mardi 31 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulon |
| Section | Tribunal Administratif de Toulon |
| N° Dossier | TA83-2000629 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 4ème chambre - Juge Unique |
| Avocat requérant | MONTORO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 février 2020, la SAS Mapauto, représentée par Me Montoro, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droit et pénalités, des cotisations de taxe sur les surfaces commerciales (TASCOM) qui lui ont été réclamées au titre des années 2014 et 2015 ;
2°) d'enjoindre à la direction générale des finances publiques de lui restituer la somme de 45 212 euros qu'elle a perçue assortie des intérêts moratoires à compter du 7 décembre 2017 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la procédure de rectification contradictoire visée à l'article L55 du livre des procédures fiscales n'était pas régulière en l'espèce des lors que l'article L. 56 du même livre précise que cette procédure n'est pas applicable en matière d'impositions directes locales perçues au profit des collectivités locales ;
- subsidiairement, la surface de vente prise en compte par l'administration fiscale pour l'assujettir à la TASCOM est erronée, le rez-de-chaussée de son établissement, organisé en open-space, étant composé de zones réservées soit à la vente, soit à l'après-vente, cette dernière ne pouvant être retenues pour la détermination de la surface de vente ; par ailleurs son effectif n'a jamais excédé deux vendeurs ; ainsi la surface de vente qui s'élève en réalité à 33,96 m² tel que cela ressort d'un procès-verbal de constat d'huissier, est inférieure à la surface minimum de 400 m², requise pour l'assujettissement à la TASCOM ;
Par un mémoire en défense enregistré le 27 avril 2020, l'administratrice générale des finances publiques de la direction de contrôle fiscal Sud-Est conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- la loi 72-657 du 13 juillet 1972 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. A, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
Par une lettre du 13 janvier 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant au versement des intérêts moratoires prévus à l'article L. 208 du livre des procédures fiscales, en l'absence de litige né et actuel avec le comptable public.
Un mémoire en réponse au moyen relevé d'office enregistré le 17 janvier 2023, a été présenté par l'administratrice générale des finances publiques de la direction de contrôle fiscal Sud-Est.
Un mémoire enregistré le 18 janvier 2023 a été présenté pour la SAS Mapauto et n'a pas été communiqué en application de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Karine Duran-Gottschalk, rapporteure publique,
- et les observations de Me Montoro représentant la société Mapauto.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Mapauto qui exerce une activité de garagiste concessionnaire automobile a fait l'objet d'une vérification de sa comptabilité portant sur les déclarations fiscales relatives à la taxe sur les surfaces commerciales (TASCOM) au titre des années 2014 et 2015. Une proposition de rectification a été adressée le 3 juillet 2017 et notifiée selon la procédure contradictoire visée à l'article L 55 du livre des procédures fiscales (LPF) et assorties, en sus de l'intérêt de retard, de la majoration de 10% applicable pour défaut déclaratif prévu à l'article 1728 du même code général des impôts. Par un courrier en date du 27 juillet 2017, la SAS Mapauto a présenté une réclamation contre cette imposition laquelle a été rejetée par l'administration fiscale le 24 aout 2017. Les impositions supplémentaires ont été mises en recouvrement le 31 octobre 2017. Par une réclamation du 26 décembre 2018, la SAS Mapauto a contesté les rectifications mises en recouvrement. Cette pétition a fait l'objet d'une décision de rejet le 07 janvier 2020 de l'administration fiscale. Par la présente requête, la SAS Mapauto demande au tribunal de prononcer la décharge, en droit et pénalités, des cotisations de taxe sur les surfaces commerciales qui lui ont été réclamées au titre des années 2014 et 2015.
2. Aux termes de l'article 3 de la loi susvisée du 13 juillet 1972 dans sa rédaction applicable à l'espèce : " Il est institué une taxe sur les surfaces commerciales assise sur la surface de vente des magasins de commerce de détail, dès lors qu'elle dépasse 400 mètres carrés des établissements ouverts à partir du 1er janvier 1960 quelle que soit la forme juridique de l'entreprise qui les exploite. Ne sont pas considérés comme magasins de commerce de détail les établissements de commerce de gros dont la clientèle est composée de professionnels pour les besoins de leur activité ou de collectivités. Lorsque ces établissements réalisent à titre accessoire des ventes à des consommateurs pour un usage domestique, ces ventes constituent des ventes au détail qui sont soumises à la taxe dans les conditions de droit commun. / Toutefois, le seuil de superficie de 400 mètres carrés ne s'applique pas aux établissements contrôlés directement ou indirectement par une même personne et exploités sous une même enseigne commerciale lorsque la surface de vente cumulée de l'ensemble de ces établissements excède 4 000 mètres carrés. /La surface de vente des magasins de commerce de détail, prise en compte pour le calcul de la taxe, et celle visée à l'article L. 720-5 du code de commerce, s'entendent des espaces affectés à la circulation de la clientèle pour effectuer ses achats, de ceux affectés à l'exposition des marchandises proposées à la vente, à leur paiement, et de ceux affectés à la circulation du personnel pour présenter les marchandises à la vente. / La surface de vente des magasins de commerce de détail prise en compte pour le calcul de la taxe ne comprend que la partie close et couverte de ces magasins. 7La surface de vente à retenir pour le calcul de la taxe est celle existant au 31 décembre de l'année précédant l'année d'imposition pour les établissements existant à cette date. () " ; Par ailleurs en application de l'article 7 de la même loi : " La taxe est recouvrée, contrôlée selon les mêmes procédures et sous les mêmes sanctions, garanties et privilèges que la taxe sur la valeur ajoutée. Les réclamations sont présentées, instruites et jugées selon les règles applicables à cette même taxe. ".
