la redevance spéciale prévue au présent article sur un périmètre limité à celui de leurs communes et établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre membres qui, en application, respectivement, du II de l'article 1520 et du a du 2 du VI de l'article 1379-0 bis du code général des impôts, ont institué et perçoivent pour leur propre compte la taxe d'enlèvement des ordures ménagères. / La redevance spéciale prévue au présent article se substitue, pour les déchets concernés, à celle prévue à l'article L. 2333-77. / Elle est calculée en fonction de l'importance du service rendu, notamment de la quantité des déchets gérés. Elle peut toutefois être fixée de manière forfaitaire pour la gestion de petites quantités de déchets ".
3. Il résulte de ces dispositions que les communes, leurs groupements ou
les établissements publics locaux assurant l'enlèvement des ordures, déchets et résidus qui n'ont pas institué la redevance d'enlèvement des ordures ménagères pour permettre le financement du service d'élimination des ordures ménagères par les usagers sont tenus de créer une redevance spéciale afin d'assurer la collecte et le traitement des déchets autres que les déchets ménagers mais qui peuvent être traités dans les mêmes conditions que ces derniers. Le législateur, en ordonnant la création de cette redevance spéciale, destinée à assurer le financement direct du service par les usagers et calculée en fonction de l'importance du service rendu, a entendu imposer aux collectivités concernées de gérer le service en cause comme une activité industrielle et commerciale. Par suite, ce service, qu'il soit géré en régie ou par voie de délégation, doit être regardé comme ayant un caractère industriel et commercial. Ainsi, il n'appartient qu'à la juridiction judiciaire de connaître des litiges relatifs à l'assiette et au recouvrement des redevances réclamées aux usagers de ce service.
4. En l'espèce, par une délibération du 18 décembre 2017, le conseil communautaire
de la communauté d'agglomération Sud Sainte Baume a institué sur son territoire une redevance spéciale qui se substitue à la redevance spéciale de camping de l'article L. 2333-77 du code général des collectivités territoriales en application de l'article L. 2333-78 du même code.
La convention de redevance spéciale conclue le 7 août 2018, dont la validité est contestée, prévoyait les conditions et les modalités d'exécution de la collecte et du traitement des déchets assimilés aux ordures ménagères ne provenant pas des ménages, ainsi que la facturation du service correspondant. La facturation du service figurait en annexe de cette convention, avec en annexe 1 un planning de ramassage indiquant le nombre de bacs collectés par jour de la semaine et en annexe 2 le montant de la redevance spéciale au titre de l'année 2018. Cette convention avait ainsi pour objet de déterminer la consistance de la prestation attendue du service public industriel et commercial assuré par la collectivité et l'assiette des redevances réclamées à l'usager en contrepartie de ce service.
5. Dans ces conditions, le litige qui oppose la communauté d'agglomération Sud Sainte Baume à la société du Clos Sainte Thérèse est relatif à l'assiette et au recouvrement de la redevance spéciale instituée par la communauté d'agglomération en application de l'article
L. 2333-78 du code général des collectivités territoriales. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus qu'un tel litige relève de la compétence de la juridiction judiciaire.
Sur les frais liés au litige :
6. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à chacune des parties la charge de ses frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Clos Sainte Thérèse est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté d'agglomération Sud Sainte Baume sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Clos Sainte Thérèse et à la communauté d'agglomération Sud Sainte Baume.
Délibéré après l'audience du 7 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sauton, président,
M. Cros, premier conseiller,
Mme Faucher, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2022.
La rapporteure,
signé
S. A
Le président,
signé
J-F. SautonLe greffier,
signé
P. Bérenger
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026