lundi 26 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2000340 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | GWENAEL SAINTILAN AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 janvier 2020 et 25 août 2022, Mme B D, venant aux droits de M. C D, représentée par Me Saintilan, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui ont été réclamés à M. D au titre de la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- M. D a exercé une activité de négoce de véhicules d'occasion sans but lucratif et intention spéculative, mais avec pour seul objectif d'assouvir sa passion de collectionneur ; il ne réalisait aucune marge sur les véhicules revendus ; dès lors, il n'exerçait pas une activité commerciale lucrative ;
- à titre subsidiaire, il doit bénéficier d'une taxation à la taxe sur la valeur ajoutée sur la marge en prenant en compte une marge nulle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 mai 2020, le directeur départemental des finances publiques du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E,
- et les conclusions de Mme Duran-Gottschalk, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme D ont fait l'objet d'un examen contradictoire de leur situation fiscale personnelle portant sur la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017. Par des propositions de rectification du 13 décembre 2018 et du 10 juillet 2019, le service vérificateur a notamment considéré que M. D avait exercé, à titre professionnel et habituel, une activité de négoce de véhicules non déclarée. Par la présente requête, Mme D venant aux droits de M. C D, décédé en cours d'instance, demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui ont ainsi été réclamés à M. D au titre de la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017, pour un montant total de 61 966 euros.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne le principe de l'assujettissement à la taxe sur la valeur ajoutée :
S'agissant de la loi fiscale :
2. Aux termes du I de l'article 256 du code général des impôts : " Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel ". Aux termes de l'article 256 A du même code : " Sont assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée les personnes qui effectuent de manière indépendante une des activités économiques mentionnées au cinquième alinéa, quels que soient le statut juridique de ces personnes, leur situation au regard des autres impôts et la forme ou la nature de leur intervention () Les activités économiques visées au premier alinéa se définissent comme toutes les activités de producteur, de commerçant ou de prestataire de services, y compris les activités extractives, agricoles et celles des professions libérales ou assimilées. Est notamment considérée comme activité économique une opération comportant l'exploitation d'un bien meuble corporel ou incorporel en vue d'en retirer des recettes ayant un caractère de permanence ".
3. Il résulte de l'instruction qu'au titre des années en litige, M. D a procédé à la cession de 115 véhicules automobiles pour un montant, correspondant seulement aux sommes encaissées sur ses comptes bancaires personnels, de 510 191,36 euros au titre de l'année 2015, 298 431,11 euros au titre de l'année 2016 et 387 215,64 euros au titre de l'année 2017. Au vu du nombre, de la fréquence des ventes constatées sur les trois années en litige et de la circonstance que ces véhicules sont conservés par M. D pendant une très courte durée avant d'être systématiquement placés en dépôt-vente sous son nom propre auprès de la SARL Prestige Auto Collection dont son épouse est associée gérante, l'administration fiscale a pu à bon droit estimer que M. D, du fait d'une activité habituelle d'achat et de revente de véhicules, avait, à ce titre, la qualité d'assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée au sens du I de l'article 256 du code général des impôts.
S'agissant de l'interprétation administrative de la loi fiscale :
4. Si la requérante évoque dans ses écritures les paragraphes n°s 1 et 70 de l'interprétation administrative de la loi fiscale référencée BOI-BIC-CHAMP-10-20 du 12 septembre 2012, elle n'en invoque toutefois pas le bénéfice sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales. En tout état de cause, ce document concerne les bénéfices industriels et commerciaux et non la taxe sur la valeur ajoutée. Par suite, il n'est pas applicable au litige.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :
S'agissant de la charge de la preuve :
5. Aux termes de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales : " Sont taxés d'office : () 3° aux taxes sur le chiffre d'affaires, les personnes qui n'ont pas déposé dans le délai légal les déclarations qu'elles sont tenues de souscrire en leur qualité de redevables des taxes ". Aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ". Aux termes de l'article R. 193-1 du même livre : " Dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré ".
6. Il résulte de ce qui a été dit au point 3 que M. D a exercé une activité d'achat et de revente de véhicules d'occasion au titre des années en litige. Il n'a pas déposé dans le délai légal les déclarations de taxes sur le chiffres d'affaires qu'il était tenu de souscrire concernant cette activité. Dès lors, la requérante supporte la charge de la preuve de l'exagération des rappels de taxe sur la valeur ajoutée en litige.
S'agissant de l'application du régime de la taxe sur la valeur ajoutée sur la marge :
7. Aux termes de l'article 266 du code général des impôts : " 1. La base d'imposition est constituée : a. Pour les livraisons de biens () par toutes les sommes, valeurs, biens ou services reçus ou à recevoir par le fournisseur ou le prestataire en contrepartie de ces opérations, de la part de l'acheteur, du preneur ou d'un tiers, y compris les subventions directement liées au prix de ces opérations () ". Aux termes de l'article 297 A du même code : " I. - 1° La base d'imposition des livraisons par un assujetti revendeur de biens d'occasion, d'œuvres d'art, d'objets de collection ou d'antiquité qui lui ont été livrés par un non redevable de la taxe sur la valeur ajoutée ou par une personne qui n'est pas autorisée à facturer la taxe sur la valeur ajoutée au titre de cette livraison est constituée de la différence entre le prix de vente et le prix d'achat () ".
8. L'administration a appliqué le régime de la taxation sur la marge aux ventes de véhicules d'occasion réalisées par M. D. Pour déterminer le prix de vente des véhicules, l'administration a retenu les encaissements figurant sur les comptes bancaires de M. D expressément identifiés par ce dernier comme correspondant aux ventes de véhicules. Pour déterminer leur prix d'achat, en l'absence de la production de toute pièce justificative tant de la provenance que du prix d'acquisition des véhicules, l'administration a appliqué le taux de marge moyen réalisé par les professionnels de l'achat-revente de véhicules d'occasion. Dans le cadre de la présente instance, la requérante produit, pour la première fois dans son mémoire enregistré le 25 août 2022, de nombreux documents qui attesteraient, selon elle, que M. D a revendu les véhicules au prix auquel il les avait acquis. Toutefois, les attestations de vente produites pour justifier du prix d'achat initial portent sur seulement une partie des transactions, la preuve du paiement par M. D du prix indiqué dans ces factures n'est pas apportée, de nombreux justificatifs sont incohérents avec les déclarations récapitulées par la requérante dans un tableau et aucun justificatif n'est produit pour une partie des transactions. Compte tenu de ces éléments, Mme D ne démontre pas que M. D réalisait une marge nulle lors de la vente des véhicules d'occasion. Par suite, Mme D n'apporte pas la preuve de l'exagération des rappels de taxe sur la valeur ajoutée en litige.
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander la décharge, en droits et pénalités, des impositions en litige.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement à Mme D de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D, venant aux droits de M. C D, est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D et au directeur départemental des finances publiques du Var.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bernabeu, présidente,
M. Hamon, premier conseiller,
M. Sportelli, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 décembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
T. E
La présidente,
Signé
M. A
La greffière,
Signé
E. PERROUDON
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026