3. En premier lieu, il résulte des dispositions précitées de l'article 7 de la loi du 13 juillet 1972 applicables en l'espèce que la TASCOM est recouvrée et contrôlée selon les mêmes procédures et sous les mêmes sanctions, garanties et privilèges que la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) soit, en matière de contrôle, selon la procédure de rectification contradictoire visée à l'article L 55 du livre des procédures fiscales. Ainsi, la SAS Mapauto qui a fait l'objet d'une vérification de comptabilité concernant la TASCOM, a pu, dans le cadre du débat oral et contradictoire de cette procédure, apporter toutes les explications et justifications lui paraissant utiles. Par suite, le moyen tiré de ce que la procédure de rectification contradictoire visée à l'article L 55 du livre des procédures fiscales ne serait pas applicable en l'espèce, doit être écarté comme manquant en droit.
4. En deuxième et dernier lieu, l'article 3 de la loi du 13 juillet 1972 a institué une taxe sur les surfaces commerciales pour les magasins de commerce de détail, dès lors que la surface de vente dépasse 400 m2. Les surfaces à prendre en compte pour le calcul de la taxe, sont les espaces affectés à la circulation de la clientèle pour effectuer ses achats, à l'exposition des marchandises proposées à la vente, à leur paiement, et à la circulation du personnel pour présenter les marchandises à la vente.
5. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale, lors des mesures réalisées au cours de son contrôle sur place, a constaté une surface totale du rez-de-chaussée de 540 m². Les services fiscaux ont relevé que cette surface était décomposée en espaces d'exposition et de circulation pour 429,022 m² et en zones de bureaux et salons pour 110,978 m². L'administratrice générale des finances publiques de la direction de contrôle fiscal Sud-Est fait par ailleurs valoir que sur la base des déclarations annuelles des données sociales (DADS) transmises aux services fiscaux par la SAS Mapauto, faisant état en sus des autres salariés, de deux vendeurs et d'une conseillère en financement en 2014, de quatre vendeurs, d'une conseillère en financement et d'un chef des ventes en 2015, le service a retenu dans la surface commerciale, les bureaux dédiés à la vente et au financement ainsi que les salons d'accueil clients pour 46.10 m² en 2014 et 2015. Les services fiscaux exposent en outre que les surfaces qui n'ont pas été clairement identifiées ou qui ne participent pas à la vente ont été exclues. Les surfaces de vente retenues se sont établies à 475,13 m² pour les années 2014 et 2015. Ces surfaces étant supérieures à 400 m², la SAS Mapauto a dès lors été soumise à la TASCOM.
6. Pour contester le calcul des surfaces de vente retenue par l'administration fiscale, la société Mapauto produit à l'appui de ses écritures un procès-verbal d'huissier de justice du 23 juin 2017 qui selon elle démontrerait que la surface de vente devant être retenue s'élèverait en réalité à 334,96 m2. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'administration a relevé lors de son contrôle sur place et sans être contestée sur ce point, que la surface totale du rez-de-chaussée de la société s'élevait à 540 m2, alors que le relevé réalisé par le huissier de justice ne porte que sur une surface totale de 436,767 m2, une surface de 103,233 m2 n'ayant donc pas été précisément identifiée par le huissier de justice. Dans ces conditions, ce procès-verbal n'est pas de nature à remettre en cause les constatations réalisées sur place par l'administration fiscale. Par ailleurs, la société requérante soutient que le nombre de vendeurs déclarés dans le DADS retenu par l'administration serait erroné. Toutefois, la société Mapauto ne conteste pas utilement les informations qu'elle a elle-même transmises dans le cadre des déclarations annuelles des données sociales, la production d'un registre manuscrit listant les employés de la société sur les années litigieuses n'étant pas probant en l'espèce. Dans ces conditions, la société Mapauto n'est pas fondée à soutenir qu'elle ne devait pas être assujettie à la TASCOM au titre des années 2014 et 2015.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la SAS Mapauto n'est pas fondée à demander la décharge en droit et pénalités des cotisations de taxe sur les surfaces commerciales qui lui ont été réclamées au titre des années 2014 et 2015, ni le versement des intérêts moratoires en application de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales. Par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Mapauto est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Mapauto et à l'administratrice générale des finances publiques de la direction de contrôle fiscal Sud-Est.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2023.
Le magistrat désigné,
signé
L. A
La greffière,
signé
F. OUJABER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026